Richard Grenier est coordonnateur de l’éducation et de la mobilisation au Comité Solidarité/Trois-Rivières qui présente les Rendez-vous des cinémas du monde de Trois-Rivières.

Exceptionnel outil de conscientisation

Trois-Rivières — Les Rendez-vous des cinémas du monde de Trois-Rivières n’en seront qu’à leur deuxième édition du 15 au 21 février au Tapis rouge mais ils s’inscrivent déjà comme un indéniable enrichissement à l’offre cinématographique dans la région grâce à une programmation de très haut niveau.

L’événement a pris de l’ampleur en 2019 avec un menu qui passe de 8 à 11 films, dont trois documentaires, alors que le nombre de projections est augmenté de treize à dix-neuf. De plus, et le détail n’est pas négligeable, les Rendez-vous déménagent de la salle de 86 places à la plus grande du complexe du Tapis rouge, la salle 1, comptant 120 sièges. Dans ce contexte, on a prévu trois séances de visionnement quotidiennes, à 13 h, 15 h 30 et 19 h 30, sauf pour la soirée d’ouverture du 15 février ne comprenant qu’une représentation à 19 h 30.

Parlons contenu, maintenant. L’événement s’ouvrira avec Capharnaüm, Prix du jury à Canne en 2018. On trouve également La mort de Staline, Le prince heureux, Vers la lumière, Une guerre privée, Les granges brûlées, Prix de la critique internationale à Cannes, Si Beale Street pouvait parler et La saveur des Ramen. Côté documentaires, on présentera Métamorphose, Qu’est-ce qu’on attend et L’autre Rio. Tous les films seront présentés en grande première à Trois-Rivières. Dix pays différents seront représentés dans la programmation avec un accent du côté de l’Asie avec des films en provenance du Japon, de Corée du Sud, de Singapour et du Liban.

En plus d’être un diffuseur de cinéma de grande qualité, l’événement se veut un vecteur de conscientisation du public à de multiples enjeux auxquels s’attaque le Comité de Solidarité/Trois-Rivières. Pour ce qui est des thèmes abordés, l’horizon est vaste puisqu’il sera question de racisme, du droit à l’information, des droits des enfants, de l’injustice sociale, de la soif de pouvoir, de l’homophobie, des conflits armés, des changements climatiques, etc.

Les organisateurs ont voulu intensifier leur lien avec la jeune clientèle en vertu d’ententes avec le cégep trifluvien, le Collège Laflèche et l’école secondaire Chavigny. Les deux projections du film coup de poing Une guerre privée, récit biographique basé sur la carrière de la correspondante de guerre britannique Marie Colvin, feront l’objet d’une discussion publique au terme de la projection le 17 février à 19 h 30 et le 19 février à 13 h. Par ailleurs, un kiosque du Comité de Solidarité/Trois-Rivières sera installé au Tapis rouge où les gens pourront non seulement s’informer sur les activités de l’organisme mais également discuter des sujets abordés dans les films.

«L’événement vise à sensibiliser le public à diverses réalités de notre monde par le biais du cinéma, d’expliquer le vice-président du Comité de Solidarité/Trois-Rivières Daniel Landry, et aussi à faire apprécier au public ce qui se fait de bon ailleurs en termes cinématographiques. Il vient augmenter l’offre culturelle de qualité en Mauricie et favorise le développement d’une culture plus respectueuse des différences et plus consciente des enjeux sociaux. Nous vivons dans un monde où les risques d’intolérance et de xénophobie sont bien réels et dépassent les frontières. Cela tient souvent à une mauvaise connaissance de nos voisins et à une fermeture d’esprit. Nous voulons contribuer à tisser des liens entre les individus, entre les peuples au nord comme au sud et à faire connaître l’autre.»

«On a constaté que les gens de culture à Trois-Rivières ont soif de voir les choses autrement, indique Richard Grenier, coordonnateur des activités d’éducation et de mobilisation au comité Solidarité/Trois-Rivières. On fait appel à leur intelligence, on nivelle par le haut avec une offre de films documentaires, par exemple, qui présentent les réalités telles qu’elles sont. C’est parfois cru mais c’est la vérité. On fait le pari que plus les gens vont consommer ce type de cinéma, plus le niveau de conscience et d’ouverture va s’accentuer au même titre que le goût de s’investir dans la communauté.»

Les organisateurs se refusent à chiffrer leurs objectifs d’affluence mais indiquent qu’en moyenne, l’an dernier, ils ont connu des salles aux deux tiers pleines et croient faire mieux cette année dans la plus grande salle. Financièrement, les Rendez-vous de 2018 ont fait leurs frais et tant qu’il en sera ainsi, l’événement devrait revenir annuellement.

Pour ce qui est du prix d’entrée, il sera de 9,50 $ l’après-midi et de 11 $ le soir mais on offre un passeport permettant quatre entrées pour 30 $, pour un prix de 7,50 $ par entrée. On peut obtenir billets et passeports dès maintenant au Tapis rouge ou au Comité Solidarité/Trois-Rivières.