Guy Deveault, président et chef de la direction de l’entreprise familiale Meubles Canadel (à gauche), a donné 100 000 $ au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, représenté par son directeur Jean-François Latour.

Don de 100 000 $ au Conservatoire de musique

Trois-Rivières — C’est connu, l’enjeu du financement est une des bases de la pérennité de plusieurs institutions culturelles. Dans ce contexte, un don de 100 000 $ au Conservatoire de musique de Trois-Rivières ne passe pas inaperçu. Grand amateur de musique classique, Guy Deveault, président et chef de la direction de l’entreprise Meubles Canadel, à Louiseville, a versé ce montant à la fondation du conservatoire, présentement en campagne majeure de financement.

Campagne majeure, mais don majeur aussi. La Fondation du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, qui regroupe sept écoles de musique et deux d’art dramatique, tient présentement une campagne majeure de financement, dont l’objectif a été fixé à 4 millions $. Les donateurs ont la possibilité de dédier leur contribution à un établissement en particulier, ce qu’a fait M. Deveault en offrant 100 000 $ spécifiquement au Conservatoire de musique de Trois-Rivières.

L’objectif pour la campagne régionale du conservatoire de Trois-Rivières avait été établi à 200 000 $. Un don de l’importance de celui du mécène mauricien donne un élan considérable à la campagne lancée le 12 octobre dernier. «C’est vraiment un don majeur! On est évidemment très heureux. M. Deveault est un amoureux de la musique classique, et il a vraiment un souci d’aider la jeunesse. C’est un homme très généreux, très simple», commente le directeur du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, Jean-François Latour.

On se doute que les gens d’affaires et des entreprises prospères sont sollicités de toutes parts pour contribuer au financement de projets dans divers secteurs. Canadel est d’ailleurs une entreprise déjà très impliquée dans son milieu. 

Invité à décrire les motivations derrière sa générosité à l’égard du conservatoire, Guy Deveault répond avec volubilité, dans un esprit terre à terre.

«J’aime beaucoup la musique classique. Je suis en contact avec le violoniste Alexandre Da Costa, qui me parle du côté de l’artiste, un côté qu’on connaît moins. Ce n’est pas toujours facile pour un jeune de se rendre au niveau d’une carrière nationale ou internationale. Et c’est comme en affaires: souvent, pour réussir, ça prend l’aide de quelqu’un. Alors si on peut aider les jeunes à prendre leur envol dans le domaine de la musique classique...», indique M. Deveault qui, aussi mélomane soit-il, avoue ne pas savoir lire une partition.

Quand il mentionne Alexandre Da Costa dans la conversation, le mécène ne précise pas qu’il lui prête un violon Stradivarius 1701, un instrument rare d’une grande valeur monétaire, symbolique et musicale.

Aider les régions

«Si on veut garder nos jeunes dans nos régions, pour qu’ils puissent y étudier et y performer, il faut les aider! Si on veut qu’il y ait des musiciens de la Mauricie dans l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, il faut aider des institutions comme le conservatoire. Les conservatoires sont en compétition avec des universités qui ont parfois plus de financement», fait aussi valoir l’homme d’affaires. 

Celui-ci fait par ailleurs remarquer que le bassin de donateurs est plus important dans les grands centres, ce qui justifie d’autant plus de contribuer dans son milieu.

Jean-François Latour explique que les fonds recueillis via les campagnes de financement de la fondation sont investis dans trois volets, soit les bourses aux élèves, l’enrichissement de la pédagogie et le recrutement.

Concrètement, l’argent peut permettre à des élèves d’avoir accès à des formations de perfectionnement ou à des stages d’été via des bourses, par exemple. Des classes de maîtres ou des conférences sur divers sujets peuvent aussi être proposées aux élèves, en complément du programme régulier. 

Enfin, des activités de recrutement dans des écoles ou des projets d’initiation à la musique peuvent être réalisés grâce à la fondation.

Guy Deveault souhaite que son don inspire d’autres philanthropes: «Si mon don rendu public peut, premièrement, rappeler aux gens que le conservatoire est là, et deuxièmement, inciter les gens à donner en se disant que tous les montants sont importants, je serais content!»