La jeune chef québécoise Dina Gilbert sera au pupitre pour diriger le dernier concert de la saison de l’OSTR ce dimanche, 14 h 30, à la salle Thompson.

La majesté dans toutes ses nuances

Trois-Rivières — En abordant le Carmina Burana de Carl Orff pour clore sa saison ce dimanche 2 juin à 14 h 30, l’OSTR convie les mélomanes trifluviens à une célébration intense et spectaculaire de l’arrivée (probable?) de l’été. Pour la chef invitée québécoise Dina Gilbert, ce concert sera l’occasion de faire découvrir une œuvre nettement plus riche que l’air du O Fortuna que tous connaissent mais également une autre du grand compositeur québécois Pierre Mercure intitulée Cantate pour une joie pour soprano, chœur et orchestre.

Évidemment, on n’aborde pas une œuvre de l’envergure du Carmina Burana sans être très solidement appuyé. Dina Gilbert pourra compter sur la soprano Aline Kutan, le ténor mauricien Jacques-Olivier Chartier, le baryton Phillip Addis ainsi que le chœur de l’OSTR qui sera flanqué de la Maîtrise des Petits chanteurs du Cap ce qui mettra pas moins de 170 musiciens à contribution pour ce concert grandiose.

Derrière ce programme imaginé par Jacques Lacombe se dessine une facétie du hasard: Dina Gilbert a dirigé le même Carmina Burana le 11 mai dernier avec l’Orchestre symphonique de Kamloops et de nouveau à l’automne prochain avec les Grands ballets canadiens. «Ce n’est pas moi qui décide puisque les saisons s’élaborent des années à l’avance, argue la jeune chef de 34 ans et quand Jacques Lacombe m’a proposé de diriger l’OSTR pour ce programme, j’étais vraiment enthousiaste. Finalement, je vais diriger la même œuvre trois fois en moins de six mois ce qui est un véritable luxe pour un chef que de diriger une même œuvre avec trois orchestres différents en si peu de temps.»

«Un chef se nourrit aussi de chacun des orchestres qu’il dirige, et dans ce contexte, je suis vraiment emballée à l’idée de travailler avec l’OSTR. L’orchestre a une énorme réputation et ce sont des musiciens de très haut niveau avec lesquels je vais pouvoir aller plus loin dans mon approfondissement de cette œuvre majeure.»

Puisque tout le monde connaît le gigantisme et la majesté du mouvement O Fortuna qui met à contribution l’orchestre entier au même titre qu’un imposant chœur, Dina Gilbert voudra faire découvrir les multiples nuances de cette cantate. «L’œuvre est composée de poèmes de différents auteurs qu’Orff a réunis, explique-t-elle. Musicalement, la masse n’est pas toujours présente. Bien sûr, on a un orchestre très imposant dont on peut profiter mais le compositeur a conçu les différents mouvements de façon très dissemblable. À certains moments, il ne fait intervenir qu’un seul instrument comme un piccolo, par exemple. Alors, tout tient au dosage qui permet de faire ressortir les particularités de chaque mouvement. C’est vrai que l’harmonisation est assez simple mais il y a une multitude de couleurs à faire ressortir.»

La polyvalence qui caractérise la jeune chef constituera un atout considérable dans sa mission. «J’ai commencé ma carrière en dirigeant des chœurs à l’église alors, pour moi, c’est comme un retour en arrière. Raymond Perrin est un excellent chef de chœur et je sais que celui-ci est bien préparé. De plus, je suis très contente de travailler avec les jeunes de la Maîtrise du Cap. La spontanéité des jeunes est une richesse assez rare. Comme adultes, on est souvent autocritiques et on a souvent peur de se tromper mais les enfants sont prêts à prendre des risques.»

«Bien sûr, il y a des mouvements qui sont très connus de Carmina Burana mais c’est une œuvre à découvrir dans son ensemble. C’est une épopée, une odyssée. Moi, je trouve que c’est comme un Game of Thrones de la musique classique. C’est grandiose à certains moments, intime à d’autres mais fascinant à écouter. Ça véhicule l’idée de la force du destin, mais on y retrouve aussi des jeux à boire, du gambling, des chansons de taverne, d’autres d’amour. C’est très vaste. C’est parfait pour le grand public. Si quelqu’un n’est pas un habitué de concerts de l’orchestre, je lui suggère de venir voir ça: il va être renversé par le pouvoir des instruments. Ce sera comme de se lancer dans un visionnement en rafale de Game of Thrones!»

Pour compléter le programme, Dina Gilbert n’est pas moins enthousiaste de diriger la Cantate pour une joie pour soprano, choeur et orchestre de Pierre Mercure. «C’est une œuvre absolument magnifique de la part d’un compositeur canadien majeur qui mérite d’être mieux connu. Pour moi, ce programme avec l’OSTR est un véritable coup de cœur. J’ai dirigé un peu partout dans le monde mais j’ai toujours un plaisir particulier à diriger les orchestres d’ici.»

Une causerie animée par Francis Dubé sera présentée dès 13 h 30 au foyer Gilles-Beaudoin. Les billets pour ce concert sont en vente par la billetterie de la salle Thompson de même que sur le site Internet de l’OSTR.