La promesse de la mer: l’histoire d’un rêve impossible

Il y avait une ambiance douce et légère sur la terrasse de la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan à quelques minutes de la première de la pièce La promesse de la mer.

Encore cette année, l’aventure est au cœur de la proposition mais sous une forme complètement différente. «Tous les arbres ont des racines mais ce n’est pas le même arbre», comparait l’auteur Bryan Perro. En effet, après avoir raconté l’histoire de Frédéric Dion dans Antarctique Solo, Culture Shawinigan a choisi de plonger dans l’univers de Mylène Paquette, cette femme inspirante qui a traversé l’océan Atlantique à la rame en 2013.

Un univers différent donc qui s’amorce comme un coup de poing. Ce n’est pas parce qu’on raconte l’histoire d’une fille qu’on va faire dans la dentelle. Mylène a trimé dur pour arriver à réaliser son rêve mais le plus grand sacrifice qu’elle a dû faire, c’est celui d’un enfant. Elle a mis fin à une grossesse afin de réaliser cette quête d’absolu qui la hantait, qui l’obsédait. À cet enfant, elle a fait une promesse et elle l’a réalisée. Dans la deuxième partie, on s’avance sur ces eaux dans lesquelles se perdent quelques larmes.

Même si la charge émotionnelle est bien présente, Tammy Verge fait un magnifique travail pour livrer cette pièce avec un aplomb impressionnant. Le bagage d’improvisation qu’elle traîne dans son baluchon de comédienne lui a été fort utile en ce soir de première. Quand il lui arrivait, occasionnellement, d’escamoter un mot, elle se reprenait habilement tout en faisant sourire le public. Quand son décor lui jouait des mauvais tours, elle faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Un calme impressionnant même quand l’imprévisible s’invitait sur scène. Le défi d’être seule sur les planches est de son propre aveux considérable mais jamais la comédienne n’a semblé déstabilisée ou insécure.

En plus de la grande quantité de texte qu’elle doit livrer, elle doit transformer son environnement scénique qui se module au gré de l’histoire. Le décor comporte des similitudes avec l’édition précédente surtout au niveau de l’efficacité et de l’ingéniosité. La quantité de manoeuvres que doit réaliser Tammy Verge pour ramer dans l’histoire n’affecte pas trop sa fluidité même quand la manipulation prend plus de temps que prévu, imperturbable.

Bryan Perro n’en est pas à sa première baignade dans le monde de l’aventure portée au théâtre. Ce texte qu’il cosigne avec Mylène Paquette porte les marques de son expérience mais aussi la touche de Mylène qu’on devine valser entre le féminisme, la détermination et l’espoir.

Le moment fort de cette soirée de première était sans aucun doute lorsque le personnage fictif a invité la réelle Mylène sur scène quand les applaudissements se sont finalement calmés. Il y avait quelque chose de fort émouvant de voir la navigatrice avec son petit rejeton de 33 jours dans ses bras. Une autre aventure s’amorce…