Justin Boulet a repris plusieurs des grands succès de son père Gerry avec des invités comme Marjo.

FestiVoix: caprices météo en ouverture

Trois-Rivières — La grande vedette de la soirée d’ouverture de la 26e édition du FestiVoix aura été, une fois de plus, la météo. Pour trouver plus capricieux et hypocrite que ça, il faut regarder du côté de la Maison-Blanche.

Tout avait si bien commencé. Stephen Faulkner a ouvert le bal dans la cour de la vieille prison. Irrésistible Stephen Faulkner avec son jeu pour le moins approximatif à la guitare et sa voix moins fiable qu’une Lada 1987 au milieu de l’hiver. Et pourtant, le mélange de sa musique et de sa bonhomie a créé de jolis moments de plaisir. Je retiens particulièrement l’anecdote qu’il a racontée de cette fois où, avec Paul Daraîche, ils sont allés jouer au pénitencier de Sainte-Anne-de-Plaines et que, sans le savoir, ils ont fait s’évader un détenu qui s’est caché dans leur camionnette. Stephen Faulkner et moi n’avons pas connu le même genre d’existence. Un chanteur qui a eu une vie assez rocambolesque pour pouvoir raconter des anecdotes aussi savoureuses mérite plus que mon admiration amusée: mon respect absolu. Son spectacle était agréable, il faisait chaud, il faisait bon.

Puisque désormais, il faut faire des choix au FestiVoix parce que certains spectacles se chevauchent, je devais choisir entre le jazz et la musique du monde, nouvelle venue sur le menu de cette année. J’ai opté pour la nouveauté et le choix s’est avéré on ne peut plus judicieux. Après un an de sobriété du FestiVoix, j’étais certes rouillé pour ma première soirée mais j’ai conservé d’assez bons réflexes.

Le groupe Ayrad s’est produit à la scène des Voix libres sur la rue Bonaventure devant une poignée de spectateurs et c’est vraiment dommage parce que c’était un excellent spectacle. Leur musique d’influence marocaine avec des accents de toutes sortes de choses nous a fait voyager à bien peu de frais. Le spectacle était agréable, il faisait beau, il faisait bon.

Coeur de pirate a offert un spectacle doux et intime devant un site comble au couvent des Ursulines au FestiVoix jeudi soir.

Direction couvent des Ursulines pour y entendre Cœur de pirate. De toute évidence, d’autres festivaliers avaient eu la même idée. À 18 h 55, la filée le long de la rue Hart s’étirait jusqu’au Musée POP. L’avantage, c’est que les derniers de la file ont pu en profiter pour acheter quelques denrées au marché public, sous le préau de l’édifice. On dit que les fraises sont exquises.

Site comble, donc, pour Cœur de pirate et quand elle a pris le micro, beaucoup de gens semblaient condamnés à l’écouter depuis la file sur la rue Hart. La chanteuse était particulièrement élégante dans sa longue robe beige à motifs floraux. Sur ses avant-bras, elle portait d’autres motifs aux couleurs vives, de natures variées, appliquées à même son épiderme.

Il faisait beau, il faisait bon, mais voilà: quand chaleur et humidité sortent ensemble, ils le font souvent en compagnie de leur progéniture: orage violent ou averses dispersées. Une de ces dernières a choisi le spectacle de Mme Pirate pour s’exprimer et elle n’y est pas allée de main morte. Comme les fans de la corsaire lui sont remarquablement fidèles, ils sont pratiquement tous restés sur place pendant que navigatrice expérimentée, elle a gardé le cap et poursuivi son spectacle comme si de rien n’était.

Au bout d’une dizaine de minutes, la pluie a cessé et tout a repris normalement. Seul petit hic: pour une raison qu’on ignore, la chaleur a quitté le site du FestiVoix pour ne pas revenir. Il semblerait qu’entre 19 h et 22 h, on perdu environ 10 degrés et personne ne sait où ils sont passés. La pluie, elle, a continué de menacer et parfois même de tomber jusqu’à la fin de la soirée. Il faisait frais, il faisait humide.

Malgré tout, il y avait une foule assez considérable devant la grande scène pour écouter les classiques du rock du groupe Sin Salida et, par la suite, Justin Boulet reprenant les succès de son père Gerry en compagnie de ses invités. Je vous en parlerais volontiers si j’avais entendu autre chose que la toute première chanson: Angela. Mais comme Justin s’est présenté sur scène 25 minutes après l’heure initialement annoncée, c’est tout le temps que j’avais à lui consacrer avant de venir écrire le texte que vous lisez présentement. Il faudra se reprendre, Justin.

Mon conseil final tiré de cette première soirée: ne vous fiez jamais au temps qu’il fait. Pensez au temps qu’il pourrait faire et soyez équipés pour faire face à tout. Vraiment tout.