Méconnaissable sous son déguisement, l’humoriste Dominic Paquet discute avec le producteur au contenu, le Nicolétain Jean-Claude Gélinas, au cours du tournage de la deuxième saison de l’émission Mets-y le paquet qui sera présentée les lundis, 19 h 30, à V à partir du 28 janvier.

Jean-Claude Gélinas: l’homme qui guide le personnage

Trois-Rivières — Le Nicolétain Jean-Claude Gélinas est bien connu pour son travail à la radio de même que sur scène, souvent par son personnage fétiche de Réjean de Terrebonne. Ce qu’on sait moins, c’est que l’humoriste est également impliqué dans des projets à la télévision mais derrière la caméra. Il est, par exemple, au cœur du succès de la série Mets-y le paquet à V télé qui met en vedette Dominic Paquet.

Gélinas occupe le poste de producteur au contenu ce qui signifie qu’il est l’auteur de tous les sketches qui sont proposés à Dominic Paquet. Bien sûr, le concept laisse une place importante à l’improvisation puisque l’humoriste, déguisé et sous une identité d’emprunt, est filmé en interaction avec du public au moyen de caméras cachées. À leur insu, il les entraîne dans des situations le plus souvent absurdes.

Ce qu’on ne peut voir à l’écran, c’est que Jean-Claude Gélinas est toujours mis à contribution au moment du tournage puisqu’il est dissimulé dans un camion de production d’où il dirige Dominic Paquet qui est muni d’un écouteur dans l’oreille. «Je suis un peu dans sa tête, soumet Gélinas comme image pour illustrer son rôle. Je l’alimente. Au départ, c’est moi qui élabore les scénarios mais une bonne partie du sketch se joue au moment du tournage puisqu’on aborde des inconnus et qu’on ne sait pas quelle sera leur réaction. Je dirais qu’il y a un bon 30 % du contenu qui est improvisé en fonction des réactions du public.»

Mets-y le paquet reviendra à l’écran le 28 janvier après une première saison fructueuse puisque cette production du Groupe Entourage, dirigé par le Trifluvien Éric Young, s’est retrouvée parmi les trois émissions les plus écoutées sur V.

«J’ai passé tout l’été dernier sur le tournage de cette deuxième saison: c’était beaucoup de travail compte tenu que je poursuivais ma tournée de spectacles sur scène mais je suis très content du résultat. C’est devenu plus difficile du fait qu’un nombre grandissant de victimes reconnaissent Dominic. Ça nous oblige à reprendre des gags. Il doit désormais se faire maquiller davantage et comme on travaille avec des caméras cachées, l’émission exige beaucoup de montage, de temps de préparation, de direction de l’équipe, etc. Dans cette nouvelle saison, on va vraiment plus loin dans nos scénarios.»

«Ce n’est pas dans la personnalité de Dominic de jouer un rôle d’irritant pour les gens mais il y a pris goût et il est plus audacieux cette saison. Ça fait vraiment de la bonne télé humoristique. Dominic est tellement drôle.»

On devine qu’il ne doit pas être simple de faire de la télé sans filet en caméra directe. «Il y a évidemment le fait qu’il est parfois reconnu, convient Gélinas, mais je dirais que parfois, la situation évolue de façon tellement absurde que les gens décrochent. En même temps, c’est incroyable de voir jusqu’où on peut aller dans l’invraisemblance d’une situation quand c’est bien fait. Ça prend des proportions quasiment irréelles.»

Quand on connaît le moindrement le parcours de Jean-Claude Gélinas, on ne s’étonne pas qu’il ait été choisi pour ce rôle puisque les interactions improvisées avec le public sont presque une seconde nature chez lui; il l’a énormément fait à la radio, notamment. «Les gens reconnaissent facilement le style de Dominic dans les sketches mais ceux qui me connaissent me disent qu’ils reconnaissent ma touche dans la façon de jouer des tours aux gens. Je le fais encore dans des capsules radiophoniques et j’ai encore énormément de plaisir à le faire et je suis encore inspiré. Quand je ne le serai plus, je ne m’accrocherai pas inutilement à mon boulot mais je ne suis pas rendu là. J’imagine que je ne m’assagirai jamais.»

Il ne nie d’ailleurs pas reprendre certains trucs déjà expérimentés à l’occasion mais leur nouvelle efficacité tient à ce qu’il pousse le gag plus loin ou qu’il l’amène d’un angle différent. «L’avantage de travailler avec un autre humoriste, c’est que je peux exploiter des idées que moi, je n’ai pas pu faire. Je développe les idées en fonction de lui, de son talent d’acteur et souvent, ce sont des choses que je n’aurais pas su faire moi-même. Je pense notamment à un sketch où il joue un vendeur de voitures: c’est incroyable tous les clichés qu’il a trouvés pour nourrir le personnage. Il est extrêmement créatif.»

À l’aube de la deuxième saison, l’optimisme est de rigueur d’autant que l’émission sera présentée les lundis dans une nouvelle case horaire, soit 19 h 30, une heure de plus grande écoute.