Le Gala Teweikan sera présenté à Trois-Rivières le 2 octobre. Cette grande fête de la musique autochtone est chapeautée par Florent Bégin, directeur général de la SOCAM.

La grande fête de la culture autochtone

TROIS-RIVIÈRES — Le Gala Teweikan, grande fête de la musique autochtone, débarque à la salle J.-A.-Thompson. Ce grand spectacle sera l’occasion de célébrer le travail des artistes des premières nations de même qu’une excellente vitrine pour que le grand public puisse s’y initier. Attirer la population non autochtone est d’ailleurs parmi les souhaits les plus chers du directeur général de la Société de communication Atikamekw- Montagnais (SOCAM), Florent Bégin, qui organise cet événement. «Le but, c’est d’ouvrir les portes et de se faire connaître!»

Si les artistes peuvent profiter de plusieurs tribunes pour présenter leur matériel, le but du Gala Teweikan est de les encourager et de valoriser cette façon de faire rayonner la culture autochtone. «Le Gala est complémentaire à tous les festivals autochtones qui se déroulent un peu partout.

Il y a des pow-wow, des fêtes et le festival Innu nikamu et bien d’autres. Les jeunes et les moins jeunes artistes ont une scène pour se produire et donner des spectacles mais ils ne sont pas récompensés. Maintenant, on les récompense. C’est notre ADISQ à nous», illustre M. Bégin qui se réjouit qu’un Félix soit désormais décerné à l’Artiste autochtone de l’année par l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo.

La création de ce rendez-vous festif est une occasion de faire briller les talents émergents mais aussi d’alimenter en contenus musicaux les 14 stations radio autochtones chapeautées par la SOCAM. «On a besoin de nouveau matériel. On a besoin de gens qui endisquent, qui font des albums en langue autochtone afin de les diffuser. Sinon, on fait toujours tourner la même chose. Il faut du nouveau matériel et du matériel diversifié au niveau des genres musicaux», explique M. Bégin qui souhaite que la reconnaissance qui est apportée aux artistes en incitera d’autres à se lancer.

Par contre, il convient qu’entre la volonté et la réalisation, il y a tout un monde. «C’est extrêmement long pour les artistes de s’organiser et de trouver les sous nécessaires. Ils ne sont pas connus, n’ont pas d’argent ni de boîte de production. Ils s’organisent tout seuls et c’est long de faire les albums», avance Florent Bégin pour expliquer que le gala est présenté aux deux ans.

Pour cette troisième édition, dix prix seront remis. Les candidatures reçues ont été sélectionnées par un jury présidé par Sylvie Bernard, artiste abénaquise, Dan Bigras, auteur-compositeur-interprète, et Sakay Ottawa, artiste atikamekw, auteur-compositeur-interprète originaire de Manawan.

Le concept du spectacle a été élaboré autour de la présence autochtone en milieu urbain. «Les jeunes ne restent plus dans les réserves. Premièrement, parce qu’une communauté c’est très petit en termes de superficie. Il n’y a plus de place pour loger les gens, alors ils doivent partir. Mais il y a aussi un intérêt de voir le monde extérieur pas juste par obligation, ça peut être pour les études ou le travail», explique-t-il en ajoutant que les autochtones participent à la dynamique culturelle en milieu urbain, autant dans le monde culturel que politique.

Le concepteur de la soirée qui se tiendra le mercredi 2 octobre s’est inspiré de sa propre expérience qui l’a amené à quitter sa réserve natale avec tous les effets collatéraux qu’une telle décision pouvait créer.«Ma mère me disait: ‘’Tu t’en vas à Montréal, dans la grande ville, tu ne seras plus indien. Tu vas perdre ton identité.’’» C’est comme s’il fallait demeurer dans notre communauté pour être autochtone. Je ne perdais pas mon identité parce que je vais à Montréal ou à Québec. D’ailleurs, Montréal était jadis un territoire autochtone. Alors les jeunes ne s’expatrient pas de leur communauté, ils ne font que réoccuper autrement, différemment, les territoires traditionnels autochtones. Point final!»

Les billets sont en vente sur culture3r.com