Éric Lapointe a de nouveau attiré une foule monstre.

FestiVoix: la foule était au rendez-vous

TROIS-RIVIÈRES — Michel Pagliaro a fait un tabac, Vincent Vallières a fait fuir les nuages et Éric Lapointe a de nouveau attiré une foule monstre. La 25e édition du FestiVoix a pris son envol jeudi soir sous les meilleurs auspices.

Le public n’a pas perdu une seule minute et il a décidé de tester la capacité d’accueil de la nouvelle scène de la cour de la vieille prison rue Hart. Pourtant, il était parfaitement légitime d’avoir des doutes: les prestations y sont programmées tôt, à 17 h, le temps était à la pluie et le site, encore inconnu. On était même en droit de se demander si Michel Pagliaro a encore le pouvoir d’attirer les foules. Aucun de ces doutes n’a tenu le coup sous la volonté des baby-boomers de retrouver un peu de leur fringant passé. Sur le coup des 17 h, le site était déjà envahi et Pag se mettait à chanter J’entends frapper pour lancer les hostilités. Irrésistible.

L’auteur et compositeur a lui-même avoué pendant son numéro qu’il ne s’attendait pas à voir autant de monde. L’heureuse surprise semble lui avoir donné des ailes et même dans une formule acoustique, il a su donner du rock et du roll à sa musique qui ne demande que ça. Il avait vraiment l’air heureux d’être là, le bougre. Il faut dire qu’il était bigrement bien accompagné par le très brillant guitariste Jeff Smallwood. Avec leurs cheveux longs blanchis par les années, leurs lunettes fumées et la barbe pour Pagliaro, les deux compères auraient très bien pu sortir tout droit de la prison. Ça donnait une vérité toute nouvelle à des chansons comme Y’a une émeute dans la prison ou Les bombes.

Devant l’affluence et la réaction du public, force est de constater que la nouvelle scène se présente comme un succès instantané. Assurément, le choix de Pagliaro pour l’inaugurer était un coup fumant.

Affluence était le mot magique pour cette première soirée alors qu’à 19 h, un certain Vincent Vallières montait sur la scène des Voix multiples dans la cour du couvent des Ursulines. Quarante-cinq minutes avant le début du spectacle, la file d’attente quittait la cour du CMI pour remonter la rue Hart jusqu’au coin de Saint-François-Xavier. Bravo au public qui a pris l’excellente résolution d’arriver tôt mais franchement, ça sentait le débordement du site à plein nez.

Le directeur général du FestiVoix Thomas Grégoire ne montrait pourtant nul signe d’anxiété devant l’ampleur de la file. Il faut dire qu’il avait pris un certain nombre des mesures pour augmenter la capacité d’accueil du site dans les limites physiques qui lui sont imparties, évidemment. On a reculé la scène, modifié son orientation, installé des chaises plus petites, histoire d’en augmenter le nombre.

Vers 19 h 15, triomphant, il est venu rencontrer l’auteur de ces lignes pour annoncer que tout le monde avait pu entrer sur le site. Chapeau. Disons qu’il aura un autre défi vendredi avec le passage de Paul Piché mais il est permis de croire qu’on ne sera pas forcés de refuser l’accès à des gens cette année.

Pour ce qui est de Vincent Vallières, il a été fidèle à ce que les gens espéraient de lui: gentil, chaleureux dans cette espèce de réserve qui fait son charme tout en étant un solide artiste de scène. Passant constamment d’un son plus rock à un autre plus tranquille, il a charmé son monde et débarrassé le ciel des derniers nuages. Personnellement, c’est dans la douceur que je l’ai trouvé le plus convaincant, arrivant à créer une réelle intimité avec les 4500 personnes qu’il avait devant lui.

Évidemment, il a mis tout le monde à l’envers avec On va s’aimer encore, sa chanson fétiche entonnée avec conviction par la foule. Ça méritait l’ovation qu’il a reçue avec son habituelle humilité.

Tout ça s’est terminé avec Éric Lapointe qui ne s’était toujours pas pointé sur la scène à 22 h. Personnellement, j’avais un rendez-vous avec mon heure de tombée; tant pis pour Éric. C’est sûr qu’il a été excellent: il est comme ça, Éric.

Ravi de se produire sur la scène des Voix multiples que plusieurs amis du métier lui ont recommandé, Vincent Vallières a été à la hauteur des attentes du public nombreux qui l’y attendait jeudi soir dans le cadre du FestiVoix.