Louise Lecavalier offrira aux spectateurs du Gala du 25e anniversaire de Danse Encore des extraits de So Blue, un des spectacles qui ont fait sa renommée.

La quête de l’ultime pureté

Trois-Rivières — La 25e édition du Festival international de Danse Encore débutait jeudi soir avec le souper spectacle au Memphis Cabaret et, dans l’après-midi, la présentation de DansExpérience permettant à des élèves du primaire de visiter les coulisses du monde de la danse et de rencontrer des artistes. Les deux événements affichaient complet. Les activités grand public prennent véritablement leur envol vendredi.

On présentera notamment le premier des deux galas à la salle Thompson dès 19 h 30 et il reste d’ailleurs des billets disponibles pour l’événement. On présentera également la fameuse parade en lumière dans les rues du centre-ville à compter de 21 h 30. La parade prendra son départ sur la rue Notre-Dame, devant l’Hôtel Delta, et se terminera au parc portuaire où les spectateurs auront droit à de l’animation et une prestation de la troupe Rakatan. On n’annonce que du beau temps.

D’ailleurs, pour favoriser l’accès au centre-ville, des navettes, au coût de 1 $, seront disponibles en partance du Carrefour Trois-Rivières-Ouest (devant le Quillorama) et du stationnement alternatif de la bâtisse industrielle du parc de l’exposition par l’entrée de la rue Papineau.

Petite note aux privilégiés qui assisteront à l’une des deux représentations du Gala du 25e anniversaire de Danse Encore: qu’ils soient particulièrement attentifs à la prestation de Louise Lecavalier. Parce que c’est Louise Lecavalier, d’abord, et parce qu’ils ne la reverront probablement jamais dans le contexte d’un gala de la sorte. La grande danseuse ne danse pratiquement jamais dans de tels événements mais pour le Festival international de Danse Encore, elle a accepté.

«Pourquoi ai-je accepté? Parce que c’est Claire, parce que c’est Trois-Rivières et parce que ça me tente toujours de danser.» C’est dire la place qu’occupe le festival dans son cœur. Mais surtout, sa directrice générale et artistique, Claire Mayer. «Ce ne serait pas juste de dire que nous sommes de très proches amies mais on s’aime beaucoup. C’est une amoureuse de la danse et nous partageons ça. C’est une femme dynamique, simple et directe. C’est vraiment facile de travailler avec elle: elle est humaine.»

«Des fois, dans certains événements à travers le monde, on a l’impression que les vedettes ne sont pas les danseurs mais ceux qui organisent l’événement. Alors, quand on peut avoir un rapport privilégié avec une de ces organisatrices qu’on apprécie vraiment, c’est précieux et c’est le cas avec Claire. Depuis que j’ai quitté La La La Human Steps elle m’a souvent demandé pour le FIDE alors que je ne dansais pas beaucoup au Québec. Elle m’a toujours fait confiance en m’invitant sans même avoir vu le produit final. Ça a beaucoup de valeur pour moi. Cette relation de confiance me touche toujours autant, peut-être même plus, même, en vieillissant.»

«J’admire ce qu’elle a fait avec ce festival. C’est important que la danse ne soit pas diffusée que dans les grandes métropoles. Que l’événement célèbre cette année ses 25 ans, ça en dit énormément sur l’extraordinaire travail accompli. C’est bon pour la danse et c’est très positif de façon générale que les gens aient l’occasion de voir de la danse dans toutes sortes de styles. Ça fait du bien.»

Dans ce foisonnement, Louise Lecavalier demeurera un point de mire. Au moment de l’entrevue téléphonique, elle n’avait pas finalisé la teneur de sa prestation. Elle savait que ça va s’ouvrir sur le début de So Blue, présenté au FIDE en 2014. «Je suis vraiment très contente de participer au gala. Comme mon partenaire habituel est en Europe, et que ma nouvelle création ne sera pas prête avant l’an prochain, je reviens avec des extraits de So Blue que j’interprète encore régulièrement. Je la revisite continuellement et c’est là une part de la magie du spectacle vivant: on peut toujours le faire évoluer.»

«Avec l’âge, peut-être, je vais constamment vers la simplicité. J’épure, je raffine, je vais vers l’intime. Je n’enlève pas de mouvements mais je travaille l’économie dans la façon de les faire. Le propos demeure pertinent à mes yeux et je prends grand plaisir à me requestionner sur l’œuvre. J’imagine que c’est comme le musicien avec son instrument qui ne se contente pas de rejouer les notes d’un morceau mais qui doit voir comment il les enchaîne, à quelle vitesse et avec quelles sensations. C’est de la dentelle.»

Une dentellière animée de son énergie féroce et fébrile, le monde n’a jamais vu ça. Il reste que toute la démarche est marquée au sceau d’une rare exigence envers elle-même.

«C’est toute la beauté de l’art vivant: c’est une constante exploration. C’est comme la vie. Une journée, on se trouve très bien mais le lendemain on ne se trouve pas terrible. C’est un chemin qui s’inscrit dans une grande courbe ascendante, enfin on l’espère, avec des variations ponctuelles à la baisse ou à la hausse. Ce qui est bien, c’est qu’avec l’âge je ressens plus de satisfactions. Je suis plus en mesure d’apprécier ce que je fais bien. Je peux, après chaque spectacle, me réjouir de l’avoir fait parce que moralement parlant, c’est à chaque fois, une montagne à gravir.»

«À chaque prestation, poursuit cette artiste auréolée de plusieurs grandes distinctions honorifiques, j’offre le meilleur de moi-même. Je me prépare pour être au top et certains soirs, il y a une magie particulière et inexplicable. On se réjouit quand le spectacle est bon mais le lendemain, il faut recommencer.»

Avec les années qui refusent de peser sur ses robustes épaules mais qui s’accumulent néanmoins, l’artiste a appris. Elle dit être plus en mesure aujourd’hui de se concentrer sur l’essentiel.

«Je vais de plus en plus au cœur des choses. Je suis irrésistiblement attirée par ça.»