Voici une rare image du compositeur et musicien Jean Chatillon prise dans les années 80.

Jean Chatillon s’est éteint

Trois-Rivières — C’est avec regret qu’on a appris jeudi le décès du compositeur nicolétain Jean Chatillon à l’âge de 81 ans. Le musicien s’est éteint dans son sommeil à la Résidence du Faubourg de Nicolet où il habitait depuis deux ans.

Bien connu comme musicien dans sa jeunesse, il a commencé à composer à l’âge de treize ans.

«Au cours de son adolescence, il était avantageusement connu dans la région comme musicien et compositeur, d’indiquer son frère, l’écrivain et musicien Pierre Chatillon. Je me souviens même qu’à l’âge de 18 ans, un prêtre du Séminaire de Nicolet avait organisé un grand concert consacré exclusivement aux œuvres de Jean avec un pianiste montréalais. Il était alors considéré comme une sorte de phénomène.»

Un de ses grands faits d’armes aura été de fonder le département de musique de l’UQTR en 1970. Il l’a dirigé et y a enseigné pendant quelques années avant de quitter son poste. Par la suite, il a vécu discrètement à Nicolet tout en continuant de composer.

«Il a laissé quelque chose comme 700 œuvres derrière lui sans compter de nombreuses autres qui ne sont pas répertoriées et qu’il conservait chez lui, de poursuivre son frère. Il est demeuré relativement méconnu parce qu’il vivait isolé mais je considère que son œuvre mérite d’être redécouverte. Il fait partie des grands compositeurs québécois. La musique, c’était sa vie.»

Plusieurs de ses œuvres ont été jouées à l’étranger. D’ailleurs, un quatuor à cordes de Budapest est toujours dans l’attente d’une pièce que le compositeur avait entreprise mais qui restera malheureusement inachevée. Le guitariste Sébastien Deshaies était un des rares musiciens à être demeuré en contact avec Jean Chatillon dont il a diffusé des œuvres.

«Je l’ai connu alors que j’étais moi-même dans la vingtaine chez Thérèse Hart qui organisait des concerts chez elle. Nous avons collaboré: j’ai arrangé quelques-unes de ses pièces pour la guitare. Sa musique me plaît beaucoup et je me suis fait un devoir d’en présenter pour le faire connaître davantage. Il y a un côté mélancolique et une belle intériorité à ses compositions qui demeurent très mélodiques et accessibles. Il avait aussi une affection pour la musique folklorique ce qui est un point que nous avions en commun.»

Lors de la prestigieuse visite du guitariste italien de réputation internationale Marcos Vinicius en 2012 pour une tournée provinciale, Sébastien Deshaies avait inclus dans leur répertoire commun une pièce de Jean Chatillon, Valse pour l’échappée belle.

«Il a été joué à l’étranger, notamment par un pianiste argentin dont j’oublie le nom, mais peu ici, malheureusement. Il était heureux que je diffuse sa musique à la guitare même s’il n’a jamais écrit pour cet instrument. Il a notamment écrit pour plusieurs types d’ensembles de même que pour l’orgue. Je sais que l’Orchestre symphonique de Drummondville lui a rendu hommage il y a quelques années.»