Espoir, entraide et solidarité

NDLR: Porte-parole de SOPAR, la formation vocale trifluvienne QW4RTZ est actuellement en Inde pour participer à un séjour d’apprentissage en compagnie de l’organisme voué au développement international dans ce pays. Les membres du quatuor ont accepté de partager leur expérience humanitaire avec les lecteurs du Nouvelliste.

Tout comme moi, on vous a sûrement déjà dit une phrase comme «Pense aux enfants pauvres dans le monde» lorsque petit, vous ne vouliez pas terminer votre assiette ou que vous vous plaigniez de tout et de rien. 

Ce petit malaise refoulé que nous avons tous en pensant aux inégalités entre notre confortable vie nord-américaine et la situation précaire de milliards d’humains sur Terre, j’avais bien peur qu’il ne m’explose au visage en arrivant en Inde. J‘étais pratiquement réfractaire à l’idée d’aller y constater la misère humaine, de peur de tomber dans une spirale de culpabilité et de sentiment d’impuissance. 


Voilà maintenant trois jours que je visite des villages, des bidonvilles et des centres communautaires dans les parties les plus pauvres de la région de Warangal. Malgré la misère qu’on peut y trouver, j’y ai surtout vu de l’espoir, de l’entraide, de la solidarité, des gens souriants et reconnaissants du peu qu’ils ont, et par-dessus tout, un peuple au sens de l’hospitalité et de la générosité complètement démesuré! J’ai vu des femmes veuves prendre en charge des vieillards de leur communauté n’ayant pour seule possession que leurs vêtements. 

J’ai vu des orphelins se faire offrir le soutien financier nécessaire pour avoir un toit, de la nourriture et une éducation complète grâce à la générosité de centaines de mères endeuillées de leur propre enfant. J’ai vu ces orphelins, dont nous célébrions «l’anniversaire commun» aujourd’hui, pouvoir rêver de devenir médecins, policiers ou avocats. Et il y a fort à parier qu’ils voudront à leur tour redonner à leur communauté dès qu’ils en auront les moyens.

La bougie d’allumage de toutes ces initiatives de solidarité sociale, c’est SOPAR-Bala Vikasa, ce groupe d’hommes, mais surtout de femmes, qui œuvrent chaque jour à aider les communautés à s’aider elles-mêmes, en les éduquant sur des milliers de petits et grands projets d’entraide que nous, Canadiens, pouvons aider à financer. Avant de mettre les pieds ici, j’avais accepté de devenir leur porte-parole. 

Maintenant, j’en fais mon devoir. Je m’engage à parler au meilleur de mes moyens de la grande leçon de vie que j’ai reçue par tous ces gens qui m’ont montré ce que c’est que de vivre unis, en famille, en communauté, bref, ce que c’est que d’être un être humain.

François Pothier Bouchard