C’est à un large survol de son immense répertoire que Jean-Pierre Ferland conviera les Trifluviens le 30 août à l’Amphithéâtre Cogeco. Un survol sur les ailes de l’amour, son sujet de prédilection.

Il n’y a pas d’âge pour aimer les femmes

Trois-Rivières — Le 30 août prochain, l’Amphithéâtre Cogeco vibrera aux émotions des chansons de celui qui a peut-être le mieux exprimé l’amour pour les femmes au cours de sa longue carrière: Jean-Pierre Ferland.

Venu parler de ce spectacle avec les médias locaux jeudi matin, ce monument de la chanson québécoise cache encore bien mal ses 84 ans derrière une gaminerie de tous les instants. Si les années ont eu prise sur son corps, elles ont épargné son cœur et c’est bien pourquoi c’est aux femmes de sa vie qu’il veut consacrer ce spectacle de grande ampleur.

«Pour mon âge, je n’ai pas à me plaindre de ma condition physique, confie-t-il. Quand tu fais ce métier-là, tu as l’habitude de te voir souvent à la télé et un peu partout et tu as toujours un peu peur de te voir vieillir mais j’avoue que je me sens bien, en bonne santé et surtout, je n’ai pas perdu le sens de l’humour!»

Quand on lui dit qu’il n’a apparemment pas non plus perdu le sens de l’amour, il acquiesce avec enthousiasme. «Bien au contraire! Je me suis marié trois fois et là, mon problème, c’est que je ne peux plus parce que je n’en ai pas les moyens!»

Il convient pourtant volontiers qu’au point où il en est, il est plus que comblé de se faire chanter la pomme par des femmes. «Toute ma carrière, c’est moi qui leur ai chanté l’amour mais cette fois, ce sont elles qui le font. C’est tellement agréable. Ce sont les filles qui ont choisi les chansons, celles qu’elles aiment. Moi, comme j’aime toutes mes chansons, c’est un pur plaisir que de les chanter avec elles. Les filles au Québec chantent tellement bien. Bien mieux que les gars, je trouve. Elles ont des voix originales qui reflètent leur personnalité et franchement, je les adore.»

Cet incorrigible romantique sera royalement entouré dans ce spectacle reprenant la teneur de son tout dernier album Toutes les femmes de ma vie, un assemblage de duos. On retrouvera sur scène Isabelle Boulay, Luce Dufault, Laurence Jalbert, Florence K, Yama Laurent, Julie Anne Saumur, Mélissa Bédard, Diane tell et Nanette Workman. Qui d’autre que lui aurait pu réunir pareil tableau représentant plusieurs générations de ce que le Québec compte de grandes chanteuses à voix?

D’emblée, Ferland parle de la cadette, coquetterie de vieux beau toujours ému de faire battre le coeur des jeunes femmes par ses chansons. «Yama Laurent, on l’a découverte à La Voix. Elle ne connaissait pas mes chansons et elle a été obligée de se renseigner auprès des autres filles. Elle qui vient d’Haïti, elle va chanter Au fond des choses le soleil emmène au soleil. Ça lui va parfaitement.»

Il repasse ensuite la liste complète de ses stars, prononçant chacun des noms sur un ton admiratif. «Diane Tell, ça c’est intéressant! On reprend sa chanson Si j’étais un homme alors qu’elle garde ses paroles et que moi, je chante Si j’étais ton homme. Elle compose tellement bien cette femme-là. On va faire aussi T’es mon amour, t’es ma maîtresse ensemble. Il y a Nanette Workman aussi, qui a été ma choriste pendant des années avec France Castel et que je retrouve aujourd’hui avec un plaisir formidable pour faire Sing Sing. Isabelle Boulay, elle est extra; c’est vraiment une copine. Julie Anne Saumur, c’est ma préférée parce que c’est ma blonde.»

Quand on lui dit que personne ne s’étonne qu’il consacre aujourd’hui un spectacle aux femmes, lui qui en a chanté les charmes toute sa vie, il a une réplique très ferlandienne. «Moi, dit-il, j’ai fait ce métier-là pour être aimé. Alors, je préfère être aimé par des femmes.»

«J’ai voulu arrêter de chanter à un moment donné. Je me trouvais vieux, je me trouvais plate. Le soir même où je l’ai annoncé, j’ai réfléchi et me suis rendu compte que j’avais cherché pendant toute ma carrière à me faire aimer et que tout d’un coup, c’était comme si je disais aux gens: arrêtez de m’aimer! Je me suis donc organisé pour que ma retraite soit d’une platitude épouvantable pour me sentir obligé de revenir.»

«Aujourd’hui, je savoure encore davantage cet immense plaisir d’être aimé. Je vieillis et je suis quand même aimé: qu’est-ce qu’on peut demander de plus?»

Preuve qu’il survolera dans toute sa superficie son immense répertoire, il révèle qu’en plus des chansons de son dernier album, il chantera aussi Fleur de macadam lors du spectacle trifluvien. «Celle-là,c’est une de mes toutes premières chansons. Je vais la faire parce que je l’aime encore beaucoup et je l’ai écrite pour une femme, Marie-Claire, à qui j’ai consacré une autre chanson qui a eu un grand succès.»

À cette chanson des débuts, il opposera sa plus récente, une qu’il n’a même pas encore enregistrée et qui s’intitule Le monde de Benjamin sur l’autisme. Il ne pourra évidemment pas se soustraire à ses plus gros succès et à ce titre, la chanson ultime, celle que tout le monde aime, il affirme que c’est Une chance qu’on s’a. Difficile de le contredire là-dessus.

«J’ai abordé bien d’autres thèmes dans ma carrière mais j’aurais beau vouloir chanter autre chose, je dois avouer qu’il n’y a rien de plus intéressant, musicalement parlant, que l’amour.»