La fermeture du Tapis rouge dans le contexte de la crise du coronavirus tombe à un bien mauvais moment alors que l’établissement de divertissement de la rue Bellefeuille connaissait une affluence exceptionnelle.

Fermeture du Tapis rouge: à un bien mauvais moment

Trois-Rivières — Dès qu’ils ont entendu le message du premier ministre François Legault dimanche en début d’après-midi, les dirigeants du cinéma Le Tapis rouge ont pris la décision de fermer ses portes jusqu’à nouvel ordre.

La demande des autorités n’a pas constitué une surprise pour le copropriétaire de l’établissement Joël Côté. «Disons qu’on s’y attendait avec la séquence des événements que nous connaissions depuis le milieu de la semaine dernière mais ça reste un choc parce que ça va avoir de très grosses répercussions sur notre chiffre d’affaires. Nous allons économiser le salaire des employés mais les frais fixes demeurent alors que nous n’avons pas de source de revenus pour une période indéterminée.»

Le complexe était demeuré ouvert à la suite de la demande des autorités d’éviter tout rassemblement de plus de 250 personnes jeudi dernier puisque la plus grande des quatre salles du complexe ne contient que 120 sièges. «On a connu une très grosse affluence jeudi mais dès vendredi, on a constaté une baisse d’environ 50 % de la clientèle. Immédiatement après l’annonce du gouvernement dimanche en début d’après-midi, on a fermé nos portes; il aurait été irresponsable de demeurer ouvert dans les circonstances.»

D’une certaine façon, la chose ne pouvait survenir à un pire moment puisque le cinéma connaissait une affluence exceptionnelle grâce notamment au succès du film québécois 14 jours, 12 nuits.

«C’est vrai que ce film connaissait un immense succès mais on avait aussi concocté une programmation extraordinaire pour le printemps avec notamment la sortie d’un autre film québécois très attendu: Tu te souviendras de moi. On avait aussi des réservations scolaires et des premières programmées; tout ça est reporté à une date inconnue, du moins pour l’instant. On vivait déjà certaines conséquences de la crise dans la mesure où la sortie de quelques films européens avait préalablement été reportée puisque la crise du coronavirus s’est manifestée plus tôt là-bas.»

«Les films que nous avions à la programmation au moment de la fermeture, nous les conservons de sorte que quand nous allons rouvrir, nous pourrons les présenter mais tout le reste de la programmation sera à revoir en fonction des disponibilités à ce moment-là.»

«C’est toute l’industrie qui est impactée. Je pense à des films comme Mont Foster une œuvre québécoise qui venait tout juste de prendre l’affiche; tout un budget de promotion avait été dépensé et il n’a pas eu l’occasion d’être vu. Ce sont des pertes considérables pour les producteurs.»

Les conséquences financières de cette crise sanitaire pour les nouveaux propriétaires du complexe de salles trifluvien n’ont pas encore été évaluées et elles sont, de toute façon, très difficiles à estimer. «D’abord, on ne sait pas pendant combien de temps ça va durer et nous attendons aussi de voir ce que le gouvernement compte mettre de l’avant comme aide pour les entreprises culturelles. Nous sommes une toute petite PME mais nous avons trois employés et nous souhaitons évidemment qu’ils puissent récupérer une partie de leur salaire pendant la fermeture.»

Cette tuile qui leur tombe sur la tête ne met pas en danger la santé financière de l’établissement, assure Joël Côté. «C’est une situation stressante parce que nous sommes complètement dans l’inconnu mais nous ne sommes pas en danger. Nous avons fait une gestion serrée depuis le mois d’août dernier et nous avons eu beaucoup de succès jusqu’ici.»

«Nous avons reçu beaucoup de messages d’encouragement de la part de notre clientèle. Tout le monde est un peu sous le choc devant l’ampleur de cette crise mais les gens nous disent qu’ils vont revenir chez nous aussitôt que nous allons rouvrir. Comme la sortie de plusieurs gros films est retardée, nous allons avoir une programmation très chargée au retour avec des films de qualité alors, je suis convaincu qu’on va repartir en force. Il s’agit maintenant de savoir quand ce sera.»