Jason Luckerhoff

Journalisme culturel: Trois-Rivières est privilégiée

TROIS-RIVIÈRES — Une équipe de professeurs et étudiants gradués de l’UQTR viennent de publier les résultats d’une étude portant sur le journalisme culturel au Québec et on y apprend que Trois-Rivières est la troisième ville où les médias écrits parlent le plus d’actualité culturelle après Montréal et Québec.

Pour cette étude, Jason Luckerhoff, professeur titulaire en communication et culture à l’UQTR a travaillé avec Marie-Claude Lapointe, professeure au département d’études en loisir, culture et tourisme à l’UQTR, Virginie Soulier, ancienne post-doctorante en communication sociale à l’UQTR et désormais maître de conférences à l’Université de Perpignan et Olivier Champagne-Poirier, doctorant en communication sociale à l’UQTR.

L’étude, qui sera publiée le mois prochain dans un numéro des Cahiers du journalisme dans le cadre d’un numéro portant sur le journalisme culturel, a porté sur plus de 25 000 articles publiés en 2008 dans les seize quotidiens québécois suivants: Le Soleil, le Journal de Montréal, le Journal de Québec, le Globe and Mail, Le Devoir, The Gazette, Le Droit, Le Nouvelliste, La Presse, La Voix de l’Est, 24 heures, Média Matin Québec, Le Quotidien, The Record, La Tribune et Métro.

Il en ressort que les cinq journaux ayant publié le plus d’articles de culture sont, dans l’ordre, Le Soleil (2132 articles), La Presse (1820 articles), Le Devoir (1662 articles), le Journal de Québec (1550 articles) et le Journal de Montréal (1100 articles). À eux cinq, ils ont publié 68,1 % des articles du corpus de l’étude. Hors de Québec et Montréal, avec 610 articles publiés dans Le Nouvelliste, Trois-Rivières est la ville où il s’est publié le plus d’articles traitant de la culture (5 % de l’ensemble).

Pour ce qui est des domaines dont on parle, les chiffres indiquent que globalement, ce sont les arts de la scène dont on parle le plus (23,1 % des articles) devant la radio et la télévision (21,9 %), le cinéma et l’audiovisuel (17,7 %) puis le patrimoine, institutions muséales et archives avec une proportion de 14,7 %. Suivent les livres à 7,0 %, les arts visuels, métiers d’art et arts médiatiques à 5,4 %, les périodiques à 3,9 %, enregistrements sonores à 2,6 %, bibliothèques à 2,1 %, architecture et design à 1,3 % et multimédias à 0,4 %.

C’est en avril qu’on a publié le plus grand nombre d’articles traitant de culture (12,0 % de l’ensemble) et en décembre qu’on en a publié le moins (4, 5%). Par ailleurs, c’est le samedi qu’on retrouve le plus d’articles à saveur culturelle ce qui peut s’expliquer par le fait que la plupart des quotidiens québécois diffusent des cahiers culturels le samedi.

Selon Jason Luckerhoff, ces données prennent davantage de valeur quand on les met en relation avec d’autres études déjà réalisées ou à venir portant notamment sur l’impact des médias, ce qui peut permettre de mieux cerner l’influence que cette couverture a sur la participation aux manifestations culturelles. «Il reste que de cette seule étude, on peut conclure que le milieu culturel trifluvien est privilégié par la couverture journalistique qui en est faite. C’est normal que Montréal et Québec dominent avec les nombreuses et importantes institutions culturelles sur leur territoire qui font que c’est là que va la plus grande partie des subventions à la culture. Mais de savoir que c’est ici que la couverture est la plus importante en régions, c’est intéressant et je ne suis pas convaincu que le milieu culturel le savait.»

«À la lumière d’autres études, on sait que l’impact des articles publiés est majeur pour faire connaître les événements, de poursuivre le professeur. Non seulement à titre d’information mais aussi pour son intérêt. Les gens se disent que si l’événement mérite qu’on en parle dans les médias c’est qu’il est intéressant. Les médias contribuent ainsi largement à la vitalité du milieu culturel et c’est plus vrai ici que dans les autres régions comparables.»

«C’est dire aussi que les artistes ou événements ont un accès beaucoup plus facile aux médias qu’ailleurs, incluant Montréal où, à cause du nombre d’intervenants, on a une couverture proportionnellement moins importante. On peut dire que Trois-Rivières est la ville où les acteurs culturels ont le plus grand retentissement auprès des médias.»

Selon lui, les huit années qui nous séparent de la période d’étude n’ont probablement pas tellement changé le portrait. «Même si les médias écrits sont en bouleversement, leur intérêt pour les différents sujets n’a probablement pas changé essentiellement. Que les textes soient publiés sur une version papier ou d’autres plates-formes ne fait probablement pas une différence majeure puisqu’on peut penser que les médias travaillent de la même façon.»