La nouvelle bande dessinée de François St-Martin et Marc Bruneau s’intitule De nouveaux amis dans la classe et sensibilise le lecteur à la différence à travers deux jeunes personnages présentant des troubles du spectre de l’autisme pour l’un et une déficience intellectuelle pour l’autre.
La nouvelle bande dessinée de François St-Martin et Marc Bruneau s’intitule De nouveaux amis dans la classe et sensibilise le lecteur à la différence à travers deux jeunes personnages présentant des troubles du spectre de l’autisme pour l’un et une déficience intellectuelle pour l’autre.

La différence abordée avec humour

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Trois-Rivières – L’aventure du duo formé de François St-Martin et Marc Bruneau dans le monde de la bande dessinée se poursuit en s’étendant au-delà du succès de la série Dans la tête de François. Ils ont procédé mercredi au lancement officiel bien que virtuel, d’un autre bouquin, celui-ci intitulé De nouveaux amis dans la classe.

Ce nouvel opus est particulier: il a un été créé comme un outil de sensibilisation à la déficience intellectuelle et aux troubles du spectre de l’autisme tout en gardant un caractère divertissant et humoristique .

L’initiative origine de Violaine Héon, coordonnatrice du Regroupement d’organismes en DI et TSA de la Mauricie. C’est elle qui a d’abord approché les créateurs de Dans la tête de François pour concevoir avec eux une trousse de sensibilisation visant les élèves des deuxième et troisième cycles du primaire.

«On a réfléchi à la façon par laquelle on pourrait présenter cette trousse et la bande dessinée avec son côté coloré et ludique est apparue comme une très belle option, explique Violaine Héon. La trousse est d’abord destinée aux enseignants ou aux étudiants en éducation spécialisée comme un outil pour aborder le sujet de la DI ou du TSA dans une classe régulière.»

«On voulait un outil pratique et intéressant qui pourrait s’intégrer dans le cadre du programme éducatif régulier. Ultimement, on aimerait que la trousse contribue à créer des classes plus inclusives. C’était un mandat délicat parce que ce n’est pas un sujet simple à aborder surtout à travers l’humour. Or, François possède ce don d’offrir des réflexions intéressantes à travers un humour intelligent et c’est ce que ça prenait en conjonction avec la grande créativité de Marc.»

Une fois la trousse conçue, elle est devenue disponible gratuitement sur le site de roditsamauricie.org il y a quelques mois. «L’idée du livre est arrivée tout naturellement dans la lignée du projet parce que ça s’est imposé comme un complément idéal à la trousse qu’on offrait en ligne.»

«Au départ, poursuit François St-Martin, on avait une trousse numérique qui se présente en projection dans les classes et on était tellement contents du résultat et de la réponse qu’on a pensé à ajouter un livre même si celui-ci n’était pas prévu.»

«Beaucoup de projets nous sont proposés mais sincèrement, on a eu un coup de cœur pour celui-ci même si c’était tout un défi. Ça a demandé une très grande réflexion pour savoir comment aborder ce sujet-là. On voulait le faire à notre manière mais on comprend que l’idée d’aborder la déficience intellectuelle à travers l’humour, ça a pu inquiéter certains intervenants.»

L’angle finalement choisi par les créateurs, c’est celui de mettre en scène des enfants dans une classe normale qui accueillent deux nouveaux amis présentant une déficience intellectuelle pour un et un trouble du spectre de l’autisme pour l’autre.

«Après longue réflexion, on a choisi de rigoler un peu de la réaction des autres élèves devant la différence. Ça représente nos réactions à nous tous parce que souvent on ne sait pas comment réagir devant la différence, quelle qu’elle soit. J’ai voulu qu’on traite de la DI et TSA simplement comme des différences parmi des centaines d’autres qu’on rencontre tous les jours.»

Au final, ça donne un livre de 68 pages tout en humour à travers des mises en situation de la vie quotidienne au sein de la classe.

«Au niveau visuel, il fallait aussi trouver une facture particulière même si c’est le texte qui est toujours à l’avant-plan, explique Marc Bruneau. Ce sont les réactions des personnages qui viennent renforcer la blague ou le texte. On a repris la facture exploitée dans Les gentils chenapans, notre première incursion dans le livre jeunesse.»

«Pour ce qui est du dilemme de trouver un look à nos personnages, on l’a résolu en ne donnant pas un look particulier aux jeunes qui ont des différences. Chaque enfant dans la classe se présente avec ses propres attributs et traits de caractère et on les présente tous sur le même pied.»

«Chaque enfant a été traité avec ses qualités et ses défauts y compris l’enseignante de la classe, Mme Caro, de spécifier François St-Martin. Le livre s’adresse d’ailleurs aussi bien aux enfants qu’aux parents ou à des enseignants qui voudraient aborder ce sujet de la différence.»

Prêt depuis le début du confinement, le bouquin papier est dès à présent disponible sur le site des Éditions Dans la tête au www.danslatete.ca d’où on peut le commander. En Mauricie, il est disponible chez les différents libraires alors que pour le reste du Québec, il suffit de le demander à son libraire préféré pour qu’il le commande.

À noter que le livre, si Violaine Héon le considère comme le complément parfait de la trousse de sensibilisation, peut très bien être lu en lui-même.

«C’est vrai que le livre est tiré d’un outil destiné aux élèves de 2e et 3e cycles du primaire mais le contenu est universel, soutient-elle. C’est particulièrement pertinent si on cherche à aborder le sujet de la différence. C’est facile à lire et ça constitue une excellente amorce à une discussion. Je dirais que c’est tout aussi approprié pour des élèves du secondaire et que les parents vont aussi l’aimer.»