On retrouve sur la photo de gauche à droite: François Dubé, Isabelle Larouche, Louis Alexandre Beauchemin, Philippe Courchesne Leboeuf, Marc Gingras, Angèle Gingras, Yves Alary, André Bourassa, François Pothier Bouchard, Shobha Singareddy, Latha Dodda.

Investir des profits dans des causes sociales

NDLR: Porte-parole de SOPAR, la formation vocale trifluvienne QW4RTZ est actuellement en Inde pour participer à un séjour d’apprentissage en compagnie de l’organisme voué au développement international dans ce pays. Les membres du quatuor ont accepté de partager leur expérience humanitaire avec les lecteurs du Nouvelliste.

Business as usual is dead (L’expression «faire des affaires comme si de rien n’était» n’est plus).

Les mots du fondateur de SOPAR-Bala Vikasa résonnent dans l’immense espace à l’ombre du monolithique centre tout en béton dont nous célébrons l’inauguration à Hyderabad aujourd’hui. Il a raison. Il n’est pas normal que des entreprises polluent, détruisent le tissu social, appauvrissent la population en concentrant la richesse vers le haut, pris dans une course vers une croissance infinie. L’Inde l’a compris avant nous, peut-être parce qu’elle est plus vulnérable aux impacts de la pollution, des changements climatiques ou encore que sa population est plus pauvre... peu importe; depuis 2012, le gouvernement indien a pris les grands moyens et oblige les corporations à investir une partie de leurs profits dans des causes sociales.

Or, les corporations sont très bonnes pour faire de l’argent, pas tant pour le dépenser. C’est là que SOPAR-Bala Vikasa a eu une idée; créer un centre – un think tank (incubateur à idées) – pour guider des organismes de l’État du Telangana ayant des idées innovantes, faciliter les rencontres entre ces start-ups (jeunes pousses) et les entreprises devant se conformer à la loi pour financer des projets sociaux, et fournir son expérience et ses employés pour s’assurer que les projets se rendent à terme.

Et tout ça se passe dans des immenses locaux neufs, magnifiquement aménagés, au coût de 5 millions de dollars canadiens, une bouchée de pain considérant la grosseur du projet; le terrain a été cédé pour le quart de sa valeur, les architectes de Bangalore ont dessiné le centre pro bono, et toute la communauté s’est mobilisée pour faire de ce rêve une réalité.

Buisness as usual is dead indeed. C’est le moment de penser les affaires autrement. La cérémonie d’ouverture continue et passe de l’anglais au telugu… et mon esprit part ailleurs. Je me mets à rêver au Québec, à ce qu’on pourrait faire si notre Québec inc. était animé du même désir d’améliorer notre communauté, si des espaces comme celui-là se mettaient à pousser à Montréal, Québec, Trois-Rivières, pour s’attaquer à des défis comme les inégalités sociales, les conditions de vies des premières nations, le décrochage scolaire, les difficultés d’intégration des nouveaux arrivants, la violence faite aux femmes...

Je suis assis parmi la foule en Inde, et je pense au Québec, à mon petit gars de 2 ans qui m’attend à la maison, et je rêve à un futur meilleur pour la prochaine génération, inspiré par l’exemple made in India que j’ai devant moi.

François Dubé