C'est au président du Festival international de poésie de Trois-Rivières Gaston Bellemare qu'est revenu l'honneur d'ouvrir officiellement la 33e édition de l'événement vendredi à la Maison de la culture.

Festival international de la poésie: la passion demeure intacte

Nous abordons de nouveau ce moment de l'année où Trois-Rivières inscrit en vers sur la carte mondiale son amour de la poésie. La 33e édition du Festival international de la poésie s'est ouverte officiellement vendredi en fin d'après-midi avec la traditionnelle cérémonie d'ouverture à la Maison de la culture.
Au niveau des prix, l'événement trifluvien continue de se distinguer en honorant aussi bien des poètes d'ici que d'autres en provenance du monde entier. Le Prix Jean-Lafrenière/Zénob a été octroyé à Odelin Salmeron. Le Prix Piché de l'UQTR a été remis à Laetitia Beaumel qui est également récipiendaire de la bourse Hector-de-Saint-Denys Garneau. Le Prix international Antonio-Viccario revient à l'Argentine Maria Rosa Lojo. Pour ce qui est du Prix Jaime-Sabines/Gatien-Lapointe, c'est Luis Armenta Malpica, du Mexique, qui le mérite en 2017. Roseline Lambert a reçu le Prix Félix-Antoine-Savard alors que Laurence Lola Veilleux a, pour sa part, mérité le Prix Félix-Leclerc.
Alors que l'année dernière le Prix de l'innovation en enseignement de la poésie n'avait tout simplement pas été remis faute de candidatures distinctives, il est de nouveau présenté en 2017 et c'est l'enseignante montréalaise Geneviève Fillion qui l'a reçu.
Sans rien enlever à la valeur des autres récompenses, il faut quand même admettre que c'est le Grand Prix Québecor du Festival international de la poésie qui a le plus retenu l'attention des spectateurs présents à cause de la personnalité à qui il a été remis. L'écrivaine et poétesse Denise Boucher a été choisie par le jury malgré la présence en finale de plusieurs candidats de très haut calibre, hommage à la valeur de l'oeuvre de cette artiste québécoise hors du commun.
«Nous sommes si heureux de remettre ce prix à Denise, de commenter le président du FIPTR Gaston Bellemare. Elle a travaillé tellement dur toute sa vie pour créer son oeuvre exceptionnelle. Elle a écrit des poèmes, des pièces, mais aussi beaucoup de chansons. Elle a été invitée partout en Europe et pourtant, ici, elle n'a pratiquement jamais reçu de prix. C'est donc un juste retour des choses qu'elle soit honorée aujourd'hui.»
«Oui, elle a dérangé à certains moments: on se souvient combien le clergé l'avait vilipendée au moment de la sortie de sa pièce Les fées ont soif. Mais elle a maintenu le cap et tous les membres sur le jury étaient heureux de lui rendre cet hommage si mérité. On lui doit pareil honneur pour la qualité de sa carrière et aussi pour le chemin qu'elle a ouvert pour nombre d'écrivains qui l'ont suivie et qui lui doivent aujourd'hui d'avoir une tribune. C'est tellement mérité.»
Lors de la grande Soirée de la poésie, événement phare du Festival, le samedi 7 octobre, 20 h, à la Maison de la culture, c'est elle qui ouvrira le bal. L'entrée en est gratuite comme pour de nombreuses activités. «La grande soirée sera vraiment extraordinaire avec ce merveilleux mélange de poésie et de musique classique, de commenter Gaston Bellemare. C'est toujours exceptionnel. Ce qui est encore mieux, c'est que c'est gratuit. Pendant huit jours, on a au moins 17 événements totalement gratuits et accessibles à tous. On s'est battu avec nos subventionneurs pour conserver cela parce qu'à nos yeux, la poésie se conjugue toujours avec le verbe être et non avec le verbe avoir.»
Cette année encore, on accueillera quelque 87 poètes invités en provenance de 23 pays, dont la Chine et l'île Maurice. «Nous faisons partie des trois plus importants événements de poésie dans le monde. Mais ce qui compte davantage, c'est que le public va vibrer avec la même passion que celle qui l'anime depuis 33 ans.»