Morin Saint-Georges qui a supervisé la réalisation de l’œuvre est en compagnie de Cédrik et Joanie, deux élèves de l’école Jacques-Buteux qui ont participé à la création du triptyque qu’on retrouve dans l’exposition Histoires de famille présentée au Musée Pierre-Boucher.

Hommage à la famille élargie

Trois-Rivières — L’exposition intitulée «Histoires de famille» que présente le Musée Pierre-Boucher jusqu’au 4 mai prochain a donné lieu à une création hors normes qui élargit considérablement l’idée même de famille. L’oeuvre, un tryptique réalisé sous la supervision de l’artiste champlainois Morin Saint-Georges, a mis à contribution une centaine de personnes incluant des enfants et de nouveaux arrivants inscrits dans un processus de francisation.

Plus qu’une oeuvre d’art, ou plutôt comme une oeuvre d’art devrait le permettre, elle est un objet de réflexion et de partage tant pour les exécutants que pour les spectateurs. Au terme de son exposition au musée situé dans l’enceinte du Séminaire de Trois-Rivières, la toile ornera les murs de l’école primaire Jacques-Buteux d’où proviennent une soixantaine de jeunes qui y ont apposé leur artistique griffe.

«Au départ, je voulais faire une démonstration de peinture, explique Morin Saint-Georges, artiste-peintre installé à Champlain avec sa conjointe et leurs deux enfants, artistes visuels eux aussi. Je voulais que l’oeuvre soit partagée, d’où l’idée de la laisser à l’école Jacques-Buteux. En introduisant de nouveaux arrivants au nombre des participants, on renforce l’idée que la famille, c’est aussi l’humanité entière. Par les temps glaciaux qui courent, c’est important de se le rappeler.»

«Qui plus est, les nouveaux arrivants ne parlaient pas bien le français et l’art a été notre moyen de communication privilégié. J’ai vécu 25 ans en France où j’ai toujours été l’étranger et c’est pareil pour les nouveaux arrivants ici mais quand on y pense, nous sommes tous liés si on remonte assez loin dans le temps.»

«Ça reste une œuvre qui porte mon empreinte parce que je l’ai structurée et on y retrouve des éléments de mon approche mais c’est aussi une oeuvre collective qui dépasse l’inspiration d’une seule personne. On a invité des gens à laisser sur la toile un souvenir de leur famille et au fur et à mesure des interventions, je recomposais la surface. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec les jeunes écoliers qui ont énormément contribué à en faire une œuvre très joyeuse et très colorée. Je pense qu’ils vont garder de l’expérience l’idée qu’on peut créer à partir de presque rien, du simple partage. C’est l’expression même du sens de la communauté.»

Du côté du Musée, la directrice Andrée Brousseau se dit heureuse non seulement de l’œuvre elle-même, mais du processus créatif. «On désirait créer une occasion pour que les gens s’expriment et c’est Morin Saint-Georges qui a eu l’idée de l’œuvre. Pour nous, c’est une première dans le genre et nous sommes très satisfaits. Ça fait connaître le musée mais surtout, c’est l’occasion pour les gens de comprendre que l’art, ça leur appartient: il n’en tient qu’à eux de se l’approprier. Je dis toujours qu’un musée, c’est une boîte vide et que ce sont les visiteurs qui lui donnent vie. Chacun a droit à son opinion devant des oeuvres, c’est ce qui les fait vivre.»

L’exposition de la famille de Morin Saint-Georges est plus vaste que ce seul tableau puisqu’elle occupe les salles à l’entrée du séminaire mais également le corridor menant à la salle Gaston-Petit où sont présentées des oeuvres des deux fils de la famille.