Juste pour rire devra d'abord se débarrasser du propriétaire Gilbert Rozon pour obtenir sa subvention annuelle de 1,5 million $ pour les deux prochaines années.

Juste pour rire doit changer de propriétaire pour ravoir sa subvention

Le gouvernement Couillard impose ses conditions au festival Juste pour rire: l'organisation devra d'abord se débarrasser du propriétaire Gilbert Rozon pour obtenir sa subvention annuelle de 1,5 million $ pour les deux prochaines années.

La ministre du Tourisme, Julie Boulet, a indiqué, mercredi, que l'entente actuelle avec le Groupe Juste pour rire, qui organise le festival du même nom chaque été, lui permet de dicter de nouvelles exigences. Elle se dit aussi prête à examiner la proposition du groupe d'humoristes qui veut lancer un autre festival parallèle.

Rappelons que le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, en poste depuis 35 ans, a démissionné de ses fonctions à la fin d'octobre à la suite d'allégations d'inconduite sexuelle. Une plainte pour agression sexuelle a été déposée à la police de Montréal, qui fait enquête.

«Il faut faire la distinction entre le propriétaire et l'événement, qui est une vitrine exceptionnelle pour le Québec à l'international, mais les choses ne peuvent pas rester comme elles sont et le même propriétaire ne peut poursuivre sa route», a déclaré la ministre dans une brève mêlée de presse en matinée.

L'entente actuelle est d'une durée de trois ans, de 2017 à 2019, et elle prévoit le versement d'un financement gouvernemental de 1,5 million $ par an si le festival a lieu. Le gouvernement a versé le montant pour 2017 le 18 octobre dernier, juste avant que le scandale n'éclate.

Toutefois l'arrivée d'un nouveau festival parallèle organisé par un groupe d'une trentaine d'humoristes vient brouiller les cartes. Martin Petit est l'instigateur de ce projet nommé Festival du rire de Montréal. Le groupe, dont font partie entre autres Lise Dion, Jean-Michel Anctil et Mike Ward, soutient qu'il s'agit d'une réponse directe au scandale sexuel qui a frappé Gilbert Rozon.

Julie Boulet a dit qu'elle ne «pouvait pas être contre le fait que des humoristes se regroupent» et qu'elle saluait leur démarche. Elle a ajouté qu'elle doit faire l'analyse de l'ensemble des éléments qui composent ce dossier, en prenant la peine de spécifier que «Juste pour rire est un des trois événements les plus porteurs au Québec sur le plan international».

Dans une entrevue téléphonique, son attaché de presse, Patrick Soucy, a rappelé qu'un événement n'est admissible au Programme d'aide financière aux festivals et événements qu'à sa troisième année d'existence.

«Mais comme la ministre a dit, avant de se prononcer davantage, elle veut prendre le temps d'analyser tout ça», a-t-il conclu.