Julia Säntis sera au Salon du livre pour les deux tomes de sa série de science-fiction, Le Relakh.

La naissance d’une passion pour Julia Säntis

Trois-Rivières — Julia Säntis ne se destinait pas à une carrière en littérature. La dame originaire de Lac-à-la-Tortue œuvrait plutôt dans le domaine de la finance sous sa vraie identité, qu’elle ne révèle pas, pour maintenir une séparation entre sa vie d’auteure et sa vie personnelle. L’écriture l’a toujours fascinée mais, comme bien des gens, le temps lui manquait pour donner vie à cette étincelle qui avait un jour jailli en elle de façon tout à fait inattendue.

C’était lors d’un voyage scolaire, l’autobus fit un arrêt dans une halte routière. Elle y croisa le regard d’un homme qui passait la moppe. À ce moment, il s’est passé une connexion indescriptible entre les deux et cet événement, somme toute bien banal, sera l’un des points de départ de toute cette saga littéraire que Julia Säntis prendra plus de 10 ans à écrire.

Cet instant restera latent dans son esprit jusqu’au jour où elle déménage en Suisse pour suivre son mari qui y avait décroché un poste. Comme il était extrêmement difficile pour elle de se trouver du travail en finances, elle a décidé d’utiliser son temps libre à attiser ce brin de lumière qui brillait toujours dans son esprit. «C’est devenu ma raison de vivre, écrire. C’est devenu viscéral.»

Ce n’était pourtant pas naturel pour la femme plus habituée aux chiffres qu’aux lettres. «Mon français était terrible à ce moment. En finance, je n’écrivais pratiquement plus alors j’ai dû travailler énormément mon français», raconte celle qui a pu compter sur l’aide de son mari, d’un réviseur, et qui a complété son apprentissage par de nombreuses lectures. «À la base, je l’ai écrit pour moi. Je me suis dit si je touche cinq personnes qui aiment mon histoire, ce serait parfait!», lance-t-elle en ajoutant, sourire en coin, qu’elle a dépassé l’objectif.

Grande fan de science-fiction, elle avait envie de proposer quelque chose de très accessible pour le lecteur. «J’aime autant les trucs qui sont vraiment flyés que ceux qui sont réalistes. Je trouvais qu’il n’y avait pas assez de romans qui initient les gens à la science-fiction. Quelqu’un qui n’en a jamais lu va découvrir à travers les yeux du personnage principal ce qui se passe. Il n’y a pas de monstres, de dragons ou de voyages dans le temps. C’est quelque chose de réaliste qui pourrait se passer.»

Julia Säntis présente donc ce deuxième tome de sa série qui en comptera cinq. Le premier tome se concentre sur l’organisation du Relakh alors que, le deuxième, Les infiltrés, s’articule autour d’un groupe de radicaux. Ce petit dernier sorti en décembre se déroule trois ans après le premier et y explore en profondeur plusieurs personnages qui étaient plus secondaires dans le précédent. Dès le départ de cette aventure, l’écrivaine a établi le squelette qui lui permet de naviguer dans cette histoire aux multiples dimensions, sans peur de se perdre, avec un enthousiasme qui grandit au même rythme que le nombre de mots qu’elle couche sur papier. «J’aime beaucoup malmener les personnages. Lorsqu’ils touchent le fond du baril, on peut faire sortir le meilleur ou le pire d’eux. On ne sait pas comment ça peut tourner en les poussant à bout.»

Fascinée par la psychologie des personnages, elle confie que toute cette saga a une dimension encore plus profonde. «Il y a des gens qui vont lire l’histoire juste pour l’histoire mais si on lit entre les lignes, c’est une critique sur l’humanité pour montrer comment on est autodestructeur», raconte l’auteure autodidacte.

Ce n’est d’ailleurs pas les idées qui manquent puisqu’elle travaille déjà sur un autre récit indépendant de la saga du Relakh, un drame qui se passera en France, où le lecteur se glissera dans la tête d’un tueur en série. «Ce n’est pas un polar, c’est vraiment plus psychologique.»

Les deux premiers tomes ont été publiés chez Librinova, une maison d’auto-édition parisienne, seront disponibles au Salon du livre de Trois-Rivières au kiosque des auteurs d’ici. Il sera également possible de rencontrer l’auteure samedi de 15 h à 16 h 30 et dimanche de 12 h 30 à 14 h 30.