Robert McCall (Denzel Washington), un ex-agent des services secrets américains devenu chauffeur bienveillant, est hanté par son passé, qui refera d’ailleurs surface.

Film de la semaine: Le justicier 2 ***

CRITIQUE / Les films de revanche sont une catégorie en soi, au même titre que les films de peur. Et ils obéissent à la même logique : quand ça fonctionne, une suite est inévitable. La preuve, même Denzel Washington et Antoine Fuqua ont acquiescé pour la première fois de leur prolifique carrière. «Le justicier 2» («The Equalizer 2») s’avère un suspense efficace qui souffre toutefois d’un rythme déficient et de sa violence en gros plan.

Ce nouveau chapitre n’est pas une suite en soi. Il y a bien quelques clins d’œil au premier chapitre (2014), mais il peut se voir indépendamment de celui-ci. Fuqua et son scénariste Richard Wenk prennent d’ailleurs tout leur temps pour la mise en place du personnage principal et des deux intrigues secondaires. La trame principale débute à la moitié du long métrage!

On y retrouve donc Robert McCall (Washington), un ex-agent des services secrets américains qui a simulé sa mort pour faire la paix avec son passé, qui le hante néanmoins et refera d’ailleurs surface. Sous sa couverture de chauffeur bienveillant, de voisin serviable et de grand lecteur (Proust, rien de moins), il défend la veuve et l’orphelin. Croit-il! En fait, le vengeur applique sa propre justice. 

Une position moralement indéfendable qu’on tente évidemment de nous faire avaler en l’opposant à pire que lui. Et en rendant ça personnel. McCall va mener une patiente enquête, tout en prenant sous son aile Miles (Ashton Sanders, vu dans Moonlight), un jeune voisin qui risque de mal tourner.

Le justicier 2 colle parfaitement au dicton du calme avant la tempête, au sens propre et figuré. Fuqua fait reposer son lent crescendo sur l’imminence d’un ouragan annoncé — le tonnerre sert de leitmotiv. De la même façon, la colère intérieure de McCall va croissante.

Félin... et intense

Avec une telle trame, Denzel Washington, oscarisé pour Jour de formation (2001) du même Fuqua, s’en donne à cœur joie. Félin dans les moments calmes et intense dans l’action. De toute évidence, il fait confiance à son réalisateur.

Si on passe outre l’insistance de celui-ci à glorifier la violence, on ne peut d’ailleurs pas reprocher grand-chose à Fuqua. Avec sa caméra mobile, ses plans audacieux et son sens du cadre, il parvient à maintenir notre intérêt pour une histoire qui en arrache parfois en raison de ses lenteurs et s’avère trop prévisible.

Le scénario tente par ailleurs de justifier ses positions en soulignant que nous vivons dans un monde dépourvu de vertu et de morale, et que nous sommes tous dans le même panier… C’est un peu court.

Le justicier 2 réussit néanmoins à boucler sa boucle, avec un dénouement plaqué et sans conséquence : le calme après la tempête...

AU GÉNÉRIQUE

• Cote : ***

• Titre : Le justicier 2

• Genre : suspense

• Réalisateur : Antoine Fuqua

• Acteurs : Denzel Washington, Pedro Pascal et Ashton Sanders

• Classement : 13 ans +

• Durée : 2h01

• On aime : le jeu de Washington, la maîtrise de la réalisation, la deuxième moitié

• On n’aime pas : la violence gratuite, une intrigue secondaire artificielle, un rythme déficient