Maître du Tap Dance, l’Américain Jason Samuels Smith demeure un danseur très athlétique dont le style a toujours plu au public du Festival international de Danse Encore. Il est de retour cette année pour célébrer les 25 ans de l’événement trifluvien.

La meilleure façon de communiquer

TROIS-RIVIÈRES — La programmation de la 25e édition du Festival international de Danse Encore qui aura lieu du 6 au 9 juin regorge de grands noms mais celui de Jason Samuels Smith figure dans le groupe restreint des plus prestigieux. Le New-yorkais spécialiste du Tap Dance est une référence inattaquable dont le prestige dépasse les frontières du style qu’il affectionne.

C’est d’ailleurs de New York qu’il s’est prêté à l’exercice de l’entrevue avec Le Nouvelliste avec une gentillesse qu’on n’attend pas d’un artiste de cette envergure. Il faut dire qu’il aime beaucoup le festival trifluvien. «Ça fait bien trois ou quatre fois que j’y vais parce que je trouve que c’est un superbe événement qui montre un large éventail de styles et de cultures. Ça se fait devant un public enthousiaste dans une belle petite ville où j’ai l’impression que les gens savourent tout ce qui leur est présenté. On sent une énergie générale extraordinaire. C’est bien de baigner dans un endroit où les arts et la danse sont si appréciés.»

Au cours des années, les habitués du festival ont pu apprécier beaucoup de Tap Dance offert par des sommités et à chaque fois, le style fait gros effet. Qu’est-ce qui est donc si attirant dans ce style? «Je crois que le public n’a pas si souvent l’occasion d’assister à des spectacles de Tap Dance de haut niveau, répond Jason Samuels Smith, et je pense que ça peut être vraiment impressionnant quand on n’en a pas l’habitude. Ce qui est sûr, c’est que votre public manifeste son appréciation avec une intensité qui m’a toujours inspiré.»

S’il revient toujours avec plaisir à l’événement, cette fois, ce sera accompagné de sa fiancée et de son tout jeune bébé pour un tout premier voyage en famille hors des États-Unis. «Ça fait quelques années que je ne suis pas allé chez vous et j’ai hâte de voir comment le festival a grandi. Je suis réellement excité à l’idée de retrouver un environnement avec lequel je suis devenu un peu familier. C’est une très belle ville particulièrement agréable à ce moment-ci de l’année; ça me semble parfait pour notre premier voyage en famille.»

«Il faut dire que j’aime beaucoup Danse Encore parce qu’en plus d’être un danseur, je suis un fan de danse. J’adore côtoyer d’autres interprètes dans toutes sortes de styles, me laisser inspirer par leurs performances et leur créativité. C’est toujours un séjour qui me nourrit énormément.»

S’il est une figure dominante des claquettes depuis quelques années, Jason Samuels Smith le doit à une formation qui a débuté dans sa plus tendre enfance auprès de maîtres très inspirants et grâce à ses propres qualités athlétiques exceptionnelles. «C’est vrai que le Tap Dance tel que je le pratique est extrêmement exigeant physiquement. Je crois fermement à la nécessité de pousser constamment mes limites physiques, musicales, mentales et spirituelles. Or, tout ça part d’abord du travail physique. C’est vrai que je fais des choses plus athlétiques que plusieurs autres danseurs de Tap et il est probable que ça constitue un attrait pour le public.»

C’est à se demander comment un danseur aussi athlétique a pu choisir les claquettes comme style de prédilection. «Ce que j’en aime tant, c’est que c’est une façon de créer de la musique par l’intermédiaire du mouvement. La musique et le rythme m’ont séduit étant tout jeune. Comme j’adore le jazz et que les deux sont étroitement liés, c’était un choix naturel. Par ailleurs, il y a dans le Tap Dance comme dans le jazz une large place faite à l’improvisation. C’est un espace où un artiste peut donner libre cours à son inspiration et à son expression personnelle et ça m’accroche beaucoup. On ne retrouve pas cela dans d’autres styles plus strictement chorégraphiés. Je l’ai retrouvé dans le Break Dance auquel je me suis beaucoup adonné dans ma jeunesse mais je n’y retrouvais pas la sonorité qui fait partie des claquettes. Qu’on puisse entendre une danse tout autant qu’on la voit, ça continue de me fasciner.»

Devenu un chorégraphe très respecté, un enseignant solidement établi dans son New York natal, Jason Samuels Smith n’est pas contraint de continuer à offrir des prestations comme il le fera à Trois-Rivières, trois semaines à peine après une autre à Montréal. Pourquoi le faire? «Tout simplement parce que le spectacle vivant est encore la meilleure façon de communiquer avec le public, répond-il. Il manque aux enregistrements la vibration, l’énergie du direct. De la même façon que ce sont les spectacles que j’ai vus étant jeune qui m’ont transformé comme personne, je pense que le spectacle vivant est la meilleure façon de toucher directement et profondément les gens. C’est la façon par laquelle on peut planter des graines d’inspiration qui auront un impact permanent.»

Celui de Jason Samuels Smith en est un d’amour, de fraternité et d’appréciation de la vie. À voir et à entendre dans le cadre des deux représentations du gala spécial du 25e anniversaire de Danse Encore vendredi et samedi soirs prochains.