Le Daveluyvillois Marc Fournier est à la tête de la compagnie de jeux québécoise Gladius depuis 22 ans et en tant que concepteur des produits, il n’a jamais cessé d’innover.

Innover pour toujours amuser

TROIS-RIVIÈRES — Avec le temps, Jeux Gladius est devenu synonyme de jeux de société conçus et réalisés au Québec mais dans le monde du divertissement maison, l’innovation est une condition obligatoire au succès et la compagnie de Québec suit le rythme. Cette année, elle profite d’un engouement persistent envers les jeux de société et a sorti une bonne quinzaine de nouveautés.

«On ne peut jamais s’asseoir sur un succès, explique le co-fondateur et concepteur des Jeux Gladius, le Davelluyvillois Marc Fournier. Tout bouge très vite dans ce monde-là. Il nous faut constamment arriver avec des nouveautés.»

La compagnie s’associe souvent avec des jeux télévisés, une excellente locomotive de visibilité pour le jeu de table alors que ce dernier contribue à mousser l’intérêt des téléspectateurs. «C’est toujours une association intéressante: il arrive même que les concepteurs de jeux télévisés nous appellent avant même la sortie du jeu télé pour qu’on conçoive un jeu de société. Nos plus grosses ventes dans ce secteur-là se font l’année où le jeu sort à l’écran. Par la suite, ça diminue, bien que ça demeure souvent intéressant. Ce qui est dommage pour nous présentement, c’est qu’il n’y a pas de nouveaux jeux télévisés qui sortent sur le petit écran.»

Cependant, on suit l’évolution pour se renouveler. «Par exemple, pour Le Tricheur, il y a eu un changement dans les règles du jeu à la télévision et nous avons donc sorti une nouvelle version améliorée du jeu de société avec 150 défis inattendus dans les cartes de l’animateur et 750 nouvelles questions. C’est un jeu qui demeure populaire mais l’année où on l’a sorti, on en a vendu 70 000 exemplaires, un succès exceptionnel pour nous.»

Ce n’est pas un record. À ce chapitre, La classe de 5e a fait mieux avec des ventes monumentales de 115 000 jeux en 18 mois. Le Cercle a également fait un tabac avec des ventes de 80 000 copies en trois ans.

Dans la lignée des jeux télévisés, le troisième opus tiré de Silence on joue, intitulé Où est-ce qu’on s’en va? sera très bientôt disponible comme jeu de party où un concurrent doit faire deviner à un chauffeur de son équipe une destination grâce à des indices. Autre référence télé, mais en décalage, on sort cette année le jeu Génies en herbe dont aucune version de table officielle n’avait encore été lancée.


« C’est toujours une association intéressante: il arrive même que les concepteurs de jeux télévisés nous appellent avant même la sortie du jeu télé pour qu’on conçoive un jeu de société. »
Marc Fournier

Gladius fonde de grands espoirs dans deux autres nouveautés: Nainporte quoi! jeu de devinettes loufoques qui va exiger rapidité mentale mais également physique de la part des concurrents. Du côté des soirées de partys de couples, le jeu Connexion, conçu par l’humoriste et animateur Jean-François Baril mise sur la complicité entre les membres de duos à travers des questions.

Si on a parlé d’engouement pour les jeux de société, c’est que non seulement l’intérêt des acheteurs est bon mais on assiste aussi à la multiplication des bars, pubs et autres cafés où des gens se réunissent pour jouer. «On a vu les premiers à Montréal et Québec mais maintenant, on en trouve dans toutes les villes d’une certaine importance dans la province, se réjouit Marc Fournier. Je pense que ça démontre que les gens ont plus que jamais envie d’avoir du bon temps en bonne compagnie.»

Il va même jusqu’à affirmer que la concurrence offerte par les jeux vidéos ne lui est pas si néfaste. «En fait, l’isolement des gens devant leur écran crée un important besoin de partager le plaisir avec d’autres. Également, ça reste du jeu et plus les gens jouent, plus ils ont envie de jouer. Tôt ou tard, ils reviennent aux jeux de société.»

Le mandat du concepteur, c’est de trouver de nouvelles formules ou de nouvelles façons de relancer des classiques. «Les jeux questionnaires ont toujours eu la cote et continuent de l’avoir. Les jeux qui impliquent du bluff, ça fonctionne aussi toujours. Avec le temps, je constate que les gens cherchent beaucoup à être actifs en jouant alors, il faut trouver des nouvelles façons de faire.»

Dans le créneau des tout petits, la compagnie a travaillé avec des spécialistes de l’éducation pour concevoir des jeux qui stimulent des aspects fondamentaux de l’apprentissage. «Ça reste très ludique mais on ajoute des composantes éducatives qui donnent une plus-value. On le voit particulièrement dans Foin-Foin ou Dans ma valise. Ce sont des choses que nous sommes en mesure de réaliser parce qu’on est une plus petite compagnie alors que les multinationales ne le font presque pas.»

Autre argument de vente qui fait mouche, c’est que la compagnie se targue de produire ses jeux exclusivement au Québec sauf pour quelques très rares exceptions où des composantes doivent être importées. On peut trouver sur le site de Gladius (www.gladius.ca) tous les jeux qu’elle produit. Pour se les procurer, rien ne vaut une visite dans les boutiques spécialisées mais Gladius a aussi sa place dans les grandes chaînes de magasin.