Jean-François Blais

Inondés d'amour: «C'est un fichu de gros show»

Dimanche dernier, Jean-François Blais a pu retourner dans sa maison de Yamachiche, l'esprit en paix. Après des semaines d'inondations, après une énorme corvée de nettoyage où plus d'une quarantaine d'amis et de proches se sont relayés pour l'aider à remettre son terrain et sa maison en état, le réalisateur d'En direct de l'univers a pu s'asseoir chez lui avec sa conjointe et de nouveau contempler le fleuve, sereinement. «J'ai recommencé à prendre des photos du lac Saint-Pierre. Ça faisait longtemps que je n'avais pas trouvé ça beau, mais j'ai recommencé à trouver ça beau», confie-t-il.
C'est exactement dans cet état d'esprit que Jean-François Blais compte faire son entrée, dimanche à l'Amphithéâtre Cogeco, pour lancer les premières notes du spectacle Inondés d'amour, dont l'étincelle a jailli au plus fort de la fatigue et du découragement, sur un terrain inondé de Yamachiche. Un spectacle qui a pris naissance d'un élan du coeur, pour finalement devenir un tsunami d'amour de la part de dizaines d'artistes de partout au Québec, qui se relaieront sur la scène trifluvienne.
«Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas un show normal. J'en ai monté plusieurs dans ma vie, mais celui-là, il est très personnel. Évidemment qu'il y a une implication émotive car nous avons aussi été sinistrés, comme des milliers de personnes au Québec. Cette implication émotive se transpose dans la conception. Les artistes qui viennent donner de leur temps, j'ai envie de prendre soin d'eux. Mon respect pour eux a encore plus grandi dans les derniers jours», évoque le concepteur du spectacle.
C'est d'ailleurs au cours de la répétition du spectacle, lundi à Montréal, que la magie a vraiment commencé à opérer parmi tous les artistes. «Tout le monde avait le sourire dans le visage. Les horaires se chamboulaient et il y avait parfois des retards, mais on a senti que les gens étaient là pour nous, qu'il n'y avait pas de problème, qu'ils étaient heureux de faire leur part. C'est un événement sans pression, c'est comme ça qu'on le vit», indique M. Blais.
Ce dernier voulait que ce spectacle soit tout sauf un simple tour de chant. 
«Je voulais que ça se tienne et qu'on ait une raison. Nous allons commencer en revenant sur les derniers mois, en se souvenant. Puis, nous allons faire un clin d'oeil à la pluie, qui nous a causé tant de misères. On veut en faire une sorte de débriefing, se dire que l'eau, c'est encore beau, qu'on aime encore notre fleuve et nos rivières. Puis, on va aussi se dire qu'il faut regarder en avant, un peu tourner la page sur tout ça», commente le réalisateur.
France Beaudoin
N'empêche que de réunir une quinzaine de musiciens, plus de vingt artistes et de monter un spectacle d'une telle ampleur en moins de quelques semaines, avec une seule pratique au programme, relève pratiquement de l'exploit. «Dimanche, c'est une journée impossible! C'est clair! Mais je ne suis pas inquiet du tout. J'ai mon plan. Chaque entrée de scène est dessinée, tout a été pensé. Je suis over-prêt». indique celui qui, outre une très courte apparition au début du spectacle, entend rester dans l'ombre des coulisses, à coordonner tout ce plan pour que chaque personne sache ce qu'elle a à faire.
Sa complice des dernières années sur «En direct de l'univers», France Beaudoin, sera d'ailleurs du nombre pour assumer une partie de l'animation, en compagnie de Véronique Cloutier, Jean-François Breau, Marie-Ève Janvier et Martin Cloutier. «C'est un fichu de gros show», reconnaît-elle, d'emblée.
Mais au-delà de ce qu'elle a pu voir dans les bulletins de nouvelles, France Beaudoin comprend le désarroi qu'ont vécu, et que vivent encore, plusieurs sinistrés au Québec. «Quand on entend que ça se passe, c'est un peu surréaliste. Et notre équipe, on voyait Jean-François être pris là-dedans. On lui a donné tout notre support. On a pris en charge ce qu'on avait à faire, et on lui a dit: fais ce que tu as à faire, on s'occupe du reste. C'était la moindre des choses», résume France Beaudoin.
Pour elle, le spectacle de dimanche doit se traduire comme un immense feu de camp autour duquel on se rassemble pour se donner de l'amour et marquer le coup de ce que les Québécois ont traversé ce printemps. «Quand la nature se déchaîne, on a beau être équipé, informatisé, être à la fine pointe, il faut s'avouer vaincu. Mais on voit aussi émerger de grands exemples de solidarité, et c'est ça qui est beau, de voir aussi la grandeur d'âme des gens», indique l'animatrice.
Quelques billets encore disponibles
Bien que les 3500 sièges assis de l'Amphithéâtre Cogeco aient tous été vendus pour le spectacle Inondés d'amour, il reste encore des billets pour la partie gazonnée, sur laquelle les chaises de parterre sont autorisées. Les billets sont au coût de 15 $ et tous les profits sont remis à la Croix-Rouge. On peut se procurer des billets par téléphone au 819 380-9797 ou sans frais au 1 866 416-9797, mais aussi sur le web au www.amphitheatrecogeco.com.