Les artistes du Cirque du Soleil évoluent dans un décor à mi-chemin entre une forêt mystérieuse et un terrain de jeu de fond de cour de banlieue.

Joyeux Calvaire – Hommage aux Cowboys Fringants: entre folie, nostalgie et énergie

TROIS-RIVIÈRES — À moins de 48 heures de la première de Joyeux Calvaire – Hommage aux Cowboys Fringants à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières, le Cirque du Soleil a offert un petit avant-goût de sa nouvelle création aux médias et à quelques invités, lundi soir. Un avant-goût qui avait finalement de quoi donner l’eau à la bouche pour découvrir la totalité du spectacle, dont les premières notes résonneront devant public mercredi soir.

Pour ce court extrait, c’est à la pièce titre qu’on a convié les médias. Un seul petit numéro qui a tout de même permis de se laisser emporter l’espace de quelques minutes par cet univers qui est dépeint depuis plusieurs semaines en mots, mais que l’on peut enfin découvrir en images et en mouvements.

L’histoire de Joyeux Calvaire, rappelons-le, campe le personnage d’une adolescente de banlieue s’évadant de son quotidien à travers la musique du mythique groupe québécois. À travers les différentes œuvres, elle se met à survoler sa banlieue endormie et s’amuse à rêver la vie des gens qui l’habitent. Un mariage entre folie, nostalgie et énergie, aux couleurs automnales qu’inspire l’œuvre des Cowboys Fringants.

C’est du moins ce qu’on nous promettait, et c’est ce à quoi on nous a convié lundi soir. Le numéro n’a pas encore complètement pris place que déjà, on découvre cet univers à mi-chemin entre une forêt mystérieuse peuplée d’arbres dont l’écorce rappelle étrangement des retailles de journaux, et un terrain de jeu de fond de cour de banlieue.

À gauche, cette balançoire et ce pneu accroché à la branche d’arbre, clin d’œil évident à la fille du metteur en scène Jean-Guy Legault, qui a au départ inspiré toute cette folie. C’est en l’observant assise seule dans sa balançoire, la musique des Cowboys Fringants dans les oreilles, que Jean-Guy Legault a compris à quel point ce groupe avait réussi à parler à tant de jeunes depuis ses débuts, de par des mélodies accrocheuses mais également des textes profonds et forts qui ont toujours trouvé sens dans l’oreille de leur public.

Le Cirque du Soleil offre encore des numéros qui forcent les spectateurs à retenir leur souffle.

Joyeux Calvaire se met alors en place, au détour d’un léger changement de décor où la pièce centrale faite de bois pivote, pour laisser deviner une forme d’entrée de saloon d’où sortent deux cowboys qui déambulent sur les premières notes à la fois country et rock de cette chanson.

Les notes travaillées et remixées par le directeur musical Jean-Phi Goncalves ont visiblement trouvé leur demeure à l’Amphithéâtre Cogeco. Elles habitent complètement cet espace, que Goncalves connaît visiblement par cœur et sur le bout de ses doigts depuis toutes ces années. Encore une fois, on comprend rapidement que la musique, à travers tous les numéros qui pourront y être présentés, deviendra à elle-seule l’une des principales vedettes, sinon le clou, de ce spectacle.

Le numéro enchaîne à la barre russe, avec ces cowboys qui prendront un soin précieux de leur muse, dont les acrobaties nous forcent à retenir notre souffle à chaque saut. Elle intègrera également le cerceau à cette discipline, toujours pour complexifier davantage et en mettre plein la vue au spectateur.

Un pivot, un autre et elle se retrouve face au public, donnant un autre point de vue sur cette discipline qu’on a traditionnellement l’habitude d’observer de profil. Une idée qui marche, la précision du mouvement se faisant voir sous un autre jour.

Le numéro se termine et il est déjà l’heure de quitter. On a une certaine envie de se traîner les pattes, de faire semblant de chercher quelque chose dans notre sac, histoire de pouvoir assister à deux ou trois petites minutes de plus de cette répétition générale qui continuera, mais loin du regard des caméras et des journalistes. Et comme l’heure tourne et que le texte doit s’écrire, on obéit à la consigne… en attendant patiemment mercredi soir pour découvrir l’ensemble de l’œuvre.

Le spectacle, qui devait à l’origine prendre l’affiche pour 20 soirs à Trois-Rivières, a connu un tel succès en billetterie que déjà trois représentations supplémentaires ont été ajoutées au calendrier. Jamais un spectacle du Cirque du Soleil n’avait atteint trois supplémentaires depuis le début de la série Hommages, à l’été 2015.

La grande première de Joyeux Calvaire sera présentée mercredi soir, et déjà la soirée affichait pratiquement complet lundi soir. Selon le site Internet de l’Amphithéâtre Cogeco, à peine quelques billets par ci par là étaient encore disponibles pour le soir de la première. D’autres soirées, comme le samedi 20 juillet, affichent complet, ou alors ne proposent que quatre ou cinq billets éparpillés dans la salle. Les soirées de supplémentaires ainsi que les mercredis offrent encore des places intéressantes pour ceux qui n’en auraient pas encore réservé.