Gabriel Maegher-Gaudet, alias Gabry-Elle, oeuvre dans le monde des drag queens.

Gabry-Elle dans la série Ils de jour, Elles de nuit

Prononcer le nom de Mado Lamotte ouvre immédiatement les portes d'un monde qu'on pourrait qualifier, encore aujourd'hui, d'underground celui des drag queens.
Mado Lamotte est sans doute la figure la plus connue du grand public. Pourtant, il y a beaucoup d'aspirants dans ce milieu artistique marginalisé. C'est ce monde fascinant et intriguant que met en lumière la série Ils de jour, Elles de nuit qui sera présentée sur ICI ARTV à compter du 7 avril.
Parmi les six protagonistes qu'on suivra durant les huit épisodes, il y a Gabriel Maegher-Gaudet, alias Gabry-Elle, un jeune homme originaire de Shawinigan dont on découvre la passion pour «le monde de la drag».
«Je me sens choyé de participer à un projet comme ça qui va probablement ouvrir des portes aux drag queens. Ça va permettre de démystifier ce milieu», raconte l'artiste de 24 ans.
«Ce n'est pas la manière habituelle de traiter ce sujet. On voit généralement le côté spectacle et le côté extravagance, mais ce n'est pas ça qu'on y présente. On voit 50/50, le titre le résume bien Ils de jour, Elles de nuit», présente Gabriel Maegher-Gaudet qui souligne aussi que le tournage s'est étendu sur près de huit mois.
En effet, on suit les parcours différents de cinq hommes autant dans leur vie masculine que dans celle de leur alter ego féminin sur les planches. On découvre également que les drag queens ne sont plus exclusivement des hommes avec la présence de Léa, 18 ans, qui tente, tant bien que mal, de faire sa place.
Gabriel Maegher-Gaudet oeuvre dans le milieu depuis à peine quelques années, mais déjà il savoure les belles expériences qui lui arrivent.
«C'est une belle histoire. Je suis chanceux. Tu ne t'attends pas à faire ça comme métier.» 
«Je savais que j'allais faire de la scène le restant de ma vie mais je ne pensais pas le faire habillé en femme.»
Cette carrière non planifiée tire ses origines d'un rôle qu'il a décroché dans la comédie musicale Hair Spray au cours de ses études à Toronto.
«Par la suite, on m'a demandé d'animer une levée de fonds pour la compagnie de théâtre et à partir de là, tout s'est enchaîné», raconte-t-il.
C'est à son retour de la Ville Reine qu'il a eu l'idée de mettre sur pied une soirée de drag queens au Cabaret du Tapis Rouge dans le secteur Cap-de-la-Madeleine au profit de Gai Écoute.
«À partir de là, on a organisé un spectacle, une fois par mois au Cabaret, que j'anime encore.»
«On aimerait avoir plus de monde, on aimerait pouvoir faire deux soirées, mais ça marche, de plus en plus chaque semaine, depuis les deux ans qu'on le fait.»
La suite a déboulé quasi magiquement. «J'ai participé aux auditions du Drague Cabaret Club à Québec et la semaine d'après, j'avais un contrat en animation chaque jeudi.»
Pourtant, il n'est pas aisé de faire sa place dans un milieu où la compétition est féroce et où les élus sont très peu nombreux à pouvoir se produire sous la lumière des projecteurs.
Gabry-Elle, qui se caractérise par sa joie de vivre avec beaucoup d'autodérision, a eu la chance de se tailler une place au Drague dans la ville de Québec où elle a la chance de se déployer sur scène quelques soirs.
«Tu es engagé pour faire passer une belle soirée au public à n'importe quel prix.»
La série produite par Zone 3, espère-t-il, permettra de convaincre les gens de la force de ce divertissement. 
«Je souhaite que ça ouvre les horizons à des personnes qui ne seraient jamais allées voir des drag queens, parce que c'est dans un bar gai.» 
«Je le vois comme un hommage aux femmes chaque fois que je le fais. Je ne ris pas de la condition féminine, je le fais en tant qu'hommage aux femmes», soutient celui qui a également eu la chance de se retrouver sur scène avec l'Opéra de Montréal sous les traits de Gabry-Elle.
«On revendique qu'être drag queen c'est une forme d'art. Nous, on incorpore toutes les formes d'arts comme le maquillage, la danse, le chant et le théâtre. J'espère que c'est ce qui va ressortir de la série.»
Le deuxième coming out
Dans la série, Ils de jour, Elles de nuit, on aperçoit la mère de Gabriel qui le soutient et rayonne d'une sincère fierté. 
«C'est le plus beau cadeau que tu peux avoir, d'avoir le soutien de tes proches. Parce qu'il y a un deuxième coming out qui vient avec le fait de devenir drag queen, en plus de celui d'affirmer ton homosexualité.»
«Ma mère a toujours su que j'allais faire quelque chose de non conventionnel. C'est quand elle m'a vu m'épanouir là-dedans et avoir du succès, qu'elle a encore plus accepté», confie-t-il en mentionnant qu'il a été particulièrement ému des témoignages que ses proches ont livrés dans la série.