Avec sa guitare flamenco et sa musique du monde, Jesse Cook promet de faire vivre de belles émotions aux spectateurs qui assisteront à son spectacle du lundi 8 avril, à 20 h, à la salle Thompson.

Jesse Cook: le monde dans sa guitare

Trois-Rivières — C’est à un coup de printemps que sera convié le public trifluvien le lundi 8 avril, 20 h, à la salle Thompson alors qu’elle accueillera le guitariste Jesse Cook le temps d’un spectacle.

Le Torontois n’en sera pas à sa première visite à Trois-Rivières mais lui et ses quatre musiciens se font toujours une fête de venir au Québec. «Mon tout premier spectacle à Montréal s’est fait dans le cadre du Festival de jazz en 1996, si je me souviens bien, relate-t-il. On jouait dans un tout petit club. Le premier soir, il y avait plusieurs places libres. Le lendemain, on a rempli et le troisième soir ainsi que les suivants, il y a eu une file à la porte. Ça a toujours bien marché au Québec depuis ce moment.»

«Nous adorons les concerts au Québec parce que le public y est particulièrement généreux. Les gens aiment perdre la tête, ils n’hésitent pas à se mettre à danser ou même chanter pendant le spectacle et pour nous, sur la scène, c’est fantastique.»

Peut-être convient-il ici de définir un peu la musique de Jesse Cook pour ceux qui ne le connaissent pas. «C’est un mélange de différentes formes de musique du monde, analyse-t-il. On retrouve du flamenco, du jazz mais aussi de la musique arabe, persane et beaucoup de rythmes latins tout en intégrant des éléments de musique pop. Les critiques m’associent souvent au new flamenco mais je ne cherche pas à élaborer un style musical, je cherche simplement à faire une musique qui fait se dresser les cheveux à la base de la nuque», de rigoler le virtuose dans un très bon français, héritage des quatre premières années de sa vie passées en France.

C’est aussi de là-bas qu’il tient son héritage musical métissé. «Mon père a habité à Arles dans le sud de la France alors que j’étais jeune adolescent et lors de vacances passées là-bas, j’aimais écouter les musiciens de rue gitans et arabes qu’on y retrouvait. J’ai été formé en guitare classique et en jazz mais le flamenco est entré dans ma vie de cette façon et il l’a changée.»

Son apprentissage musical s’est poursuivi dans quelques prestigieuses écoles dont le Berklee College of Music, à Boston où il a non seulement pu perfectionner son apprentissage en jazz mais où il a aussi beaucoup appris de la composition. «À mon retour à Toronto, j’ai côtoyé des musiciens en provenance du Brésil, de Cuba ou de l’Inde qui ont tous apporté quelque chose à ma musique.»

Son dernier album, dixième dans sa fructueuse carrière, s’intitule Beyond Borders, titre qui reflète la nature de sa musique mais qui est quasiment une prise de position politique. «C’est juste, convient-il. Nous habitons dans un monde très divisé présentement et je ne veux pas représenter ça en tant qu’artiste. Ma musique reflète ce qui est bon dans le monde. Je sais que c’est un cliché mais la musique est vraiment une langue universelle. J’ai séjourné dans de nombreux pays comme la Chine, la Colombie ou l’Égypte où j’ai rencontré des musiciens ne parlant ni anglais ni français alors que je ne parlais pas leur langue. Pourtant, nous avons très bien communiqué en jouant. La musique que je compose aujourd’hui est aussi une façon de montrer que toutes les musiques du monde peuvent cohabiter, s’amalgamer harmonieusement dans le plaisir.»

Lors du spectacle trifluvien, Cook explorera évidemment son dernier album mais se promènera aussi dans son vaste répertoire. «Après dix albums, je n’ai pas tellement le choix: les gens ont envie d’entendre des chansons connues de mes différents albums et on se promène dans ce grand jardin. Il y a évidemment de l’improvisation, puisque notre musique est influencée par le jazz. Je joue avec les mêmes musiciens depuis si longtemps, 19 ans dans le cas du violoniste Chris Church, qu’on se connaît par coeur. Je peux m’aventurer n’importe où et les autres me suivent instinctivement.»

«On a atteint un niveau de jeu qui me plaît beaucoup. Nous avons enregistré un spécial pour le réseau de télévision PBS dernièrement et c’est moi qui en ai fait le montage comme je l’avais déjà fait dans le passé pour d’autres émissions. Nous étions tellement précis dans nos pièces, que le montage a été super facile. Après avoir fait une tournée mondiale en 2018, notre musique est vraiment à un super bon niveau.»

Ça promet quelques cheveux dressés à l’arrière de la nuque.