Alors qu’il poursuit la tournée de ses spectacles de conte, Fred Pellerin lance un album de chansons entre mille autres chantiers dont un vrai: la construction d’une cabane à sucre.

Fred Pellerin: le plus grand que soi

TROIS-RIVIÈRES — Plus peut-être qu’à la planification rigoureuse, l’extraordinaire carrière de Fred Pellerin tient à beaucoup d’imprévus, de purs hasards, parfois. C’est même souvent ainsi que naissent certains de ses plus beaux projets.

Sa participation au Grand Choral - Nuits de Champagne à Troyes il y a trois semaines est arrivée par surprise dans le parcours du chanteur et conteur. Comme un autre heureux détour imprévu. L’événement existe depuis de nombreuses années là-bas. On a créé un chœur de 900 choristes qui, chaque année, accompagne un ou des artistes de la chanson pendant des spectacles. Cette année, la direction a pensé à Francis Cabrel et à Fred Pellerin. Chacun a chanté de ses propres chansons, des chansons de l’autre et du Bob Dylan pour bien s’ancrer dans la vision folk. Le Caxtonien a suggéré de rajouter de ses interventions narratives, ce que les Troyens n’avaient jamais fait dans le passé.

Dire que ç’a donné de beaux moments ne serait pas juste. «900 personnes qui accompagnent un chanteur, y’a juste pas de mot pour décrire ça, dit le chanteur. En plus, c’est un chœur formé de chanteurs aguerris provenant d’un peu partout dans le monde. Moi, j’y suis allé avec quatre chanteurs de Saint-Élie. J’ai chanté Petite Marie, de Cabrel, Amène-toi chez nous de Jacques Michel et Retenir le printemps et le chœur seul a repris Plus tard qu’on pense. On a fait cinq spectacles en tout.»

«J’ai présenté des spectacles avec 100 musiciens de l’OSM dans le passé et c’est vraiment grandiose. Imagine neuf fois plus de monde! C’est comme une immense rencontre de voix, complètement insaisissable. C’est quelque chose que tu ne peux pas prévoir: ce sont des moments de pure magie qui n’arrivent qu’une fois dans une carrière. Tu dois juste emmagasiner ça en toi.»

«Je ne suis toujours pas revenu de toutes les nuances qu’un groupe aussi immense peut quand même apporter et de la qualité d’ensemble de l’interprétation. C’est quelque chose de tellement plus grand que soi: je n’arrivais pas à dire quoi que ce soit.»

Ce moment d’absolu s’insère entre les pages d’un automne d’une intensité rare, même pour Fred Pellerin. «J‘ai encore plein de projets en chantier mais j’avoue que je ne pourrais pas en prendre plus. L’élastique est pas mal étiré à la limite. J’ai cinq spectacles à préparer avec l’OSM pour le temps des Fêtes, ma tournée de spectacles de contes en France et au Québec continue, il y a la sortie de mon album de chansons, je travaille encore sur le scénario pour L’arracheuse de temps et je suis en train de me bâtir une cabane à sucre.»

Une cabane à sucre? «Ouais... C’est un peu comme une promesse que j’avais faite à Vigneault quand on a tourné Le goût du Québec. Je voulais faire mes sucres. J’ai acheté une terre à Saint-Élie avec quelques centaines d’érables. J’ai acheté tout le matériel et là, je suis en train de bâtir la cabane avec quelques amis. À travers les spectacles et autres affaires, j’arrive à me libérer quelques matinées par semaine pour travailler là-dessus. On va être bon pour faire du sirop au printemps prochain.»