Le lancement de l’ouvrage Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture, a réuni ces intervenants. Ce sont, de gauche à droite: Danielle Saint-Amand, directrice du Service du développement institutionnel et affaires publiques à l’UQTR, Stéphane Labbé, doctorant en communication sociale à l’UQTR, Jason Luckerhoff, professeur au département des lettres et communication sociale à l’UQTR, Marie-Claude Larouche, professeure au département des sciences de l’éducation à l’UQTR, Sandie Letendre, présidente de Culture Mauricie et Marie-Hélène Boucher, coordonnatrice aux communications aux Presses de l’Université du Québec.

La recherche mise au service de la culture

Trois-Rivières — Le monde de la culture est confronté à des défis de toutes sortes mais peu sont aussi névralgiques que le rapport au public, qui demeure la raison d’être des lieux de diffusion. Des recherches effectuées au sein du réseau des Universités du Québec, et notamment à l’UQTR, sont susceptibles d’aider les intervenants culturels à mieux comprendre leur public, ses goûts et ses attentes.

Dans le cadre de l’entente Savoir c’est dans ma culture, entre Culture Mauricie et l’UQTR, on lançait hier un ouvrage intitulé Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture qui rend compte de plusieurs recherches universitaires effectuées dans des universités québécoises et françaises. L’événement se tenait dans le cadre d’un dîner-conférence, une des activités mises de l’avant par Culture Mauricie dans le cadre de l’entente avec l’UQTR et devant permettre à divers intervenants du monde de la culture régionale de prendre connaissance d’études qui pourraient leur être précieuses dans le cadre de leur pratique professionnelle.

«Le but, expliquait le directeur général de Culture Mauricie Éric Lord, c’est d’acheminer de l’information spécialisée au milieu culturel et que les gens de la culture sachent ce qui se passe dans le domaine de la recherche en culture à l’université. Tout ce qui se fait de recherche sur les publics de la culture a évidemment un haut niveau d’intérêt pour nous et nos membres. Ce sont des connaissances essentielles pour améliorer leur dialogue avec le public et pour connaître l’évolution de ce public-là.»

«Ce que les gens découvrent aujourd’hui avec le lancement de cet ouvrage, c’est la variété étonnante des approches qui peuvent exister pour observer et comprendre les publics de la culture. Pour donner un simple exemple, il y a dans l’ouvrage une publication qui est en lien avec les motivations des 15-24 ans à ne pas fréquenter certains lieux de culture. Ce genre d’informations permet aux intervenants d’avoir une réflexion sur les obstacles à la fréquentation culturelle. Mais on retrouve aussi d’autres recherches d’une nature complètement différente, ce qui donne un échantillon intéressant de ce qui se fait de recherches en rapport direct avec la culture. Pour nous, à Culture Mauricie, c’est une façon de tisser des liens solides entre le milieu universitaire et le milieu culturel.»

Comme le soulignait la présidente de Culture Mauricie Sandie Letendre: «L’entente Savoir, c’est ma culture a conduit à des actions et des études des enjeux touchant directement notre milieu, notamment les pratiques culturelles en Mauricie, l’accueil des publics, les impacts économiques de la culture, la commercialisation des produits culturels, etc. Le livre lancé aujourd’hui marque un jalon important. Il constitue un outil précieux qui permettra d’avoir une meilleure connaissance des publics de la culture, un enjeu au coeur des préoccupations de notre milieu.»

Le professeur Jason Luckerhoff, du département des lettres et communication sociale a codirigé l’ouvrage collectif avec Marie-Claude Larouche, professeure au département des sciences de l’éducation à l’UQTR et Stéphane Labbé, doctorant en communication sociale à la même université. Luckerhoff présente ainsi son approche: «C’est un ouvrage de notre laboratoire sur les publics de la culture. Le but de notre laboratoire, c’est beaucoup de rapprocher les chercheurs du milieu, travailler en partenariats, en recherche et développement, en recherches actions, etc. et répondre aux questions que se posent les professionnels du milieu.»

«Ainsi, en cette importante période de coupures, les musées se demandent à peu près tous comment faire plus avec moins. On a notamment impliqué un professeur en génie qui avec qui j’ai travaillé en muséologie, pour voir comment on peut appliquer des processus d’amélioration continue dans les musées, processus qui sont habituellement utilisés dans le domaine manufacturier et qui ont tout juste commencé à être appliqués dans les domaines de l’éducation et de la santé.»

«Notre but, poursuit-il, c’est de travailler sur de la recherche ayant vraiment une pertinence sociale et qui est susceptible d’apporter des solutions tangibles pour le milieu. On cherche à être près des intervenants pour entendre leurs questionnements, cerner les difficultés auxquelles ils font face et trouver des solutions.»

«Par exemple, des organisations nous ont parlé des difficultés qu’elles rencontrent à attirer le public des 15 à 24 ans dans les musées alors, on a travaillé là-dessus. Par des entretiens avec des participants de ce groupe d’âge, on a tenté de mieux comprendre les raisons pour lesquelles ils ne fréquentent pas les musées et tenté de voir quelles solutions pourraient être envisagées pour y remédier.»

«S’intéresser à la perception des publics et des non-publics, c’est parfois, pour les musées, faire face à un décalage entre l’intention de faire, ce qu’on pense qu’on fait et ce qui est perçu par les non-publics. Il s’agit donc, même si c’est assez difficile, de trouver comment on peut modifier ces perceptions-là pour changer les intentions et attirer ce public dans les institutions muséales.»

L’ouvrage de 237 pages compte treize chapitres. Il est notamment disponible chez Coopsco sur le campus de l’UQTR.