L'exposition de photos Flash sur mon quartier! est présentée au café du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap tous les week-ends jusqu'au 8 janvier 2017.

La parole par la photo

Huit locataires du Manoir du Vieux Moulin du secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières ont été invités à prendre la parole en utilisant la photographie.
Sur la photo: Allysson Simoneau, assistante de recherche, Janie Houle, professeure à l'UQAM, Maude Pellerin et Joanie Beaudoin, animatrices du projet, et Stéphanie Radziszewski, coordonnatrice. Les résidents-chercheurs dans la deuxième rangée sont: Rolande Harvey, Gisèle Larochelle, Diane Boisvert, Solange Nobert, Lise Laverdure et Yves Bornais. Dans la dernière rangée, on retrouve Linda Guimond, de l'OMH, ainsi que Pierre Massicotte et Anne Martin, deux résidents-chercheurs.
Ils ont créé l'exposition Flash sur mon quartier! présentée au café du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap qui permet de découvrir leur point de vue sur leur environnement et leur quartier. 
Cette exposition est le résultat d'une recherche participative menée par l'Université du Québec à Montréal (UQAM) tenue en collaboration avec le Conseil de recherches en sciences humaines et l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières.
Les huit locataires-chercheurs ont donc été encadrés par l'équipe de la professeure au département de psychologie de l'UQAM, Janie Houle, pour qu'ils présentent les aspects tant positifs que négatifs de leur environnement. 
«L'objectif de ce projet c'est d'amener des locataires en HLM à poser un regard critique sur le lien entre leur environnement résidentiel et leur bien-être. On leur demande de prendre des photos d'éléments dans leur entourage pour documenter ce qui les aide à aller mieux et être heureux ou ce qui nuit à leur bien-être et qui pourrait être amélioré», a expliqué Janie Houle en entrevue lundi soir en marge du vernissage de l'exposition Flash sur mon quartier!
L'OMH de Trois-Rivières a d'ailleurs indiqué qu'il allait prendre en considération les constats des participants au projet et qu'il sera à l'écoute des besoins des locataires. 
Cette démarche artistique et scientifique a démontré, estime la chercheuse de l'UQAM, que les locataires en HLM peuvent poser un regard critique sur leur environnement et ainsi contribuer à valoriser les réussites de même qu'améliorer certains éléments.
«Ces personnes ont des choses à dire et sont capables de travailler ensemble», a ajouté Mme Houle. «Si on leur offre les conditions favorables, les locataires en HLM ont des choses à dire et des remarques intelligentes à formuler. L'objectif est de réduire les inégalités sociales en santé en donnant la parole et du pouvoir aux populations plus vulnérables.»
Les participants ont été encadrés par l'équipe de la professeure de psychologie et ont même pu avoir des cours de photographie. Les locataires-chercheurs ont ensuite ensemble déterminé les photos à retenir avant d'écrire les légendes explicatives. Tout s'est fait dans une grande collégialité. «Les rencontres se sont très bien passées. Les locataires-chercheurs étaient très inspirés par le projet», a précisé Janie Houle. 
Présentés en plusieurs thématiques, les panneaux de l'exposition montrent des photos qui témoignent de l'importance des monuments historiques et religieux du quartier de l'ancienne paroisse Sainte-Madeleine, des souvenirs personnels, des activités de loisirs, le personnel de la résidence ainsi que de la nature. Ces éléments ont été identifiés comme étant bénéfiques pour le bien-être de la population. 
Toutefois, les participants à ce projet ne pouvaient rester aveugles devant la dégradation du tissu commercial de ce secteur de Trois-Rivières. Il faut dire que le boulevard Sainte-Madeleine a déjà été plus vivant. Une des résidentes a conclu que la pauvreté a fait fuir des commerçants du secteur. D'autres résidents ont noté que la marche est très haute pour accéder aux balcons et que leurs garde-corps métalliques sont rouillés.
Yves Bornais est un des locataires qui a participé à l'expérience. Il avoue qu'il était quelque peu réticent au départ, mais que l'expérience a été bénéfique.
«On parlait par la photo de notre quartier, notre environnement, notre demeure et notre vie au quotidien», a souligné Yves Bornais.
«Ç'a fait du bien de prendre une pause, un arrêt, et de faire le tour du quartier. À force de vivre dans un environnement, on est tellement habitué qu'on perd de vue ce qui nous entoure. Avec ce projet, on a pu prendre le temps de voir ce qui se passe dans notre immeuble et notre quartier. J'ai redécouvert mon quartier.»
L'exposition de photos Flash sur mon quartier! est présentée au café du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap tous les week-ends jusqu'au 8 janvier 2017.