La preuve que l'art change les choses

L'exposition annuelle Changer le monde, une oeuvre à la fois en est à sa sixième édition et elle prend cette année de nouvelles proportions avec quelques nouveautés qui viennent témoigner de la pertinence de toute cette démarche.
Près de 300 personnes en provenance de 11 milieux différents ont travaillé à l'élaboration d'oeuvres qu'on retrouve encore au Musée québécois de culture populaire, mais également dans douze commerces ou lieux publics trifluviens, preuve que l'initiative du Réseau In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières a un impact non seulement auprès des artistes participants, mais dans tout le milieu.
Les lieux d'accueil pour des oeuvres sont La Boîte à Coupe, Le Marché Notre-Dame, le Café Frida, La P'tite Brûlerie, le Point de service pour les autochtones de Trois-Rivières, le Bucafin, Pompon Laine Café, Le Panetier, Le Sacristain, le bureau du député fédéral Robert Aubin, Tourisme Trois-Rivières et COMSEP. 
Par ailleurs, alors que l'initiative était essentiellement concentrée dans des écoles, la sixième édition accueille des oeuvres réalisées dans les maisons de jeunes de Sainte-Gertrude et La Forteresse, de Bécancour, au Centre des femmes de Shawinigan, chez les Piliers Verts de Trois-Rivières, à la Maison Coup de pouce et dans une classe de francisation pour les nouveaux arrivants au cégep trifluvien.
Ils s'ajoutent au collège Notre-Dame de l'Assomption de Nicolet, au Séminaire de Trois-Rivières, à l'Académie des Estacades, à l'école secondaire Chavigny et au Collège Horizon. 
Les participants ont pu donner libre cours à leur imagination pour créer une oeuvre d'art à partir d'une simple question: que changerais-tu dans le monde, et comment?
Encadrés par l'artiste accompagnateur Javier Escamilla, les participants se sont soumis à un processus de création rigoureux visant à baser leur oeuvre sur une réflexion poussée et documentée sur un sujet de leur choix.
«On n'impose jamais de sujet, indique l'accompagnateur. Le faire serait une erreur: il faut les laisser exprimer leurs idées. On accompagne un processus de recherche artistique bien documenté avec une réflexion sur la meilleure façon de lui donner forme. Depuis cinq ans que je fais cet accompagnement, je n'ai jamais vu deux projets similaires. Chaque groupe ou participant individuel développe sa signature propre.»
«On travaille avec des élèves d'un côté, mais aussi avec des gens impliqués dans des groupes communautaires alors, les visions, les approches et les idées sont différentes. Si les élèves le font dans le cadre de cours, auxquels ils sont contraints, les adultes, eux, le font complètement librement. Avec eux, je sais à quelle heure j'arrive à nos rencontres, mais je ne sais jamais à quelle heure je vais quitter.»
Autre nouveauté cette année, et pas des moindres, le concept a fait des petits. À la suite de la présentation de l'exposition 2016 lors du Forum social mondial de Montréal en août dernier, le concept a été repris à Lévis et à Boucherville. Richard Grenier, coordonnateur du Réseau In-Terre-Actif s'en réjouit sans parler de consécration.
«Bien sûr, ça nous fait plaisir, mais ce n'est pas l'objectif. Ce que nous cherchons, c'est de conscientiser les gens. Cela dit, plus ils sont nombreux à réfléchir aux problèmes qui confrontent notre monde, mieux c'est. D'ailleurs, de passer à douze lieux où on présente des oeuvres dans la ville, c'est aussi très réjouissant.»
Le public peut trouver sur la page Facebook du Réseau un itinéraire permettant de relier tous les commerces et bureaux participants. 
Richard Grenier convient que si cette exposition en est à sa sixième édition, c'est que le concept est si pertinent qu'il a toutes les raisons d'être permanent.
«L'éducation, on n'en voit jamais la fin et on ne peut calculer le niveau de sensibilisation d'une personne. Mais quand on revoit des participants quelques années après leur implication, on constate qu'ils en gardent quelque chose. La plupart ont découvert qu'il y a une fonction sociale à l'art et qu'il peut servir à éveiller les consciences. Ils ont eux-mêmes pris conscience de leur rôle et qu'ils peuvent avoir leur mot à dire sur les grands problèmes de notre monde.»
«Mais pour maintenir un projet comme ça, il faut du financement dont on n'est malheureusement jamais assuré d'une année à l'autre.»
L'exposition est présentée gratuitement au Musée québécois de culture populaire jusqu'au 9 avril.