François Houde
Même si la scène sera toujours son lieu d’expression privilégié, Steve Hill a trouvé des alternatives pour continuer d’offrir des performances à ses fans qui peuvent le suivre sur Facebook.
Même si la scène sera toujours son lieu d’expression privilégié, Steve Hill a trouvé des alternatives pour continuer d’offrir des performances à ses fans qui peuvent le suivre sur Facebook.

En isolement avec Steve Hill: musique et innovation au menu

Les fans de Steve Hill, et ils sont nombreux, ont autant de raisons de se réjouir que d’être peinés de la situation actuelle.

D’une part, le confinement collectif a forcé l’auteur, compositeur et interprète trifluvien à reporter à un moment indéterminé la sortie de son dernier album, Dear Illusion, le onzième de sa carrière. D’un autre côté, le musicien profite de sa situation pour offrir des performances en direct sur sa page Facebook les vendredis soirs. La prochaine aura lieu le 1er mai à 20 h. Pour les deux dernières performances, Hill a récemment choisi la thématique de reproduire sa trilogie d’album Solo Recordings intégralement et s’attaque cette fois-ci au volume 3.

L’idée est intéressante mais la surprise, c’est d’entendre de sa bouche que cela constitue beaucoup de travail. «Évidemment, j’ai fait beaucoup de spectacles sur la base de ces albums, mais c’est la première fois que je les reprends intégralement. Il y a des chansons que je n’ai carrément jamais interprétées sur scène et qui peuvent dater de cinq ou six ans; je dois les apprendre de nouveau. En plus, il y a toute la mise en place technique pour que ça sonne bien et que l’image soit bonne. C’est vraiment beaucoup plus de travail que je ne le croyais au départ mais j’aime beaucoup ça.»

La bête de scène qu’il est, et qui arrive, en solo, à reproduire l’équivalent sonore d’un groupe au complet, et ce, sans la moindre bande préenregistrée, doit apprivoiser du nouveau après plus de 25 ans de carrière. «J’avoue que c’est stressant. D’abord, parce que j’ai jusqu’à 2000 personnes qui y assistent mais surtout, je n’ai aucune réaction à chaud. Les gens réagissent après la performance par des commentaires sur la page Facebook mais de jouer en direct sans réaction du public, c’est très bizarre. J’ai dû m’adapter mais je suis content de ce que ça donne.»

Il a adopté cette pratique rapidement après l’annonce officielle du confinement de sorte qu’il a déjà quelques performances derrière sa guitare et se montre ravi des réactions du public. «Je reçois des centaines de commentaires très positifs. C’est touchant de voir qu’il y a une communauté de gens qui continuent de me suivre peu importe les circonstances. Ça fait du bien parce que dans une période comme celle qu’on traverse, on en arrive rapidement à se demander si on aura encore un métier dans six mois.» La prestation du 1er mai sera sa dernière avant une pause qu’il juge bien méritée.

La communauté de ses fans n’aura pas droit à ses plus récentes chansons regroupées sur l’album Dear Illusion qui devait sortir officiellement le 17 avril dernier après des mois de travail en studio. On devra se contenter de deux extraits qui reflètent quand même la tendance de l’album : les chansons Rain qu’il vient de rendre disponible sur Bandcamp et All About the Love offerte dès février dernier.

«Ce sont comme l’alpha et l’oméga de l’album, explique le créateur, parce qu’il s’agit de la première et de la dernière chanson de l’album, et ce sont deux genres très différents. All About the Love est un blues rock assez lourd appuyé par une bonne section de cuivres, ce qui est rare pour moi. C’est différent de ce que j’ai fait dans le passé mais je dirais que ça garde quand même ma signature.»

«Rain est pratiquement à l’opposé: une chanson folk avec des accents country. Je l’aime beaucoup et ça me ressemble aussi, et ce, même si je ne suis pas reconnu pour ce style. C’est proche de Judgement Day, une de mes chansons préférées qu’on retrouvait sur l’album Whiplash Love. Ce sont deux chansons dont je suis vraiment très fier.»

Période exceptionnelle appelle à des initiatives exceptionnelles : Rain est présentement en vente sur son site Bandcamp et jusqu’au 4 mai, tous les profits iront à la Fondation de la Maison Le Havre de Trois-Rivières. «C’est une membre du conseil d’administration qui m’a contacté et franchement, je suis heureux d’apporter ma petite contribution pour aider un organisme aussi important à Trois-Rivières.»

Sur cette page Bandcamp, le public pourra trouver une compilation de titres toute spéciale réalisée par le musicien et dont le titre est assez explicite : Acoustic Corona Playlist. On y retrouve une douzaine de chansons du répertoire de Steve Hill incluant trois extraits de l’album à venir. «Je n’avais jamais utilisé Bandcamp et franchement, c’est une formule qui me sert bien présentement. C’est un bon outil de diffusion et ça me permet de rester en contrôle des ventes de mes albums et produits dérivés. Et comme là, j’ai du temps pour m’y consacrer, ça tombe bien.»

Pour ce qui est du futur, quelque futur que ce soit, Steve Hill évite de sonder l’inconnu. Il n’a aucune idée du moment où il pourra retourner sur scène et estime qu’il est inutile d’élaborer des hypothèses. Il compte plutôt mettre à profit son confinement forcé pour travailler sur des chansons qui n’ont pas franchi le seuil du dernier album ou alors de nouvelles laissées en plan. Continuer de faire de la musique en somme, ce qui ne le change en rien de son habituel.