Le nouveau chef de l'OSTR, Jean-Claude Picard.

Jean-Claude Picard est le nouveau chef de l’OSTR

Trois-Rivières — L’Orchestre symphonique de Trois-Rivières a un nouveau directeur artistique et chef attitré: il s’agit de Jean-Claude Picard. Le Québécois de 37 ans, ce qui en fait le plus jeune dans l’histoire de l’orchestre, a été retenu au terme d’un processus de sélection de plusieurs mois. Il a signé une entente de quatre ans.

Maestro Picard est originaire de Laval où il a fait son apprentissage musical comme flûtiste mais également au sein des Petits Chanteurs de Laval sous la direction de Gregory Charles. Il a fait des études au Conservatoire de musique de Montréal avant de quitter pour Genève pour parfaire sa formation de flûtiste tout en caressant le rêve de devenir chef. C’est d’ailleurs au Conservatoire supérieur de cette ville qu’il a obtenu son diplôme en direction avant de poursuivre une carrière dès 2007.

Au Canada, il a notamment dirigé les orchestres symphoniques de Montréal, de Québec, de la Nouvelle-Écosse, de Victoria ou du Centre national des arts d’Ottawa. Il a cependant surtout travaillé en Europe où il a occupé les postes de chef assistant puis associé du Royal Scottish National Orchestra en plus de diriger le Scottish Ballet. Il a également été au pupitre pour des concerts du City of Birmingham Symphony Orchestra, du Zürich Tonhalle Orchestra, du Geneva Chamber Orchestra, du Porto Symphony Orchestra Casa da Música, du Leipzig Symphony, du Pärnau City Orchestra et du Red Note Ensemble.

L’OSTR est son premier orchestre en tant que directeur artistique et chef attitré. Il en devient ainsi le troisième après Gilles Bellemare (1978-2005) et Jacques Lacombe (2006-2018).

On dit de lui qu’il est reconnu pour sa direction expressive et chaleureuse ainsi que pour le climat de collaboration qu’il sait instaurer avec ses musiciens. Or, il semble que c’est un des aspects qui a pesé lourd dans son choix par le comité de sélection. «Son charme a fait un très grand effet sur l’orchestre, a notamment indiqué la directrice générale de l’OSTR Natalie Rousseau dans sa présentation du nouveau chef. La clarté de sa direction, son lyrisme, sa musicalité, sa flexibilité et son adaptabilité n’ont pas manqué d’ensorceler la grande majorité des musiciens et aussi de surprendre les membres du comité de sélection.»

La directrice a notamment mentionné qu’à la suite de la répétition que les deux derniers candidats en lice ont eue avec l’orchestre trifluvien le 30 janvier dernier, des questionnaires d’évaluation ont été distribués aux musiciens et au chapitre des commentaires, on aurait vu quelques dessins de cœurs sur les copies et même un commentaire disant: «C’est notre chef!»

Le chef invité de novembre dernier à l’OSTR Adam Johnson faisait également partie des derniers candidats sur la liste du comité de sélection au même titre que Jean-Marie Zeitouni qui a été l’autre chef à atteindre le stade ultime de la répétition avec l’orchestre parmi la douzaine de candidats initiaux.

Pour sa part, Jean-Claude Picard, revenu vivre au Québec il y a deux ans tout en poursuivant sa carrière internationale, a beaucoup vanté la qualité de l’orchestre trifluvien. «Mon premier contact avec l’OSTR a été il y a deux ans quand j’étais venu entendre sa version de L’oiseau de feu, de Stravinsky, a-t-il raconté. J’étais tombé en bas de mon siège! La qualité du jeu, la sensibilité, la flexibilité des musiciens mais surtout, la précision des cordes m’avait ébloui. J’ai immédiatement pensé à l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig, en Allemagne. J’ai entendu beaucoup d’orchestres en Europe et en Amérique et je peux vous assurer qu’on a ici un joyau dont on doit être fiers. La qualité des musiciens et des musiciennes de l’OSTR est exceptionnelle. C’est un orchestre superbe, magnifique et c’est un véritable honneur pour moi que de succéder à Maestro Lacombe.»

«Lors de la répétition, j’ai immédiatement senti la cohésion artistique au point où à un certain moment, je ne sentais plus le besoin de parler tellement les choses se faisaient naturellement. J’ai aussi beaucoup aimé le son de l’orchestre: on reconnaît tout le travail que Jacques Lacombe a accompli. J’ai été particulièrement impressionné par la spontanéité, la réactivité et la sensibilité des musiciens. Cette rencontre a vraiment été un beau moment pour moi.» La directrice générale a complété en disant que lors de la répétition, «... on a entendu l’OSTR comme on l’a rarement entendu.»

Jean-Claude Picard entre en fonction immédiatement pour préparer la programmation de la saison 2019-2020 qu’on dévoilera en mai prochain. Il affirme avec une excitation non contenue qu’il a commencé à y travailler et que les idées ne manquent pas. Par ailleurs, il a aussi indiqué qu’il tient à prendre le temps de connaître les musiciens mais aussi le public trifluvien avant de préciser l’orientation qu’il veut donner à l’orchestre. «C’est très important pour un chef d’être un bon ambassadeur pour l’orchestre au sein du public. C’est aussi une responsabilité que j’ai très à cœur. Je vais prendre le pouls des musiciens et de la communauté au cours des trois prochains mois pour élaborer une vision musicale précise. J’ai ma sensibilité personnelle mais la musique est un discours qu’il m’importe de rendre cohérent et clair pour le public. Cela dit, je suis particulièrement attaché au son et je vais travailler à créer un son chaleureux.»