C’est pas moins de huit artistes bien connus qui étaient réunis pour célébrer Noël avec le public à la salle Thompson jeudi soir. De gauche à droite, on reconnaît: Yves Lambert, Emilie Claire Barlow, David Thibault, Michel Louvain, Renée Martel, Annie Villeneuve, Michaël et Johanne Blouin.

Irrésistible Noël

Trois-Rivières — On pourra bien essayer ce qu’on veut, il n’y a encore que la musique pour faire entrer Noël dans notre cœur. C’est la raison d’être du spectacle Noël une tradition en chansons qui était présenté à la salle Thompson jeudi soir.

La salle était pratiquement pleine, d’ailleurs, à bien peu de sièges près. Preuve qu’il y aura toujours un public pour ces concerts de Noël dans les jours qui précèdent la fête. D’ailleurs, on en était jeudi à la 17e représentation de ce spectacle qui en comptera 21 au terme de sa tournée québécoise. Dans ce spectacle, ils sont huit à se partager le micro: Annie Villeneuve, Emilie Claire Barlow, Renée Martel, Johanne Blouin, Michel Louvain, Yves Lambert, Michaël et David Thibault.

La vérité, c’est qu’ils auraient pu être moins. On ne voit, par exemple, pas très bien ce que David Thibault faisait là avec son rock’n roll. À sa décharge, il faut dire que le spectacle avait la mission de plaire au plus grand nombre possible en tirant dans pas mal toutes les directions que peut prendre la musique de Noël: cantiques, chants populaires, ballades, chansons traditionnelles, chants religieux, etc. Et rock’n roll, apparemment. Enfin, bon: le public, assez âgé, lui a réservé un accueil plutôt enthousiaste alors tant mieux.

Lorsque les artistes se sont présentés un à un sur la scène en début de spectacle, c’est l’éternel Michel Louvain qui a été le mieux reçu. L’octogénaire le mieux conservé du Québec demeure populaire et le bougre a encore de la voix. Il s’est livré avec un professionnalisme aussi évident que son plaisir à ce qu’il sait le mieux faire: plaire au public.

Bien sûr, les gens étaient admirablement disposés et ont très bien réagi à tout ce qu’on leur a proposé. Ils ont chanté avec une ferveur remarquable chaque fois qu’on leur demandait de reprendre un refrain. Que ce soit à la demande d’Yves Lambert pour Dans nos vieilles maisons ou à celle d’Annie Villeneuve dans Les anges dans nos campagnes. Sans qu’on lui ait confié cette responsabilité, on a senti que c’est Mme Villeneuve qui était le pivot du groupe. Par son aplomb, son charme, sa déconcertante facilité à créer un contact avec le public, on a senti son leadership accentué par sa maîtrise vocale. La filiforme dame a du métier et ça paraît.

Côté performance, personne ne pouvait battre Johanne Blouin encore très en voix et pleine d’énergie. Elle a fait un tabac dans son interprétation de The Prayer avec Michaël. Emilie Claire Barlow était sans doute celle qui était le moins dans son élément puisque le jazz, son terrain de prédilection, a été bien peu exploré. Elle a compensé par son charme et des interprétations peu banales de Sleigh Ride mais aussi de Marie-Noël, incontestable démonstration de sa polyvalence.

Annie Villeneuve a dit en début de soirée qu’elle était convaincue que chaque personne dans la salle entendrait au moins une de ses chansons favorites de Noël au cours de la soirée et elle disait vrai. Dans une formule très convenue, on a donné aux spectateurs précisément ce qu’ils étaient venus chercher avec bonne humeur et professionnalisme. Sans compter une certaine ampleur quand on considère qu’il y avait pas moins de sept musiciens pour accompagner tout ce beau monde dans leur vaste tour d’horizon de ce que Noël recèle de trésors qui mettent la joie au cœur. Le plus étonnant, c’est qu’après un tel généreux spectacle de 2 h 30, ils auraient pu en faire deux ou trois autres avec des airs tout aussi connus et réjouissants.

Pas étonnant que Noël une tradition en chansons ait connu un tel succès et qu’il soit présenté 21 fois en 23 jours. La formule est éprouvée et franchement, il faut être le Grinch lui-même pour ne pas être touché par l’une ou l’autre mélodie associée à la fête.