Donnant libre cours à son imagination, le guitariste et chanteur Julien Dumont a imaginé une histoire dystopique qui a servi de base à l’album Constance perdue dont il effectuera le lancement officiel le 14 mars au Zénob à Trois-Rivières.

Imaginer un futur en musique

TROIS-RIVIÈRES — C’est à un programme double que le public est convié le 14 mars prochain au café-bar Le Zénob avec une soirée musicale qui permettra d’abord d’entendre le groupe Penny Diving et ensuite, Julien Dumont, dans son tout nouveau projet musical intitulé Constance perdue du titre de l’album qui sera officiellement lancé lors de cet événement.

Julien Dumont est connu pour son travail au sein de groupes comme Bateau Noir et Moussette. Ce projet plus personnel origine d’un événement majeur dans sa vie: un problème médical qui a nécessité une intervention chirurgicale au cœur et une longue convalescence. L’événement n’est pas qu’anecdotique: il a suscité une réflexion sur la fragilité de l’existence qui a elle-même généré une nouvelle inspiration musicale.

Le guitariste et chanteur a imaginé un album basé sur le récit d’un homme qui fuit une contrée instable et violente pour rejoindre, avec sa belle, Boréalie, un havre où ils sont susceptibles de retrouver l’équilibre. Mais comme dans toute aventure fantastique, le héros doit affronter des épreuves pour retrouver sa Constance dont on l’a séparé. Les chansons planantes aux accents rock et aux orchestrations très élaborées de l’album montrent une parenté indéniable avec le rock progressif.

L’initiateur du projet explique sa démarche. «C’est un projet de longue haleine qui a été vraiment peaufiné. Au moment de mes problèmes de santé, j’avais des bouts de chansons mis de côté et les événements ont fait naître chez moi une sorte de sentiment d’urgence, un besoin d’écrire et ma convalescence m’a donné du temps pour m’y consacrer. Ça a débloqué tout un univers peuplé de choses qui ont marqué mon enfance comme la science-fiction, les romans fantastiques, les livres dont vous êtes le héros. C’est donc une histoire dramatique qui a été la structure de base sur laquelle mes amis musiciens sont montés.»

Sa propre urgence qui amenait à une sorte de saut dans le vide trouve son écho dans notre société confrontée à des enjeux globaux troublants.

«On voit le réchauffement climatique, les vagues migratoires qui suggèrent un futur quelque peu dystopique avec une nécessaire recherche d’un monde meilleur. L’allégorie que j’ai imaginée trouve sa pertinence.»

Musicalement, Julien Dumont s’est associé à quelques pointures croisées au cours de son parcours musical. Des gens comme Thomas Sauvé, qui a réalisé l’album Jean-François Mineau, Frédéric Sauvé de même que Chantal Ambridge.

«Il n’était pas question de se contraindre: nous avons fait la musique dont nous avions envie. Nous aimons tous la musique pop accessible mais je pense que la musique de Jean-Michel Jarre est peut-être le parallèle le plus souvent entendu quant à ce que nous faisons. Il y a une réelle volonté de raconter une histoire en musique. On a créé un univers très inspirant avec un côté structuré mais qui permet quand même de s’éclater. D’ailleurs, musicalement, on se donne des défis. J’aime dire que c’est un projet solo qui est réalisé avec un groupe. Ça part de moi, mais c’est une collaboration créative. Il y a une véritable vibe de groupe.»

Le spectacle du Zénob, le 14 mars, sera le premier dans le cadre de ce projet. Difficile de dire précisément la tangente que la musique va prendre.

«On a beaucoup travaillé ensemble pour porter la musique sur la scène. Notre priorité demeure de rendre de façon la plus juste possible ce que nous avons mis tant d’efforts à peaufiner en studio. Par contre, on s’est rendu compte que sur scène, la musique est plus rock et un peu moins planante. Les chansons ont déjà commencé à évoluer et c’est sûr qu’on va se trouver une certaine marge qui va nous éloigner un peu de l’album mais ça, on va le découvrir à l’usage. On a très hâte au spectacle du 14 mars et de la prise de contact avec le public.».