Les frères André, à gauche, et Réjean Brunet font partie de SOLO, le regroupement des groupes de musique traditionnelle Le Vent du Nord et De temps antan. Cet octuor vient tout juste de publier un premier album collectif, sorte de carte de visite préalable à leur tournée de spectacles du temps des Fêtes.

La tradition se renouvelle

TROIS-RIVIÈRES — Ça fait maintenant trois ans que le groupe SOLO présente une tournée de spectacles durant le temps des Fêtes. Ça n’a pas encore le statut d’une tradition mais il y a là une pratique qui semble vouloir s’inscrire dans le temps. La chose prend une ampleur nouvelle cette année avec la toute récente parution d’un album.

Plus qu’un groupe, SOLO est le regroupement de deux formations de musique traditionnelle bien connues, le Vent du Nord et De Temps antan ayant tous deux leur florissante carrière. Comme ils sont unis non seulement par leur style musical mais également par des liens fraternels et amicaux, il n’était que naturel qu’ils rassemblent leurs forces pour créer un collectif pouvant donner plus de tonus et de puissance à leur musique.

Dans la tête de deux des membres du Vent du Nord, les frères André et Réjean Brunet, le son de SOLO est bien différent de celui de chacune des deux formations qui lui ont donné vie. «Le plus étonnant, c’est que ça s’est fait tout naturellement, commente André, le violoniste. On n’a pas eu à définir un son particulier dès qu’on s’est mis à jouer tout le monde ensemble; on a créé d’emblée un son unique. Mais comme on ne l’avait jamais fait qu’en spectacle, c’est lors de la toute première séance d’enregistrement de l’album, au début de 2018, qu’on a entendu ce que ça donnait pour un auditeur et qu’on a tous compris ce qui est notre son.»

«Le regroupement de tout le monde dans une formation de huit musiciens ouvre de nouvelles portes qu’on ne connaissait pas. Il y a une énergie différente et l’intensité monte aussi d’un cran. Par exemple, sur une chanson comme Rose où les percussions jouent un grand rôle, on peut compter sur plusieurs tapeux de pied en même temps ce qui accentue l’impact percussif.»

L’album de SOLO compte onze pistes, toutes originales, avec une composition intégrale, la chanson Camarades qu’on doit à Nicolas Boulerice. «Chacun de nous avait des pièces de son côté dont certaines avaient été proposées pour un album précédent de nos groupes respectifs mais qui n’avaient pas été conservées, explique Réjean, l’accordéoniste attitré. On a proposé ces chansons et le groupe a opté pour ces onze-là sans avoir une ligne directrice définie d’avance. Chacun y a mis du sien dans les arrangements pour arriver au produit final. On voulait avoir un album de party, festif, mais on a aussi eu un souci particulier de qualité dans l’interprétation. On a peaufiné le travail de réalisation.»

Si elle a fait ses preuves lors de tournées du temps des Fêtes au cours des trois dernières années au Québec, la formule de SOLO a aussi eu l’heur de plaire sur le marché européen où une demande s’est créée avant même que l’album ne soit enregistré. «Ça s’est fait par le bouche-à-oreille parce qu’il y a une demande en Europe dans le cadre de gros événements, essentiellement. On a joué en Allemagne, au festival de Rodelstadt devant 10 000 personnes; devant une telle foule, ils voulaient un groupe capable d’offrir de la puissance, du volume sonore.»

Évidemment, on associe la musique traditionnelle au party et l’album SOLO comme les spectacles de la tournée québécoise le démontre bien que l’émotion ne soit jamais oblitérée. «La musique traditionnelle est faite d’autant de complaintes que de musiques rythmées. Dans notre cas, le spectacle offre les deux avec prédominance de la musique festive. Nous avons élaboré une structure qui permet d’amener les deux émotions aux moments appropriés. C’est comme dans une soirée à la maison, on ne commence pas par des chansons tristes mais celles-là arrivent plus tard quand les gens sont plus fatigués.»

Bien qu’ils colorent leurs chansons dont les paroles sont puisées à même différentes archives, les huit musiciens de SOLO demeurent fidèles à la tradition. «On pourrait dire qu’on est assez puristes, estime André. On retrouve les formes de chansons du répertoire avec des reels, des chansons à répondre, etc,. mais on leur donne aussi un côté un emballage un peu plus actuel qui les rend très accessibles. En spectacle, notre priorité, ça reste de divertir le public et c’est bien pour ça que ça fonctionne si bien.»

Dans la région, leur tournée les entraînera à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture trifluvienne le 27 décembre. «On interprétera les chansons de l’album qui sont notre répertoire commun mais chacun des deux groupes aura aussi de ses propres pièces au programme pour un gros 90 minutes de plaisir.»

En ce qui concerne l’album, il est en vente partout tant sous sa forme de CD qu’en format numérique.