Professeur d’éducation physique mais également musicien, Guillaume Grenier présentait lundi l’album Le Phare réalisé avec les chansons composées et interprétées par des élèves de l’école de Pointe-du-Lac comme Raphaël Jourdain.

Enregistrer un album de chansons: une bonne façon d’aimer l’école

TROIS-RIVIÈRES — Aller à l’école pour enregistrer un album de chansons, voilà le rêve qui s’est réalisé pour neuf élèves de la 3e à la 6e année de l’école de Pointe-du-Lac. L’album de six chansons composées par les jeunes s’intitule Le Phare et a officiellement été lancé lundi.

La génèse de l’histoire remonte à un an. À l’époque, voyant venir la fin de l’année scolaire, la jeune Clémence Fleury avait écrit un poème pour remercier ses enseignants. Elle a même interpellé son professeur d’éducation physique Guillaume Grenier, sachant qu’il fait partie du groupe de musique bien connu Bears of Legend, pour savoir s’il ne pourrait pas l’aider à en faire une chanson. «J’ai beaucoup de difficulté à dire non à un élève qui me propose un beau projet, plaide l’enseignant. On a tripé tous les deux à faire cette chanson qu’elle a présentée lors du spectacle de fin d’année.»

«En septembre, de poursuivre l’enseignant, Clémence m’est revenue très motivée avec trois ou quatre autres chansons en me disant qu’elle aimerait les présenter au spectacle de Noël. Je lui ai dit qu’elle pourrait même penser à faire un album si on allait chercher d’autres élèves pour écrire d’autres chansons. On travaille depuis septembre sur ce projet-là en y consacrant du temps sur les récréations, les heures de dîner, etc. On a enregistré le tout début mai. Je voulais que chacun des participants soit prêt alors ils ont travaillé une seule chanson, mais à fond, incluant l’interprétation puisque je voulais qu’ils la chantent devant tout le groupe. Ils ont beaucoup gagné en confiance. Je les ai vraiment vus éclore à travers les mois, prendre leur place et je suis convaincu que c’est un acquis qui va se manifester dans d’autres contextes comme des exposés oraux devant la classe par exemple.»

L’initiatrice du projet semble assurément bien à l’aise avec cette première expérience dans l’industrie de la musique. «Mes parents trouvent que je chante bien alors, ça m’a encouragée à écrire une chanson, expliquait Clémence Fleury, 9 ans. J’ai trouvé ça assez difficile parce qu’il faut que ça rime mais il faut aussi avoir du contenu et trouver un bon sujet. Mais dès que tu as trouvé ton sujet, c’est plus facile.» Les thèmes abordés sur Le Phare touchent directement aux réalités des jeunes; il y est question de persévérance scolaire, de passages obligés, d’inspiration, de la famille, d’entraide, etc. «Je ne voulais pas que ce soit seulement moi qui chante, de poursuivre la jeune fille, mais que d’autres élèves profitent du fait que M. Guillaume joue de la guitare. J’aime beaucoup l’album parce qu’il contient différentes sortes de chansons et je trouve que c’est très original.»

Guillaume Grenier et l’enseignante de musique Nathalie Rivard ont ouvert l’œil et les oreilles pour détecter des jeunes intéressés à participer au projet. Neuf ont accepté de se lancer dans l’aventure. En plus de Clémence Fleury, on retrouve: Clara Rivest (3e année), Novalie Santerre (4e année), Romy Marcoux (4e année), Marilou Limoge (4e année), Marie-Soleil Lavigne (5e année), Raphaël Jourdain (5e année), Alicia Arseneault (5e année) et Koralie Bédard (6e année). «On en avait certains avec un peu d’expérience en musique et d’autres qui n’en avaient aucune, ce qui faisait un tout varié et intéressant.» L’éducateur Marc-Antoine Goulet et la chanteuse Samirah Dupuis ont également participé à cette réalisation hors du commun.

Professeur d’éducation physique mais également musicien, Guillaume Grenier présentait lundi l’album Le Phare réalisé avec les chansons composées et interprétées par des élèves de l’école de Pointe-du-Lac.

Les responsables n’ont lésiné ni sur le produit ni sur l’ampleur du lancement alors que dans le gymnase de l’école, ils avaient créé une scène avec décor, éclairages, système de son pour que les participants puissent interpréter leur chanson dans un contexte convaincant devant les autres élèves de l’école et les médias.

Cinq cents copies de l’album ont été imprimées. Deux cent cinquante d’entre elles sont d’ores et déjà vendues et les copies restantes sont offertes à la vente au coût de 10 $, au sein même de l’école pour l’instant.

Tout l’argent amassé par les ventes servira à assurer le rayonnement de la musique et de la culture dans l’école par l’achat d’instruments, notamment.

«Le projet est vraiment unique par la façon dont on l’a abordé à savoir que ça part des élèves eux-mêmes, dit le directeur de l’école Mario Tessier. Ce que je trouve important, c’est que ce soit les élèves qui nous entraînent dans un projet qu’eux voulaient voir se réaliser. Tous les élèves ont assisté au lancement alors, l’an prochain, il va sûrement y en avoir au moins le double qui vont vouloir faire de même. Si on est en mesure de valoriser l’élève, de lui permettre de grandir et de s’épanouir, ça s’inscrit très directement dans notre mandat d’éducation. L’école, ce n’est pas qu’une histoire de tableaux verts ou blancs, de mathématiques ou de français, c’est aussi un milieu de vie avec tout ce qu’on retrouve autour. C’est ça qui fait que l’élève aime l’école.»