Le numéro de la troupe Citadel & Cie sur du Johnny Cash n’a pas manqué d’une certaine poésie dans le cadre du Gala du 25e dont la première représentation avait lieu vendredi soir à la salle Thompson.

La danse est si exaltante

TROIS-RIVIÈRES — Il fallait bien s’attendre à ce que la 25e édition du Festival international de Danse Encore en soit une d’anthologie. Le menu donnait toutes les raisons d’y croire mais encore fallait-il que la réalité le confirme. Or, la soirée de vendredi en a fait la preuve: elle l’est.

Le Gala présenté à la salle Thompson en est peut-être la plus éloquente démonstration. La première des deux représentations était comme un concentré de ce que le Festival a offert de meilleur au cours de son existence d’un quart de siècle. Du spectaculaire, de l’émotion, de la technique. Un condensé de tout ce que la danse peut être pour le plus grand plaisir du plus grand nombre.

Mais plus encore, le gala est venu rappeler à qui avait pu l’oublier, à quel point la danse peut être un art exaltant et à toutes sortes de niveaux. Elle peut nous faire pleurer, nous bouleverser, nous faire rire, nous électriser. Elle peut faire tout ça dans une seule soirée, un seul spectacle dont on sort plus grand d’une folle envie de vivre.

Je ne dis pas que le gala a offert le meilleur de ce que le festival a présenté aux spectateurs depuis 25 ans. Bien sûr que non, tant d’immenses artistes s’y sont produits. Mais il a offert des numéros extraordinaires avec des artistes qui le sont tout autant.

La soirée s’est ouverte sur Louise Lecavalier, la guerrière de toujours, avec son énergie brute qui a exalté le mouvement. Le geste qui parle comme un alphabet, donnant à chaque nuance une valeur propre. Une solide dose d’énergie pour lancer la soirée. Claire Mayer a regroupé les 15 numéros par groupes d’affinités avec une forte composante géographique qui a fait succéder les Ballets Jazz de Montréal à Louise Lecavalier. Or, on ne pouvait penser à contraste plus évident. Le numéro des BJM sur Suzanne de Leonard Cohen est une pure poésie aérienne toute en intense fluidité. Un duo sublime au cours duquel à aucun moment les pieds de la danseuse ne touchent le sol. Un truc d’une beauté à vous arracher les larmes.

Audace encore de la metteure en scène en proposant ensuite Citadel & Cie dans un numéro aux accents de parodie de danse country sur du Johnny Cash. Le numéro des 27 jeunes de la relève dont la chorégraphie contemporaine de Channing Cooke a amené une dose de fraîcheur très appréciée du public. Il ne savait pas qu’on lui préparait le hip hop endiablé de Marvel et Willow. Quand les gars de Marvel ont incité le public à taper des mains, c’était comme si tout le monde voulait se retrouver à l’urgence en même temps avec des métacarpes fracassés. L’énergie musculaire et athlétique des danseurs a trouvé son écho dans la salle. Un moment fort.

Les rues du centre-ville ont été illuminées par des personnages colorés et lumineux grâce à la parade illuminée réunissant les événements estivaux de la région vendredi soir.

La deuxième partie a débuté sur un voyage à Cuba avec Yoherlandy Tejeiro Garcia d’abord, suivi de Micompania puis de Rakatan et sa danse cubaine traditionnelle. Un pays d’origine, trois approches, trois émotions et une ferveur partagée par le public.

Retour sur le continent américain avec Jaeme Rae Dailey et Still Motion qui a fait la démonstration que le corps peut s’affranchir des lois supposément universelles comme la gravité quand il se consacre à exprimer des émotions. Les plus réfractaires des spectateurs n’auront pas pu rester de glace devant cette sensualité. Contraste encore avec le Tap de Tapestry Dance Cie et du fabuleux Jason Samuels Smith. Sourire, tapage de pied et exaltation garantis.

Du grand gala, en somme, distribuant très libéralement le pur plaisir. J’en garde personnellement deux aspects négatifs cependant. Primo, que j’aie dû quitter avant la toute fin pour pouvoir écrire ce texte et secundo, qu’il soit resté des places libres au second balcon. Sans le savoir, sûrement, des gens ont boudé leur plaisir.

Au sortir du gala, la parade illuminée défilait dans les rues du centre-ville. On s’entend que l’idée de réunir pour un lancement de saison tous les événements estivaux est excellente et qu’elle doit demeurer mais elle pose un immense défi logistique. Disons simplement qu’elle aurait pu avoir plus d’ampleur malgré quelques jolies idées. Voyons-le comme un défi à relever dans les années à venir.

Puisque la météo semble vouloir célébrer autant que le public les 25 ans du Festival international Danse Encore, les activités extérieures prévues pour samedi devraient toutes avoir lieu comme prévu et elles ne manqueront certainement pas de panache. Ça commencera à 14 h 15 à la Place Danse Encore au pied de l’hôtel de ville avec deux prestations de Frictions entrecoupées d’une autre de AAINJAA.

Déplacement vers la rue des Forges à 19 h pour une activité chouchou du public: le défilé mené par les irrésistibles percussionnistes de AAINJAA qui mènera les gens à la grande scène du parc portuaire pour l’animation Zumba à 20 h, le spectacle officiel de AAINJAA à 21 h 15 et l’interprétation de l’Hymne à la joie par PROARTEDANZA.

Le tout sera couronné par le grand feu d’artifice musical de la 25e édition du Festival international de Danse Encore. Tout cela est évidemment gratuit, comme la belle température. Un cadeau du comité organisateur du 25e.