C’est à Raymond Perrin qu’on a confié la direction du concert de Noël de l’OSTR ce samedi 15 décembre, à 20 h.

La fête dans toutes ses couleurs

TROIS-RIVIÈRES — Le traditionnel concert de Noël de l’OSTR intitulé cette année Noël au fil des siècles se déroulera sous le signe de la variété le samedi 15 décembre à 20 h à la salle J.-A.-Thompson. On y entendra aussi bien des extraits de grandes œuvres intemporelles que des classiques populaires ou même une œuvre originale qu’on doit à celui qui sera au pupitre pour l’occasion: Raymond Perrin.

Tout concert de Noël digne de ce nom implique un minimum de majesté et, idéalement, un chœur. Or, on a ici les deux puisque l’OSTR n’a pas lésiné et ce sont 90 choristes membres de Vocalys, du Chœur de l’OSTR et de celui du Conservatoire qui prendront place sur la scène avec l’orchestre. Au programme: John Rutter, Bach, Morten Lauridsen, Harold Darke, Lowell Mason, Patrick Hadley, Adolphe Adam , Berlioz, Leroy Anderson. La première partie mettra en vedette le chœur Vocalys alors qu’en deuxième portion, on pourra entendre le chœur au complet incluant, dans certains cas, le public de la salle puisqu’il sera invité à entonner quelques classiques.

Diriger cette imposante cohorte de musiciens ne sera pas de tout repos pour Raymond Perrin, chef de chœur reconnu mais moins rompu à la direction d’orchestre. Ce n’est pas sans une certaine nervosité qu’il aborde le défi. «C’est, en fait, la première fois que je dirige un grand chœur de 90 voix avec l’orchestre au complet. J’ai souvent préparé le chœur pour des concerts de l’OSTR avec des chefs invités et pour ce qui est de diriger l’orchestre même, je l’ai fait deux fois. Une première pour les Quatre saisons, de Vivaldi, dans ce qui était un petit ensemble baroque pour chœur et aussi pour Le Messie de Haëndel qu’on avait monté avec Vocalys en 2005.»

«Ce n’est pas la même technique de direction pour l’orchestre ou les chœurs. C’est un peu pour ça que les orchestres nous redoutent un peu, nous, les chefs de chœur, s’esclaffe-t-il. Il y a certains gestes que je devrai éviter parce qu’ils n’ont pas la même signification pour les chanteurs et les musiciens. La direction de l’orchestre est nettement plus codifiée alors qu’avec le chœur, c’est surtout l’émotion qui dicte les indications.» Quand Le Nouvelliste l’a rencontré, Perrin se préparait d’ailleurs à une répétition sectionnelle de cordes, histoire de se familiariser avec leur langage spécifique qu’il ne maîtrise pas parfaitement. «C’est un ajustement, convient-il, mais j’y ai travaillé ces derniers temps. Il reste que je suis quand même plus nerveux qu’à l’habitude.»

On peut le comprendre: il lui est certes arrivé de diriger des instrumentistes avec un chœur mais pour de courtes prestations ou des cérémonies religieuses; jamais pour un concert impliquant 90 minutes de musique. «C’est un gros programme, convient-il. On retrouve des pièces pas trop compliquées comme le Minuit Chrétiens mais il y a l’Oratorio de Noël et le Gloria de la Messe en si mineur de Bach, deux pièces redoutables, pleines de pièges.» Spécialiste de la musique baroque, il reste dans son élément. «Pour d’autres pièces, il a fallu que je m’attable et que j’y travaille. Le pire, c’est que mon plus gros défi de direction, c’est pour ma propre composition qui est la plus compliquée du programme!»

Ce conte de Noël intitulé Dans la nuit de Noël, qui date de 1987, se présente en quatre mouvements aux personnalités bien distinctes. Malgré la trentaine d’années de recul, le chef assume toujours entièrement cette œuvre qui lui avait été commandée pour l’OSTR par Gilles Bellemare, à l’époque, et cela, bien qu’il ait accompli un important travail pour réécrire la partition orchestrale de l’œuvre histoire de lui redonner du lustre.

Marqué par un certain esprit rebelle qui n’est pas étranger à la jeunesse, le conte est teinté par une certaine soif de justice sociale. «Gilles voulait une pièce originale pour Noël sans référence religieuse. J’ai pensé à une histoire où les lutins du père Noël sont en conflit de travail à cause de la cadence infernale à l’approche de Noël et parce que le père Noël leur fait fabriquer des armes», rigole Perrin. Il ne faut pas s’inquiéter, les 25 minutes de l’œuvre et la voix de la jeune soliste Émeraude Roy, sélectionnée au sein de la Maîtrise du Cap, suffiront sans doute à ramener tout le monde à de meilleurs sentiments et à retrouver l’esprit de bienveillance propre à la fête.

S’il faut qualifier en un mot l’ensemble de ce programme, c’est la variété qui vient en tête du chef. «Dans la première partie, on retrouve du classique avec les Bach mais aussi ce qu’on pourrait appeler des bonbons à la façon de John Rutter: de très beaux chants de Noël que tous aiment chanter peut-être parce qu’ils ont un côté romantique. En deuxième partie, on retrouve du Berlioz avec un extrait de L’enfance du Christ, ma pièce ainsi que des chants traditionnels comme le Minuit, chrétiens et ce que les Américains appellent les sing along. C’est la fête de Noël présentée dans une grande variété.»

Il est bon de noter que la soirée s’ouvrira avec une prestation qui promet d’être particulièrement chouette puisque le public pourra faire connaissance avec les 22 jeunes du programme BOUM de l’OSTR qui permet à des élèves de deux écoles primaires trifluviennes situées dans des quartiers défavorisés de suivre des cours de musique gratuitement.