À côté de l’animateur de la discussion, le professeur d’économie Frédéric Laurin, de l’UQTR, les participants du milieu culturel qui participaient au panel sur l’éducation non formelle dans les institutions culturelles étaient, de gauche à droite: Dominique Leblanc (Culture Shawinigan), Valérie Therrien (Musée québécois de culture populaire), René Paquin (Service des bibliothèques de Trois-Rivières), Julie Brosseau (Salon du livre de Trois-Rivières), Natalie Rousseau (OSTR) et Nancy Kukovica (Culture Trois-Rivières).

Échanger pour mieux faire

TROIS-RIVIÈRES — L’idée qu’a eue Culture Mauricie de réunir chercheurs universitaires et intervenants du milieu culturel régional continue de démontrer sa pertinence. C’est du moins l’impression qu’on a eue en voyant l’intérêt manifesté par des représentants des deux groupes dans le cadre d’un panel portant sur l’éducation non formelle dans les institutions culturelles qui avait lieu au Musée québécois de culture populaire mercredi.

Rappelons que Culture Mauricie, à travers son entente Savoir, c’est dans ma culture a mis en lien des chercheurs de l’UQTR et d’autres institutions universitaires avec des gens du milieu de la culture pour que ces derniers puissent profiter des récentes avancées dans les recherches dans des domaines qui les concernent. Avec le lancement du livre Culture et éducation non formelle mercredi, on a trouvé un nouveau terrain d’échanges. Le bouquin, sous la direction de Daniel Jacobi et publié aux Presses de l’Université du Québec jette une lumière sur la notion d’éducation non formelle et s’attache à montrer comment elle se fait dans les domaines de la culture et de l’éducation.

Pour en discuter, on avait invité six intervenants du monde de la culture régionale mis en relation avec trois chercheurs universitaires qui ont pu non seulement clarifier certaines notions mais tenter d’aider les intervenants dans les défis concrets auxquels ils sont confrontés.

D’un côté, on retrouvait Julie Brosseau, du Salon du livre de Trois-Rivières, Dominique Leblanc, de Culture Shawinigan, Nancy Kukovica, de Culture Trois-Rivières, Natalie Rousseau, de l’OSTR et René Paquin, du service des bibliothèques de Trois-Rivières. Jason Luckerhoff, professeur titulaire à l’UQTR, Michaël Bourgatte, professeur et chercheur à l’Institut catholique de Paris et Ghislain Samson, doyen de la gestion académique et des affaires professorales à l’UQTR représentaient les universitaires venus faire part de leurs études.

Premier constat pour le néophyte: l’éducation n’est pas l’affaire que des écoles et ne s’adresse pas qu’aux jeunes. Une visite dans un musée, une salle d’exposition ou à la bibliothèque est une occasion d’apprentissage mais hors de cadres scolaires ou de programmes structurés. De plus, bonne nouvelle, ce type d’éducation se fait sur une base volontaire et donc, dans un contexte de plaisir. Apprentissage et plaisir, loin d’être incompatibles, seraient plutôt copains-copains. Il importe donc d’offrir une expérience aussi plaisante que possible aux visiteurs pour qu’ils en retiennent quelque chose.

Les intervenants culturels présents partagent des préoccupations communes et sont souvent confrontés aux mêmes défis. Ils doivent apporter aux clientèles scolaires quelque chose de différent de ce que l’école offre mais du même coup, se rendre intéressants auprès des autorités scolaires en faisant la démonstration que leur contenu est en lien avec le programme scolaire.

Autre dilemme: ils doivent tous continuer de plaire à leur clientèle régulière tout en se renouvelant pour aller chercher de nouveaux visiteurs. Ce sera, croit Jason Luckerhoff, le grand défi des prochaines années. Les événements et institutions doivent assurément se montrer créatifs et audacieux pour, d’une part, se démarquer les uns des autres puisqu’ils sont en concurrence, mais aussi pour attirer un public de plus en plus occupé par ailleurs.

Le professeur Michaël Bourgatte a indiqué que le numérique consulté à la maison est certes en concurrence avec les lieux de culture mais que la volonté de consommateurs de visiter ces derniers demeure. Il importe, selon lui, de leur permettre de laisser une trace de leur passage, une photographie, par exemple, ce qui ajoute de la valeur à la visite. Le musée, pour prendre cet exemple, peut se positionner comme lieu de socialisation où les gens partagent une expérience, ce qui le distingue avantageusement du contenu numérique. Comme quoi, il y a matière à l’optimisme.

Si le renouvellement du public et sa rétention posent encore toutes sortes de problèmes et que les solutions n’apparaissent évidentes ni aux intervenants culturels ni aux chercheurs, ce qui semble incontestable, c’est que le rapprochement entre les deux groupes est une brillante initiative qui ne peut qu’être bénéfique et à l’un et à l’autre.