Gwendoline Côté sera de passage à la salle J.-A.-Thompson le 2 avril pour la présentation de la pièce L’Enfant insignifiant! de Michel Tremblay.

La matérialisation d’un rêve pour Gwendoline Côté

Trois-Rivières — Gwendoline Côté savoure chaque moment que son métier de comédienne lui offre. C’est encore plus vrai ces temps-ci alors qu’elle se prépare à fouler les planches de la scène de la salle J.-Antonio-Thompson pour la toute première fois. On peut facilement imaginer que, pour la petite fille qui a grandi à Trois-Rivières, l’événement revêt un caractère spécial entouré d’une intense fébrilité. En plus, elle débarque avec une production du Théâtre Jean-Duceppe pour interpréter une pièce de Michel Tremblay. Le réservoir de bonheur déborde!

«On dirait que je ne le réalise pas vraiment!», lance Gwendoline Côté en entrevue téléphonique depuis Montréal. Celle qui incarnera Ginette, une enfant d’une dizaine d’années dans L’enfant Insignifiant!, peine à mettre des mots sur les émotions qui l’habitent. «J’ai l’impression que je ne le saurai pas avant de le vivre. C’est sûr que je vais avoir le trac. Est-ce que ça va être un trac qui va tomber du côté pétrifiant de la chose ou qui va être une énergie qui va me propulser? Je ne peux pas savoir avant de le vivre, c’est vraiment spécial. C’est particulier comme émotions.»

La pièce est en tournée depuis le mois de janvier pour une trentaine de représentations. «Il y a beaucoup de gens qui ont déjà vu le spectacle et qui vont revenir le voir parce que c’est mon baptême à Thompson et que c’est super important!»

Malgré sa sortie récente du Conservatoire, son intégration dans l’imposante distribution composée de Guylaine Tremblay, Henri Chassé, Isabelle Drainville, Michelle Labonté, Sylvain Marcel et Danielle Proulx, s’est faite tout en douceur. «Ce sont des acteurs formidables mais ce sont aussi des personnes particulièrement aimables et drôles. Je ne me suis pas sentie débutante autour d’eux. Je suis consciente que je commence mais je me sentais vraiment comme eux», mentionne Gwendoline Côté qui avait demandé à assister aux représentations où elle n’était pas en scène, pour bonifier son expérience par l’observation.

D’ailleurs, sa première présence chez Jean-Duceppe coïncide avec la dernière année de direction artistique de Michel Dumont. David Laurin et Jean-Simon Traversy, un autre Trifluvien, étaient très impliqués dans le processus de transition. Ils ont donc assisté à toutes les étapes de création de la pièce. «Je me souviens qu’à la première lecture - c’est mon premier contrat de théâtre professionnel! - dans la salle de répétition chez Duceppe, il y a, en face de moi, Michel Dumont, Louise Duceppe et Michel Tremblay! Il y avait aussi tous les autres acteurs. J’admire depuis toujours Guylaine Tremblay. C’est pour moi l’actrice qui peut jouer autant la comédie que du drame que quelqu’un qui est dans un milieu plus rough ou plus aisé. J’étais tellement nerveuse!»

«Il y avait aussi Jean-Simon [Traversy] et David [Laurin] et juste avant que la lecture commence, j’ai eu un regard vers eux et ils m’ont fait un pouce en l’air», raconte l’actrice qui a rapidement mis derrière elle la nervosité.

Que ce soit lors de son passage à l’école secondaire Chavigny ou au Théâtre des gens de la place, Gwendoline Côté visait le métier de comédienne. Un jour, elle a même souhaité jouer un Tremblay chez Duceppe, c’était avant même d’entrer au Conservatoire. «Et ça se produit! C’est le fait de réaliser nos rêves...! J’ai l’impression qu’on est à Trois-Rivières et on fait tout en notre possible pour faire ce métier-là. On fait tout pour que ça arrive mais c’est tellement difficile. Oui, il y a une part de chance mais ceux qui ressortent en bout de ligne, je pense que le travail qu’on y a mis fait vraiment la différence. Toutes ces années d’effort et de questionnements pour y arriver... En même temps, la remise en question et le doute sont essentiels à la création parce que si tu ne te remets pas en question, tu vas toujours donner le même travail et ça va être linéaire et ça va être un peu plate!», lance-t-elle dans un éclat de rire.