L’artiste trifluvien Jean Beaulieu aura désormais une boutique pour vendre ses créations dont une partie portera l’image de Trois-Rivières histoire d’attirer la clientèle touristique. La boutique portera le nom de À la carte.

Jean Beaulieu aura pignon sur rue

TROIS-RIVIÈRES — Il fallait bien s’attendre à ce que l’artiste trifluvien Jean Beaulieu refasse parler de lui. Plutôt discret depuis quelques années après avoir mené ses projets de création artistique et d’aide aux jeunes de la rue à une attention nationale, il revient avec un nouveau concept qui va joindre son sens des affaires à sa créativité tout en aidant à la promotion de l’image de Trois-Rivières. Il ouvrira dès jeudi 17 h la boutique À la carte sur la rue Notre-Dame au centre-ville trifluvien.

Déjà pleinement investi dans la création de cartes de souhaits de son cru, il en était arrivé au point où il devait trouver un nouveau local pour en assurer la production en hausse constante de ses cartes dont le dessin est taillé dans le carton noir sur fond blanc. Pourquoi ne pas en profiter pour combler une lacune par la même occasion? Non seulement a-t-il pensé à créer des cartes avec des motifs représentant Trois-Rivières pouvant faire la joie des touristes, mais il s’est dit qu’il pourrait aller plus loin et installer une boutique au centre-ville pour les vendre. Et pourquoi ne pas vendre également toutes sortes de souvenirs à l’effigie de la ville aux visiteurs dont on ne cesse de nous dire qu’ils sont de plus en plus nombreux à Trois-Rivières?

Cette lacune est désormais comblée, et de belle façon. La boutique aura pignon sur rue au 1500 Notre-Dame, suite 10, de biais avec le bureau d’information touristique. L’atelier-boutique porte la signature de Jean Beaulieu à plusieurs égards. Non seulement tous les produits (cartes, t-shirts, casquettes, verres, sous-verres, etc.) sont ornés de dessins qu’il a conçus, mais il a aussi choisi matériaux et techniques de fabrication pour offrir des produits de qualité tout en arrivant à garder les articles à prix concurrentiels. Par ailleurs, on s’y sent bien loin des boutiques de souvenirs à rabais grâce à un design étudié pour le décor.

Il reste que c’est sa production de cartes de souhaits qui demeure son activité de base. «J’étais dans mon atelier à la maison et je travaillais sur des vitraux que je produisais en très petites quantités. Je gagnais ma vie, mais je me suis demandé si j’allais faire ça toute ma vie. En passant à une production de cartes et en le faisant avec une machine au laser, on pouvait passer à une production importante qui allait me permettre de faire beaucoup de reproductions de plus nombreux modèles pour passer à un tout autre niveau de productivité. Je me suis associé avec Bruno Saint-Onge, ancien propriétaire d’Antirouille Métropolitain, et grâce à ses conseils l’entreprise connaît vraiment un beau succès.»

Beaulieu vend ses cartes depuis un certain temps dans les principaux musées du Québec pour lesquels il crée des design de son cru en fonction des demandes. Ainsi, il a imaginé des cartes à l’effigie de Leonard Cohen pour l’exposition qui lui a été consacrée au Musée d’art contemporain de Montréal. Ses cartes se vendent également dans quelque 80 libraires à travers la province.

Les affaires sont si bonnes que le créateur songe à investir dans une nouvelle machine à découper au laser qui lui permettrait de passer d’une production maximale de 120 cartes par jour à pas moins de 2000. L’investissement est très considérable mais c’est peut-être sa boutique trifluvienne qui va l’y forcer avec la demande supplémentaire qu’elle va amener. «Malgré l’augmentation de production et la diversification des produits dans la boutique, j’ai encore et toujours l’impression et la fierté que ce sont mes créations. Ça reste mon style personnel. Il faut qu’il en soit ainsi pour que ça demeure trippant pour moi.» On peut d’ailleurs retrouver quelques toiles de l’artiste, sa première passion, sur les murs de À la carte.

«J’ai aussi tenu à ce que toute la production soit réalisée à Trois-Rivières. Pour les verres, par exemple, on ne peut pas exécuter la gravure nous-mêmes alors c’est Fylograf, une entreprise trifluvienne, qui le fait pour nous. C’est important pour moi de contribuer à l’économie locale de plusieurs façons.»

Une part de son inventaire sera donc consacré à Trois-Rivières mais sa boutique abritera aussi les autres activités de son entreprise comme les cadeaux personnalisés qu’il réalise pour des particuliers comme pour le milieu corporatif. Quiconque peut aussi faire faire une carte personnalisée pouvant être produite en quelques minutes à peine.

Toujours en cohérence avec son orientation locale, la boutique offre des œuvres du photographe trifluvien Gilles Roux, œuvres tirées de sa dernière exposition majeure, De Montréal à Natashquan, faite de paysages québécois avec le fleuve en vedette.

Pour l’instant, la boutique-atelier emploie cinq personnes mais l’artiste propriétaire croit que ça pourrait monter à huit à l’automne. Il faudra voir ce que sera la demande, mais le créateur n’exclut pas d’ajouter à son inventaire de nouveaux produits, des parapluies, par exemple, qui porteront toujours sa signature. La boutique sera ouverte dès jeudi aux heures normales des magasins, quitte à allonger les heures d’ouverture au cours de l’été en fonction de l’achalandage. Pour l’ouverture, jeudi, le public est invité à venir jeter un œil sur cette nouvelle boutique où on a mis sur pied un 5 à 11 en musique avec bouchées et bar.