Les porte-paroles officiels de l’événement étaient de passage à Trois-Rivières le 19 septembre dernier pour annoncer la programmation des Journées de la culture qui se tiendront les 28, 29 et 30 septembre. Autour d’une courtepointe qui sera exposée avec de nombreuses autres dans la chapelle du séminaire St-Joseph de Trois-Rivières, on retrouve, de haut en bas: Louise Sicuro, directrice générale de Culture pour tous, Émilie Bibeau et Laurent Paquin.

Journées de la culture: un contact avec ce que nous sommes

TROIS-RIVIÈRES — Le dernier vendredi du mois de septembre est devenu synonyme de culture au Québec puisque depuis 22 ans, puisque c’est le moment où débutent les Journées de la culture. Cette année ne fait pas exception et l’événement de 2018 sera présenté du 28 au 30 septembre sous le thème, tout simple, des mots.

Les Journées de la culture sont familières à la plupart des gens mais cela ne veut pas dire que leur présentation n’est plus essentielle, bien au contraire. Le rapprochement du grand public de la culture mais surtout, la sensibilisation de celui-ci demeure un travail de fond qui doit non seulement continuer à se faire mais qui est peut-être plus important que jamais. C’est l’impression qu’a Louise Sicuro, directrice générale de Culture pour tous, l’organisme sans but lucratif qui chapeaute l’événement à travers le Québec et, désormais, le Canada.


« Pour la plupart d’entre nous, la culture est quelque chose d’extérieur à nous, qu’on fait quand on en a le temps. Pourtant, la culture traverse nos vies de part en part, 24 heures sur 24.  »
Louise Sicuro

«Pourquoi la culture est-elle essentielle? C’est encore un sujet que nous devons ramener dans le débat public, soutient-elle. C’est d’autant plus important qu’on constate que dans la campagne électorale actuelle, il s’agit d’un sujet qui est pratiquement complètement occulté alors qu’il est au coeur de la vie de tous et chacun. Je pense que le sujet touche tellement les gens que les politiciens craignent, en abordant le sujet, de susciter des réactions négatives qui pourraient leur faire perdre des votes. C’est un terrain glissant en politique.»

Pour comprendre son point de vue, il faut bien savoir que sa définition de la culture est très large. Pour elle, la culture est une constituante essentielle de tout être humain. C’est la langue que nous avons apprise et que nous parlons, la nature des interactions que nous avons avec nos semblables, l’héritage immatériel de nos parents, notre environnement, nos goûts, notre personnalité, etc. «Ce n’est pas simplement le fait d’assister à des spectacles ou des expositions, c’est bien plus vaste que ça. Pour la plupart d’entre nous, la culture est quelque chose d’extérieur à nous, qu’on fait quand on en a le temps. Pourtant, la culture traverse nos vies de part en part, 24 heures sur 24, et ce n’est pas une activité à laquelle nous nous adonnons mais c’est une dimension de ce que nous sommes. C’est carrément le socle sur lequel chaque individu se développe.»

«J’aimerais vraiment qu’on arrive à pousser cette idée et qu’elle soit bien transmise notamment par les enseignants dans nos écoles parce que j’estime qu’il y a toujours une incompréhension de ce qu’est, foncièrement, la culture. Il faut que les gens cessent de penser que ça se limite aux arts.»

Dès lors que cette notion est bien saisie, l’aspect essentiel de la protection et du développement de la culture devient une évidence qui s’impose. Le travail des artistes, tout aussi primordial, est une façon de marquer spécifiquement son identité et concerne le sens que chacun donne à sa vie. C’est pourquoi le contact avec les artistes est si important et les Journées de la culture, si indispensables. «C’est une démarche de sensibilisation par l’action», résume Louise Sicuro.

L’événement de cette année, étendu sur trois jours, implique plus de 3000 activités, toutes gratuites, à travers le Québec et dans chacune de ses régions. Des activités ouvertes au grand public au cours desquelles on propose non seulement aux visiteurs d’être témoins mais aussi, et peut-être surtout, de rencontrer les créateurs et de discuter de la nature de leur travail.

L’éducation étant, par définition, à la base de la démarche de sensibilisation, c’est un des lieux que Culture pour tous a ciblé dans l’implantation de projets. Cette année, on a repris l’idée de demander à un artiste de créer une chanson qui sera interprétée par les écoliers québécois. Pas moins de 1200 écoles y participent dont une quarantaine en Mauricie et toutes chanteront Le monde est à nous, la création d’Alex Nevsky, le 29 septembre. Au niveau secondaire, on privilégiera des activités faisant appel aux réseaux sociaux si chers à cette clientèle en compagnie du romancier et comédien Simon Boulerice.

Il serait bien entendu beaucoup trop long de faire la nomenclature des nombreuses activités offertes en Mauricie dans le cadre des Journées de la culture mais on peut consulter la programmation sur le site www.journeesdelaculture.qc.ca.