Marc Martel et The Ultimate Queen Celebration ont fait revivre le groupe Queen vendredi.

La recette infaillible de Marc Martel et The Ultimate Queen Celebration

TROIS-RIVIÈRES – Dans une fraîcheur cruellement automnale devant 3500 personnes, Marc Martel et The Ultimate Queen Celebration ont fait revivre le temps d’une soirée non seulement un groupe mythique, mais toute une époque dont le public a savouré chaque souvenir.

Évidemment, il n’existe pas de formule infaillible pour faire d’un spectacle un très gros succès mais l’approche de The Ultimate Queen Celebration en est diablement près. Un groupe mythique des années 70, 80 et 90 qui a marqué à jamais l’imaginaire des baby boomers et dont on reproduit au moindre détail près le son. Vous y ajoutez un chanteur dont la voix se confond avec celle du soliste du groupe en question et vous offrez un spectacle dans lequel on reprend presque tous les plus grands succès de la formation.

La recette est, ma foi, assez simple sur papier et le résultat, ce sont deux salles pleines de 3500 personnes chacune sur deux soirées consécutives à l’Amphithéâtre Cogeco.

La donnée cruciale qui fait toute la différence et rend la mixture si difficile à réaliser, c’est le chanteur. Or, dans ce spectacle, Marc Martel est parfait. Pas pour rien qu’il a été choisi pour être la voix de Freddie Mercury dans les pièces musicales du film Bohemian Rhapsody. D’abord parce qu’il a dans la voix les intonations, le timbre et l’impossible registre de Freddie Mercury qui pouvait non seulement atteindre des notes stratosphériques avec puissance, mais voguer allègrement dans cette région pendant des heures en conservant un tonus constant et prenant.

Marc Martel fait ça avec une aisance surnaturelle. Ce garçon possède un don; il le sait, il l’exploite au maximum. Avoir une voix est une chose, mais il faut aussi habiter la scène avec un certain panache. Martel l’arpente comme un fauve affamé de lumière. Comme s’il se savait condamné à mort s’il fallait qu’une seule seconde, il n’ait pas toute l’attention du monde braquée sur lui.

Comme on s’y attendait, les cinq musiciens ont fait défiler les succès de Queen comme défilent les véhicules récréatifs à la sortie de Saint-Tite le dimanche soir de la fin du festival western : dans une suite quasiment ininterrompue. I Want to Break Free, Love of my Life, Under Pressure, You’re my Best Friend, Don’t Stop Me Now, Another One Bites the Dust, Radio Ga Ga, Tie Your Mother Down, The Show Must Go On, A Crazy Little Thing Called Love... Vous en avez d’autres en tête? Ils y étaient.

Boheminan Rhapsody, dites-vous? Elle a clos la première partie dans un curieux enchaînement qui l’a fait suivre l’Ave Maria de Schubert, seule infidélité de Marc Martel à Queen. Un choix qui laisse quand même un peu dubitatif, du reste. Cela dit, la rhapsodie a été un moment de frisson qu’on ne devait en rien à l’air ambiant.

L’enthousiasme du public s’est apparemment buté aux conditions climatiques. Sauf pour un couple au premier rang, vachement motivé et magnifique d’abandon – et manifestement possédé par l’esprit de Freddie Mercury – qui a dansé debout dès la toute première chanson, le public a pris du temps à se laisser aller. Ce n’est qu’à la huitième chanson, I Want to Break Free, quand même, qu’il a finalement cédé. Quelques mégasuccès lui ont par la suite fait reprendre le pli. Ça aurait été bête de s’en priver.

L’ovation finale au terme de We Are the Champions a démontré que ce n’est pas parce qu’il n’a pas apprécié que le public a été un peu timide. Il a eu très précisément le spectacle qu’il espérait et n’aura jamais été si près de voir Freddie Mercury en spectacle.

La représentation de samedi soir fait salle comble pour ce qui est des places assises réservées mais la portion gazonnée, ouverte à la dernière minute vendredi, attend les amateurs munis ou non de leurs chaises. À noter que dans la première portion de cette zone, le toit protège les spectateurs de la pluie, du moins tant que le vent ne la pousse pas trop en direction de la scène. L’imper ne sera pas un luxe mais surtout, de grâce, habillez-vous chaudement.