Mercredi soir, les quatre gars de Qw4rtz ont organisé un beau party de fête autant pour la ville de Trois-Rivières, dont on taira l’âge par politesse, que pour le FestiVoix qui lui, est dans la fleur de l’âge.

Joyeux anniversaire

TROIS-RIVIÈRES — Au FestiVoix mercredi soir, on fêtait l’anniversaire de la fondation de Trois-Rivières, la cité de Bochard, et le 25e du festival. Ça tombait bien parce que c’était la plus belle soirée de toute l’histoire des étés.

Soyons honnêtes: on a senti une certaine réticence du public en début de programmation. À commencer par la scène des Voix acoustiques, moins achalandée que pour ses premières soirées à 17 h. Vous me direz: c’est la canicule mais je répondrai que justement, Pépé, sa guitare et son complice à la batterie ont offert un des spectacles les plus rafraîchissants de la programmation de l’événement. L’irrévérencieux était en pleine forme et il a sué bière et eau pour donner le meilleur de lui-même. Ses multiples épongeages ne suffisant pas, il a fini par enlever sa chemise pour poursuivre torse nu sous le soleil brûlant. Du courage, du courage et encore du courage. Sans compter beaucoup de talent derrière son manque de prétention. On aime Pépé et on le veut de retour à chaque année.

Sur la scène des Voix multiples dont les légendaires problèmes de congestion meublent les bulletins de nouvelles à travers le monde, revirement de situation stupéfiant: pas la moindre file digne de ce nom à l’entrée du site à 18 h 45, l’heure catastrophique. Au début du spectacle de Marie-Élaine Thibert, c’était plein aux deux tiers. Madame Thibert a dû s’avouer vaincue devant la canicule et son premier trio composé de piscine au centre avec air climatisé à droite et grosse molle à la vanille enrobée de chocolat à gauche.

Notez, je dis ça et c’est peut-être quelque chose comme 2500 personnes qui ont assisté au spectacle de Mme Thibert ce qui est plus que respectable. L’interprète a de toute évidence apprécié et elle a chanté avec toute la ferveur qu’on lui connaît son hommage à Piaf entremêlé de ses propres succès. Elle avait beau n’être accompagnée que par une pianiste et un batteur, elle a amplement compensé par une puissance vocale qui, par moment, donnait l’impression que le micro était de trop dans le décor. Assez phénoménal. Bon, c’est vrai que par moments, c’était un petit peu au détriment de la justesse mais bon Dieu, qui est parfait, hein?

Et puis elle est gentille, Marie-Élaine Thibert. Il s’agissait de son premier festival de la saison et elle s’est fourvoyée dans les paroles de deux ou trois chansons. Elle n’a rien dissimulé et on lui a tout pardonné. Elle a même dû interrompre le classique parmi les classiques Non, je ne regrette rien pour quelques petits vers sautés et ça a passé comme du beurre dans la poêle. Il n’y a que la scène du couvent des Ursulines pour permettre pareille complicité avec un public aussi indulgent.

En cette soirée de fête, le public se réservait manifestement pour le grand spectacle Spécial 25e de QW4RTZ, le seul groupe dont le nom est tiré d’une plaque d’immatriculation de voiture. La foule était très importante et les Trifluviens ont joué la carte de l’humilité en nous faisant comprendre qu’ils capotaient de se retrouver, après plus d’une décennie de participation au FestiVoix, sur la grande scène. On a fait semblant de les croire mais on sait tous que c’est désormais là leur place légitime. Hey: on suit votre carrière, les gars.

Le groupe a rendu un hommage particulièrement juste au FestiVoix en offrant un spectacle entièrement consacré à la voix, justement. Pas un seul instrument de musique, que des invités: l’indémodable Breen Leboeuf, venu faire revivre son copain Gerry et le bon temps d’Offenbach, le groupe Trois-Quatre avec notamment dans ses rangs le député fédéral de Trois-Rivières Robert Aubin, Alex Désilets, Karim Ouellet, les chorales de l’école Val-Marie et de la Maîtrise du Cap et d’autres.

Il n’y aurait pas eu de texte dans le journal ce matin si je n’avais quitté, à regret, au beau milieu de ce joyeux party vocal et, pire, pendant l’interprétation de Bohemian Rhapsody de Queen. Il faut être dévoué à ses lecteurs pas pour rire.

Sachez que si vous avez préféré la piscine, les quatre garçons nous ont très bien reçus et vous avez manqué un beau party d’anniversaire. Trois-Rivières est vieille, le FestiVoix est jeune et la voix est éternelle.