La nouvelle cohorte des dragons : Marie-Josée Richer, Dominique Brown, Nicolas Duvernois et Isabèle Chevalier

Dragons aux valeurs humaines

CHRONIQUE / Je n’ai pas compté, mais on prononce souvent les mots «valeurs humaines» dans cette première de la huitième saison de «Dans l’œil du dragon», mercredi à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. C’est clair qu’on veut insister sur la sensibilité de cette nouvelle cohorte, entièrement renouvelée, mis à part Dominique Brown, seul rescapé de l’aventure.

Il faut dire que l’image de l’émission en a pris un coup depuis quelques saisons, avec les déboires de Martin-Luc Archambault, Caroline Néron, Alexandre Taillefer et les accusations contre Gilbert Rozon. On espère qu’aucun des nouveaux dragons, qui ne sont pas des noms très connus du grand public, ne sera mêlé à quelque affaire louche, ou qu’il déclare faillite prochainement.

Isabèle Chevalier et Marie-Josée Richer, qu’on a vues à Tout le monde en parle dimanche, prennent la relève de Caroline Néron et de Christiane Germain. Comme l’an dernier, un dragon invité s’ajoute chaque semaine au centre du panel. Georges Karam, ancien partenaire d’affaires de François Lambert, est là ce soir, alors que le controversé Vincent Guzzo y sera la semaine prochaine. On ne risque pas de s’ennuyer.

Marie-Josée Richer, cofondatrice des collations biologiques Prana, guide tous ses choix sur ses valeurs environnementales, jusqu’à refuser d’appuyer une entreprise qui commercialise de l’eau d’érable. Je comprends que l’eau embouteillée ne devrait plus exister, mais l’eau d’érable? Même les planches de yoga en bois la font titiller.

Les propositions vont de barres nutritives au chanvre à une ligne de vêtements et de casquettes urbains pour enfants. Vous ne verrez pas les dragons se colletailler très sérieusement mercredi, comme on a déjà vu par le passé. Pas d’arrogance dans leurs propos, même qu’ils acceptent volontiers de modifier leurs offres. Trop gentils, ces dragons 2019? En autant qu’ils ne passent trop souvent.

Le savoir n’est pas beige

Pardonnez-moi de le dire comme ça, mais Canal Savoir est le genre de chaîne obligatoire dans laquelle on s’enfarge en zappant, mais sur laquelle on reste rarement, pour ne pas dire jamais. Les vieux Apostrophes de Bernard Pivot ont fait leur temps, tout comme les conférences filmées devant un rideau noir. Depuis quelques jours, la chaîne éducative a changé de nom pour devenir Savoir média, et espère ainsi retenir notre attention plus que quelques secondes. Finies les émissions qui semblent tout droit sorties de la télévision communautaire, on mise sur un contenu mieux emballé, digne des chaînes spécialisées.

Les thèmes restent toujours aussi pointus, et répartis en cinq axes : arts, science, société, technologie et santé. Savoir média ne mise pas sur des vedettes, mais sur des spécialistes. L’émission d’architecture est animée par un architecte, celle d’ingénierie par une ingénieure, etc. Comme on est en 2019, tout le contenu de Savoir média est disponible sur le Web, avant même qu’il apparaisse à la télé.

Matthieu Dugal et Marianne Desautels-Marissal, amoureux dans la vie, se mettent en scène dans la série documentaire Couple de nerds, où il se posent toutes sortes de questions sur la science et la technologie. Parmi elles : peut-on tomber amoureux d’un robot? J’ai aussi accroché au Grand chapitre, émission de débats qui s’annoncent passionnés, et animée par Guillaume Lamy, doctorant en sciences politiques. Qu’est-ce qui menace la liberté d’expression? Voilà une question tout à fait d’actualité. Je suis aussi curieux de voir Le lexique de la polémique, des capsules où Rébecca Déraspe décortique avec humour des termes qui mettent le feu à leur simple mention, comme terrorisme, féminisme et réchauffement climatique. Ève Beaudin, qu’on peut voir à Ça vaut le coût à Télé-Québec, hérite de l’émission C’est une question de santé et de la série de capsules Anatomie des fausses nouvelles. Le ministère de l’Éducation du Québec injectera huit millions de dollars sur trois ans dans cette télé, qui espère toucher un plus large public avec ce virage.