L’essayiste, romancier et critique d’art français Paul Ardenne a présenté une conférence en fin d’après-midi jeudi pour lancer les activités de La nuit des idées présentée pour la toute première fois à la galerie r3 de l’UQTR.

La nuit des idées: l’UQTR inscrite dans un événement planétaire

TROIS-RIVIÈRES — C’est le début de ce qui pourrait devenir une tradition annuelle qui a eu lieu jeudi soir alors que l’événement La nuit des idées a été présenté à la galerie r3 de l’UQTR.

Précisons tout d’abord que La nuit des idées existe depuis cinq ans en France et qu’elle était présentée jeudi pour la troisième fois au Québec. L’événement est présenté simultanément sur les cinq continents et propose de rallier des milliers de personnes pour une soirée de débats et d’activités interdisciplinaires autour d’une thématique commune qui, en 2020, était «Être vivant». Vaste programme décliné sous une multitude de facettes dont l’idée d’être vivant dans le contexte de l’éco-anxiété qu’ont choisie les organisateurs trifluviens.

Pour l’ouverture officielle, le consulat général de France au Québec était représenté par Gabriel Odin, chargé de mission, qui a célébré la bonne santé de La nuit des idées avec l’ajout d’une nouvelle ville dans un réseau qui comptait, en 2020, quelque 220 lieux de manifestation dans 90 pays.

La réflexion proprement dite a été lancée en fin d’après-midi par une conférence de Paul Ardenne, essayiste, romancier, critique d’art et maître de conférence à la faculté des arts de l’Université d’Amiens, en France. Elle a été suivie par des performances artistiques de Sylvie Tourangeau et Hortense Gauthier puis, en soirée, par une table ronde réunissant Michaël La Chance, Paul Ardenne, Evaldo Becker et Christine Ouellet à laquelle a succédé une performance artistique de Joliane Dufresne. En tout, neuf artistes, philosophes, historiens et critiques d’art ont été réunis pour cette soirée de réflexion, de créativité et de débats.

Il convient de spécifier que l’accès à l’événement était ouvert à tous et gratuit. Or, si on ne se fie qu’à la conférence de Paul Ardenne, brillante et fort divertissante au demeurant, on peut parler de succès puisqu’on a manqué de chaises pour accueillir tous les spectateurs.

Philippe Boissonnet, directeur du groupe de recherche URAV à l’UQTR, ne pouvait que s’en réjouir. «Certes, on veut attirer le regard sur ce qui se passe à l’université. Plusieurs pensent que c’est réservé aux universitaires mais il y a beaucoup d’événements qui se déroulent à la galerie r3 dont un des mandats est précisément de faire le lien avec le milieu donc, avec le public en général. Pour nous, ça demeure très important.»

Il a également expliqué comment La nuit des idées est venue à Trois-Rivières. «C’est à travers un lien que nous avons développé avec le Consulat général de France au Québec qui nous avait même invité à joindre l’événement l’année dernière, ce qui nous avait été impossible. Cette année, nous sommes prêts et particulièrement heureux de le présenter. On a choisi d’orienter notre participation vers l’art de la performance, un art vivant, dans la lignée du thème général. Nous avons aussi choisi de débattre et de réfléchir autour du thème de l’éco-anxiété donc du rapport de l’art à l’environnement et de l’environnement à la société.»

Le choix des invités, des intellectuels de haut niveau venus des champs de l’art mais aussi de la philosophie et de la sociologie, venait rappeler que la réflexion philosophique et l’art sont étroitement liés à l’UQTR où on les regroupe dans un même département dit de philosophie et des arts.

«On espère, indique Philippe Boissonnet, que l’événement revienne dans les années à venir. Ça dépend évidemment des fonds disponibles mais le consulat général de France est très enthousiaste d’avoir établi avec nous un point de jonction entre Montréal et Québec et je sais qu’ils veulent l’étendre à d’autres endroits ce qui nous permet d’espérer qu’on puisse continuer dans le futur.»

Pour ce qui est des avantages à tenir un événement de la sorte, ils sont nombreux. Philippe Boissonnet en retient quelques-uns. «Ça aide à la visibilité des arts à l’université, ça aide aussi à la visibilité de l’UQTR sur le plan des relations internationales. Nous avons d’ailleurs une communauté importante d’étudiants français ici - 415 étudiants, a précisé Gabriel Odin - ce qui vient rappeler qu’il y a une transmission de connaissances qui peut se faire à travers les frontières. Pour ma part, j’estime que La nuit des idées c’est surtout une façon pour l’UQTR de tisser des liens avec son milieu tout en intégrant des intervenants de plusieurs pays qui viendront enrichir la réflexion.»