Après de longs mois d’attente, maestro Jacques Lacombe retrouvera le plaisir de diriger un orchestre alors qu’il sera au pupitre pour le concert-bénéfice de l’OSM présenté mercredi soir à l’aéroport Montréal-Trudeau.
Après de longs mois d’attente, maestro Jacques Lacombe retrouvera le plaisir de diriger un orchestre alors qu’il sera au pupitre pour le concert-bénéfice de l’OSM présenté mercredi soir à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Jacques Lacombe retrouve sa baguette pour un concert-bénéfice de l’OSM

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le mercredi 5 août restera marqué d’une croix blanche dans l’agenda de maestro Jacques Lacombe alors qu’il reprendra en main la baguette remisée depuis le mois de mars dernier. Il retrouvera alors un orchestre cher à son cœur, l’Orchestre symphonique de Montréal, pour L’envolée classique OSM, un concert-bénéfice dans une formule très originale.

Le concert en plein air sera présenté sur l’aire de stationnement de l’aéroport Montréal-Trudeau. La chose ne manque pas de faire sourire le chef d’origine trifluvienne. «Je passe le plus clair de mon temps dans des aéroports alors, je vais avoir un peu l’impression d’être à la maison, rigole-t-il. De plus, je vais diriger un orchestre que je connais très bien pour l’avoir dirigé de façon régulière depuis une bonne trentaine d’années.»

«C’est un peu le meilleur des deux mondes puisque j’ai le plaisir de diriger un orchestre exceptionnel qui m’est familier et que je dirigeais même encore en décembre dernier pour ses concerts de Noël, sans pour autant porter le poids d’en être le patron.»

La formule singulière du concert-bénéfice s’est imposée devant les restrictions imposées par la santé publique. Les mélomanes seront invités à assister à l’événement depuis leur voiture alors que 550 véhicules auront accès au stationnement. La scène sera visible de partout mais des écrans géants seront mis à contribution pour offrir une expérience plus vibrante alors que la musique sera diffusée par l’intermédiaire des radios des voitures.

«Certes, il y aura des ajustements à faire, convient Lacombe, mais ce sera surtout un immense plaisir que de retrouver les musiciens et de faire de la musique. L’idée est originale, la dynamique va être particulière mais c’est surtout la joie de tous se retrouver qui va dominer. On sait qu’il s’agit d’un concert dont on va tous se rappeler longtemps à cause des circonstances inusitées mais je sais que les musiciens sont comme moi: affamés de musique. Je suis allé chercher deux des meilleurs chanteurs au Québec en Hélène Guillemette et Jean-François Lapointe à titre de solistes alors, je sais que ça va être un très beau moment.»

Pour l’occasion, le chef a concocté un programme accessible au plus grand nombre tout en constituant un défi musical intéressant. «On avait la contrainte de n’avoir que 50 musiciens sur scène incluant le chef. Dans le contexte, la 5e Symphonie de Beethoven s’inscrivait particulièrement bien. D’abord, parce que c’est l’année Beethoven marquant le 250e anniversaire de sa naissance et ensuite parce que la 5e est un chef-d’oeuvre incontestable.»

«Ce premier mouvement très dramatique au thème obsédant et même oppressant rappelle un peu comment le destin nous frappe tous présentement. Or, l’oeuvre se termine sur une note triomphale pleine d’espoir qui porte un message tout aussi pertinent dans le contexte actuel.»

«Par ailleurs, avec des extraits de La Flûte enchantée, de Mozart, je touche au répertoire d’opéra que j’affectionne et avec Ravel, on va aussi dans la musique française, un répertoire étroitement associé à l’OSM. C’est un beau programme qui va être interprété sans pause; je pense que le public va apprécier.»

À l’enthousiasme manifesté par le maestro, on devine que cette offre de l’OSM tombe à point pour lui. Non seulement est-il contraint à l’inaction depuis plusieurs mois, mais il a vécu la frustration de voir l’orchestre qu’il dirige, à Mulhouse, reprendre le collier sans lui. On y a présenté au cours de l’été les deux derniers concerts prévus à sa dernière saison mais devant les restrictions de voyages, Jacques Lacombe n’a pu les diriger. Sa frustration est atténuée par le constat que la vie culturelle reprend graduellement son cours outre-Atlantique et qu’il reprendra lui-même bientôt les choses en main. «Nous avons des enregistrements à réaliser au cours des prochaines semaines alors, je vais bientôt retourner à Mulhouse pour y travailler. Par contre, si les frontières sont ouvertes dans un sens, elles ne le sont pas complètement dans l’autre. J’ai deux aller-retour à effectuer dans les prochaines semaines et à l’arrivée à Montréal, je devrai prévoir une quarantaine. Ça demande donc une certaine gymnastique avec mon agenda. Comme les choses évoluent pratiquement à chaque jour, il faudra s’ajuster.»

Il en faudrait davantage pour altérer l’enthousiasme du chef. Or, il est toujours possible de le partager avec lui puisqu’on peut encore se procurer des places pour assister à son retour mercredi soir en fonction de trois forfaits toujours qui s’appliquent non pas aux individus mais au véhicule dans lequel ils prendront place. On peut réserver cet accès via le site www.osm.ca.