Sous le pseudonyme du Pharmachien, Olivier Bernard a conquis un très large public avec lequel il partage son approche scientifique des questions de santé. Il s’adresse aux plus jeunes dans son dernier ouvrage Le petit garçon qui posait trop de questions.

La science rendue accessible par le Pharmachien

TROIS-RIVIÈRES — On ne pourra jamais accuser le Salon du livre de Trois-Rivières de ne pas faire preuve d’ouverture. On le constate une fois de plus par la liste de ses invités d’honneur qui inclut Olivier Bernard, mieux connu sous son nom de plume (ou de poil?) Le Pharmachien qui renouvelle sur toutes sortes de plateformes le discours scientifique avec originalité, humour et dans un style accessible et particulièrement sympathique.

Cela n’empêche pas la rigueur et le pharmacien n’est jamais loin de l’auteur Olivier Bernard. «Je pratique toujours comme pharmacien, précise-t-il et j’ai œuvré dans le domaine de la recherche pendant cinq ans. J’écrivais des textes scientifiques essentiellement lus par des gens de ce monde-là. À un moment, j’ai senti qu’il serait intéressant de s’adresser à un plus grand public parce qu’il y a une grande quantité d’informations scientifiques qui devraient être connues du grand public à qui elle s’adresse en bout de ligne.»

Il se dit d’autant plus flatté qu’on ait pensé à lui comme invité d’honneur du Salon du livre trifluvien, une première pour lui dans ce type d’événement, qu’il se considère comme un auteur par accident. «Je ne suis pas un écrivain. Ma conjointe est une véritable écrivaine et je n’ai pas l’impression que c’est ce que je fais. C’est simplement qu’il y a de l’information de nature scientifique qui mérite d’être partagée et j’ai choisi différents véhicules accessibles comme les livres mais aussi Internet, la télévision, etc. J’utilise l’humour et j’ajoute des dessins dans mes livres parce que ça me plaît mais aussi parce que je veux que ce soit intéressant pour tout le monde. Ça reste de la vulgarisation rigoureuse de questions scientifiques et pharmaceutiques.»

Il s’estime choyé de toucher un aussi large public lui qui, pour ses trois premiers bouquins, a atteint des chiffres de ventes phénoménaux dans le contexte québécois avec quelque 90 000 copies vendues. «Rien ne me fait plus plaisir que quand des gens viennent me voir dans un Salon du livre pour me dire que jamais ils auraient pensé lire un jour des textes à contenu scientifique et aimer ça! Je me suis rendu compte que très souvent, je m’adresse à des gens qui ne lisent pas beaucoup ou même presque pas. C’est très valorisant.»

«C’est clair que le public est à la recherche d’informations crédibles sur les questions de santé. Ce sont des questions qui nous préoccupent tous et pour lesquelles on veut obtenir de l’information crédible.»

Place aux petits

Après trois livres destinés aux adultes, Olivier Bernard s’est tourné vers la jeunesse avec son dernier opus, Le petit garçon qui posait trop de questions, sorti en novembre dernier. «J’ai voulu m’adresser à eux parce que si on les sensibilise à la méthode scientifique à un jeune âge, ils sont plus ouverts. Ils n’ont pas d’idées à déconstruire pour y accéder. Essentiellement, le message que je leur passe, c’est d’être curieux, de poser des questions devant les phénomènes qu’ils observent. C’est tout simple mais c’est déjà la base de l’esprit critique. Je n’ai pas de chiffres de vente pour l’instant parce que la sortie est trop récente, mais j’ai eu des commentaires positifs jusqu’à maintenant.»

Olivier Bernard a connu un épisode malheureux au cours des derniers mois quand il a fait l’objet de menaces et de propos haineux sur Internet pour s’être impliqué dans un débat plus virulent qu’il ne l’aurait cru. Devant les réactions qui allaient jusqu’à des pressions pour que son éditeur l’abandonne ou qu’il perde son emploi, le Pharmachien a préféré prendre du recul. «Je me rends compte qu’il devient de plus en plus difficile d’avoir des discussions calmes et les gens ont de la difficulté à s’y retrouver à travers tout ce qui se dit. Je trouve qu’il est primordial que d’autres scientifiques s’impliquent dans différents débats pour présenter leur point de vue. Ça ne veut pas dire que le public va forcément y adhérer mais il aura eu une information pertinente.»

«En ce qui me concerne, de ce débat, j’ai appris à choisir mes combats. Certains dossiers concernant le cancer, l’homéopathie ou les vaccins, par exemple, me tiennent trop à cœur et j’ai du mal à lâcher le morceau. Ça m’atteint viscéralement. Il me suffirait de comprendre qu’à certains moments, quand j’ai exprimé clairement un point de vue scientifique dans un dossier, c’est suffisant.»

«Cela dit, j’ai poursuivi mes activités au cours des derniers mois. Je continue de donner des conférences et c’est avec grand plaisir que je serai au Salon du livre de Trois-Rivières jeudi, vendredi et samedi. C’est ce que j’aime le plus, échanger avec le public. Les discussions sont toujours intéressantes. Et j’espère aussi avoir l’occasion d’échanger avec Normand Baillargeon que j’admire tellement.»