Formée à l’exigeante école de la comédie musicale, Geneviève Leclerc aborde son concert du 14 décembre avec l’OSTR comme le plus gros spectacle d’une carrière pourtant déjà fructueuse.
Formée à l’exigeante école de la comédie musicale, Geneviève Leclerc aborde son concert du 14 décembre avec l’OSTR comme le plus gros spectacle d’une carrière pourtant déjà fructueuse.

Geneviève Leclerc chantera avec l'OSTR samedi: «le rêve d’une vie»

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — C’est avec certes une certaine nervosité mais surtout avec beaucoup de rigueur que se prépare Geneviève Leclerc en vue du concert de samedi soir, Geneviève Leclerc symphonique, inscrit dans la série principale de la saison de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières. Au pupitre de l’orchestre pour la circonstance, un chef que les Trifluviens connaissent et apprécient: Adam Johnson.

Parlons d’abord du programme puisqu’il ne s’agit pas d’un concert de Noël dans l’acceptation traditionnelle du terme. La chanteuse qui a été révélée à La Voix en 2016 reprendra le contenu d’un spectacle qu’elle roule depuis près d’un an sur diverses scènes. Dans le contexte qu’impose la période des Fêtes, elle y greffera deux chansons de Noël. «Disons qu’on n’a pas eu à me tordre le bras pour que j’ajoute ces deux pièces, confiait-elle entrevue cette semaine. J’adore Noël!»

Formée en théâtre musical, l’interprète reprendra de grands succès de comédies musicales américaines comme Mes joies quotidiennes (My Favorite Things), Diamonds are a Girl’s Best Friend, Big Spender, etc. mais aussi des chansons piquées dans ses deux premiers albums. Des choses comme Je ne t’aime plus, Tue-moi, Je suis malade, évidemment, Ma gueule mais aussi une nouveauté qui excite la chanteuse au plus haut point: Le parc Belmont. «J’ai écouté les maquettes parce qu’elle n’est pas sur mes albums et franchement, ce sont des arrangements extraordinaires. C’est un monument, cette chanson-là. Honnêtement, je suis certaine que Diane Dufresne aimerait ce qu’on en fait. J’ai très hâte de la chanter, celle-là.»

Quand elle dit «on», elle fait référence à Blair Thompson qui a refait les arrangements de toutes ses chansons en fonction de ce concert tout à fait exceptionnel avec 55 musiciens en accompagnement. «Le hasard a fait en sorte que Blair s’est joint à ma tournée pour nos huit derniers spectacles de sorte qu’il a pu entendre ce qu’il est advenu des chansons qu’il avait arrangées pour le dernier album. Il a écrit de nouvelles choses non seulement en fonction de l’orchestre symphonique mais aussi en lien avec mes interprétations sur scène et l’évolution que les chansons ont connue. Il n’a pas lésiné: pour la toute première chanson, il a revampé l’introduction avec énormément de percussions et ça dure une minute complète; c’est génial!»

Ce concert qu’elle considère comme une opportunité unique entraîne son lot de nouvelles contraintes que cette obsédée des détails aborde avec une rigueur remarquable. «Je suis excessivement cartésienne: je ne laisse rien au hasard. Tout ce qu’il y a d’interventions et de textes a été revu de fond en comble pour m’assurer que ça s’intègre parfaitement aux nouveaux arrangements et au fait qu’on n’aura pas de mise en scène dans le spectacle de samedi. J’ai fait mes devoirs de sorte que je pourrai m’abandonner à mon côté artistique au moment du spectacle.»

L’aspect musical va être abordé de front au cours des deux journées de répétition précédant le concert. «J’ai bien étudié les nouveaux arrangements qui sont magnifiques mais parfois plus embêtants parce que Blair a complexifié les choses un peu. Je connais par cœur les progressions d’accords de chaque chanson mais il me faut bien les identifier dans le nouvel emballage. Je vais être dans la salle pour la toute première répétition de l’orchestre seul avec Adam Johnson histoire de prendre des notes, relever les passages plus difficiles, clarifier les attaques. C’est un très beau défi pour moi et je me prépare en conséquence. C’est le rêve d’une vie, un concert comme ça. C’est assurément le plus gros show de ma carrière.»

Formée aux exigences de la comédie musicale, Geneviève Leclerc mise non seulement sur une voix exceptionnelle, mais également sur une approche basée sur le respect des textes des chansons. «Je ne chante pas simplement pour chanter. Je raconte une histoire, je me mets au service de chaque texte. Vous savez, j’écoute plein de musique populaire au quotidien, dans la voiture, de la musique d’atmosphère, pour déconnecter de la réalité. Par contre, quand je fais un spectacle, ce n’est pas seulement pour faire déconnecter le public mais bien au contraire, pour qu’on connecte ensemble à quelque chose de fort. C’est ça l’avantage indéniable du spectacle vivant: participer à une expérience intense qui peut nous bouleverser.»

«Je pense que ce spectacle est un beau mélange bien dosé mais je ne propose pas de moments intimes comme je peux le faire dans une version piano-voix. J’ai un orchestre symphonique avec moi et je compte en profiter au maximum; il va y avoir de vraies envolées. Je suis capable d’une grande intensité et là, les musiciens vont m’accoter. Quand je tiens une note sur plusieurs secondes, je sais comment la faire évoluer sur différents grains et textures comme une violoniste peut le faire. C’est là que ça devient intéressant. J’ai assez de métier pour bien me connaître comme interprète et je sais que ma force, c’est la musicalité. Je ne m’en priverai pas.»

Le spectacle est prévu à 20 h avec la traditionnelle causerie gratuite à partir de 19 h au Foyer Gilles-Beaudoin de la salle Thompson.